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02/11/2009

Identité nationale, les royalties du Front National

En attendant l’épave

Rebelote. Revoilà la chienlit et son arlésienne, l’identité nationale avec en fond sonore, l’immigration. Autrement dit, en réponse aux problèmes posés par la dette, le climat, le pouvoir d’achat, le chômage, quel est, selon nos dirigeants, le seuil acceptable de nègres et de bougnoules parmi nous? Car comme dit l’autre, «ne nous cachons pas, c’est quand même eux qui foutent le bordel». Donc, question sérieuse et urgente, doivent-ils ou non déclarer publiquement leur amour pour nous? D’ailleurs l’Empereur a été élu pour ça et il le clame: «Ces mots (identité nationale) ne me font pas peur». Qui donc en doutait? On a cependant eu droit cette semaine à une variante à laquelle le pouvoir ne nous avait pas habitués. Déclinaison tellurique du «Nous et les autres qui nous font chier». L’Empereur a énergiquement enfoncé le soc dans la Frônce profonde, tripatouillant les dessous de Barrès, Maurras, pour gratter «la terre qui ne ment pas», histoire de farfouiller dans les entrailles génitrices du sol de quoi il Pétain. Ca sent l’élection… Et le gadin aussi on parie? Gare, ça peut commencer par la Marseillaise dès bas-âge et dès potron minet dans nos écoles pour finir sur des airs obligatoires de "Maréchaal, nous voilà!".

Vous commencez à connaître la méthode du doigt dans le cul. Qui est contre la pluie lève le doigt! Sans rire, non seulement un ventilateur à merde tel qu’Opinion Way trouverait matière à faire une étude, mais sur l’immigration, n’importe quelle officine sondagière trouverait à distinguer les doigts dans le cul des doigts dans le nez pour en faire une actu. A notre très moderne époque, réforme oblige, on sonde tout, on sonde pour tout. Il faut bien faire ce que le peuple attend, donc être à l’écoute de ses humeurs, le sentir. Sentir le doigt de l’homme… Pour autant, parfois, souvent et même tout le temps, les olibrius qui nous prennent pour des pignoufs et nous gouvernent se prennent la banane pour rien.

Sur l’identité nationale, dernière corde en date, La Feuille De Manioc attend de voir l’épave grossière sur les platanes de la démagogie pour se marrer. Certes les premiers retours de sondages à propos du débat sur les nègres et les bougnoules affichent des scores soviétiques et l’Empire pavoise. La tendance serait à obliger les jeunes issus de l’immigration à faire profession publique d’amour de la France, ses emblèmes, son hymne. Qui doute en effet un seul instant, en présence de cette question, qu’elle ne concerne pas les «français de souche» par rapport aux «français de branche»? Pas grand monde. La Feuille De Manioc va même plus loin, et met quiconque au défi de soutenir que cette question ne concerne pas que les français issus de noirs et d’arabo-musulmans… Chiche? Puisqu’on vous dit que ce sont eux qui foutent le bordel. C’est vrai qu’il n’y a pas de problèmes avec les descendants de polonais, d’espagnols, d’italiens. Ceux-ci se sont bien intégrés puisqu’on ne les voit pas. Avec les nègres et la burka avouez que c’est tout de même différent! Mais les déficits alors? La crise financière? Le scandale d’Outreau, la grippe H1N1… Il n’empêche, c’est quand même de leur faute.

Indécidable identité

En attendant l'identité nationale... On songe évidemment à la pièce de Samuel Beckett, à l'histoire d'une attente vaine...  C'est l'histoire comme disait Coluche de Vladimir et Estragon, une paire de cloches qui attendent un troisème personnage énigmatique, Godot. Ainsi l''énigme de la pièce cesse d'être Godot et se déplace sur l'attente. Les personnages s'occupent, se chamaillent, s'écharpent... au point de ne plus savoir pourquoi ils attendent. Il n'empêche, ils persistent à attendre. Quoi? On ne sait finalement rien de Godot. On finit même par ne rien apprendre de Vladimir et Estragon. Si c'était ça l'identité nationale? Un OPNI, pour Objet Politique Non Identifié?

«Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, se retrouvent sur scène, dans un non-lieu (« Route de campagne avec arbre ») "à la tombée de la nuit" pour attendre « Godot ». Cet homme - qui ne viendra jamais - leur a promis de les aider et représente un espoir de changement. En t'attendant, les deux amis tentent de trouver des occupations, des "distractions" pour que "le temps passe» En attendant Godot.

L'arlésienne sur l'immigration identitaire rappelle fichtrement l'attente névrotique de Godot ne trouvez-vous pas? Admettons pour faire court, l'identité comme la conscience qu’on a de soi, sorte d’idée vague et en perpétuel devenir de ce que l'on est, par soi-même ou par les autres. Chacun mesure dès le prononcé, le côté plastique et mouvant d’un terme qui prétend fixer les critères de ce que l’on est.

Prenons par exemple l'identité d'une vieille personne, la France n'est plus toute jeune. En parcourant, le nez pincé pour éviter d’humer la poussière, le vieil album de la non moins vieille Tante Yvonne, on devine bien sous ses fossettes ourlées de babines, l’air déjà malicieux d’icelle à 3 mois. Ce n'est plus la même mais c'était déjà la même. On se comprend? Tante Yvonne avait déjà les yeux de sa sœur, notre Tante Frédégonde, celle des trois qui a le plus hérité de notre grand’mère au visage de mégère acariâtre. Bref, à feuilleter ce vieil album photo on parvient à deviner y compris sous ses lèvres pincées faute de râtelier, qu’à 10, 20, 30, 50, 75 et maintenant 92 ans, la ci-devant Tante Yvonne décatie, burinée par le temps est la même qu’à 3 mois.

La prétention identitaire c’est comme la vieillesse de Tante Yvonne. Prétendre fixer ce qui est à chaque fois la même chose dans ce qui change, évolue fatalement, bref, qui vit.  Empruntée aux propriétés des choses inertes, l’identité est indécidable par la loi, insaisissable par la règle s’agissant de ce qui vit. Or étant une idée de la République s’il en est, la Nation a une prétention corporelle, vivante, toutes choses qui l’éloigne de cette fixité identitaire et névrotique à laquelle le débat actuel nous prépare.

Plus «objectives», les identités culturelle et sociale de la Nation auraient davantage d’intérêt pour le débat et les politiques publiques. Elles engloberaient les éléments et les rapports qui permettraient de singulariser la Gaule érectile de l'extérieur, de déterminer les dénominateurs communs de ses membres de ses différents groupes d'appartenance. Bref de faire de la politique au sens noble du concept. Sauf que ce genre de chose est électoralement moins porteur qu'une bonne démagogie de derrière les fagots, et qu’il est plus rentable d’annoncer un débat sur l’identité nationale pour re-susciter celui délétère de l’immigration. Là il s’agit d’enfiler le peuple. On y reviendra plus sérieusement. LFDM.

16/05/2009

Var. Un jeune noir passé à tabac par des militants du FN

Tu bastonneras ton prochain comme le prochain...

On a repéré une tite info pour nos amis antiracistes médiatiques, l’Idiominique Sopo de Sos-Rolex et le Looser Patrick de la Secte des crâneurs-noirs-qui-font-boutique-leur-cul. Mais il semble bien que nos marionnettes à bavardages sur les variations racistes soient aux 35 heures s’agissant du racisme, du vrai. Pas leurs conneries à compter les noirs dans le noir ce dont tout le monde se branle. Lorsqu’il y a du taf et que c’est du dur on ne voit plus leurs tronches enfarinées tout en vociférations sur le mode injonctif «baisez-vous les uns les autres pour faire des métis», «comptons les noirs je veux être le chef bounti des noirs» pour quelques verroteries. On a les misères qu'on peut...

Fini ce temps. L’épicerie fine raciste a fini par écœurer y compris ceux qui allaient à la soupe. Mais passons, voilà une info qui n’a pas fait grand bruit, des poètes on sévit, à Paris on a les yeux rivé sur la montée de Cannes. LFDM.

nicematin-com_200w.pngVar. Un jeune noir passé à tabac par des militants du FN sur l'A8 à Vidauban
Paru le mercredi 13 mai 2009


Les faits se sont produits jusque dans la station-service de l'aire de repos située en voie sud de l'autoroute A8 à Vidauban. Cinq sympathisants du Front national des Alpes-Maritimes, qui assistaient dimanche dernier à un meeting animé par Jean-Marie Le Pen à Marseille, ont été condamnés à des peines de prison ferme hier par le tribunal correctionnel de Draguignan, pour des violences exercées au retour sur un jeune homme noir, sur une aire d'autoroute à Vidauban.

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Insultes racistes et salut hitlérien

Ils étaient cités en comparution immédiate pour répondre de violences ayant entraîné une incapacité de huit jours, avec les circonstances aggravantes de la réunion, de l'état d'ivresse et de l'appartenance réelle ou supposée de la victime à une race ou une religion, ainsi que de complicité de violences aggravées. Un sixième protagoniste, âgé de 17 ans, qui semble avoir eu le rôle le plus actif dans les faits, comparaîtra le 10 juin prochain devant le tribunal pour enfants. D'ici-là, il a été placé au centre éducatif fermé de Brignoles. La victime, n'a toujours pas digéré le fait d'avoir ainsi catalysé la haine de l'étranger, alors qu'il s'était arrêté sur l'aire d'autoroute de Vidauban avec trois amis, rentrant d'un week-end à Aix-en-Provence. «On prenait un café devant la boutique quand ces jeunes sont descendus de leur autocar en criant «La France aux Français. Le Pen président. A mort les noirs ou les Arabes. Heil Hitler», en me regardant du coin de l'oeil. Ils se sont jetés sur moi à cinq ou six et m'ont donné des coups de poing et de pied. Un boutonneux au crâne rasé («Manu», le mineur) me frappait en criant «on va niquer ta mère sale arabe». J'ai essayé de me réfugier dans la boutique.» Poursuivi par ses agresseurs dans l'établissement, le jeune homme n'a dû son salut qu'à l'intervention d'un client courageux qui a cherché à le protéger, et au personnel de la station qui a appelé les gendarmes du peloton autoroutier du Luc, donnant le signal du départ.

Certains des agresseurs ont alors fait le salut hitlérien, le bras tendu.

Le bus, qui était reparti vers Nice, a été intercepté par les gendarmes au péage de Fréjus. Deux jeunes, dont «Manu» ont spontanément reconnu avoir participé aux violences. Les autres ont été identifiés ensuite par la victime lors d'un tapissage dans les locaux du peloton.

Encouragés par une retraitée

Personne n'a reconnu la propriété du poing américain trouvé en perquisition dans le car. Tous ont également nié s'être concertés avant leur interpellation, sur une version commune où le plaignant aurait traité Manu de «sale blanc» et lui aurait porté le premier coup. La plupart de ces jeunes, âgés de 20 à 25 ans, avaient été invités à ce déjeuner-débat où ils avaient consommé du vin, continuant à boire de la bière sur le trajet du retour. A leurs côtés, une retraitée niçoise de 69 ans était poursuivie pour avoir encouragé l'agresseur principal, aux cris de « La France aux Français. Vas-y Manu, attaque », tout en agitant un drapeau tricolore. Condamnée comme les quatre autres prévenus à dix-huit mois de prison, dont quinze avec sursis, elle a été la seule à échapper au mandat de dépôt à l'audience.» G. D. Source Nice Matin

 
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