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29/03/2009

Visite - Sarkozy défend les intérêts d’Areva en Afrique

photo_1238148296760-1-0.jpgOptique d'une incurie journalistique

«Nicolas Sarkozy a rencontré le président nigérien, premier fournisseur d’uranium de l’Hexagone. Une visite condamnée par les antinucléaires.» Source France Soir 28.03.2009 selon un article de Maud Guillaumin.

Rares sont les observateurs en France susceptibles d'indépendance en matière de relations françafricaines comme le fut en son temps François-Xavier Verschave avec ses amis de l'association Agir Ici, Survie. La propagande et la désinformation sont la norme des media. Mesurons le décalage de l’analyse critique entre les faits de politique étrangère. Pénétrée de rigueur pour observer l’action chinoise en Afrique, la Pravda parisienne met son intelligence comme sa déontologie en congé s’agissant de la politique étrangère de la France sur ce même continent. Bienvenue en démocratie…

«Dernière étape du déplacement de deux jours en Afrique de Nicolas Sarkozy: le Niger. Ce territoire stratégique, parmi les plus pauvres du monde, est le premier fournisseur d’uranium de l’Hexagone et pourrait devenir un modèle des liens «rénovés» entre la France et l’Afrique, selon l’ambition de Nicolas Sarkozy. En provenance de Brazzaville, au Congo, le président français a été accueilli par son homologue nigérien Mamadou Tandja avec lequel il a déjeuné et évoqué le contrat que vient de conclure le groupe français Areva. Un accord signé début janvier après d’âpres négociations par Areva, qui va investir 1,2 milliard d’euros pour exploiter la mine géante d’uranium d’Imouraren, dans le nord du pays. Le gouvernement de Niamey détiendra un tiers de cette mine qui devrait produire 5.000 tonnes d’uranium par an.» Source.

Lorsqu’on salit des feuilles de papier pour en faire du torchon en guise de journalisme, la décence supposerait qu’on traite de l’état des lieux des perspectives qu’on tire, sauf à faire la propagande du pouvoir. Prétendre faire de notre relation au Niger «un modèle des liens «rénovés» entre la France et l’Afrique» c’est suggérer que d’autres ont vécu. Or rien n’est plus fallacieux et malhonnête, et cette négligence à traduire les faits est coupable sinon criminelle pour un journaliste qui se dit indépendant. Une culpabilité qui se mesure aux millions de vies meurtries ou emportées chaque année par les marasmes réduisant l’Afrique à la corruption de ses dirigeants dans notre intérêt moyennant des errements structurels imaginés par nos experts sous la double contrainte du FMI et de la Banque Mondiale.

«Dans ce pays qui fournit plus du tiers du combustible brûlé dans les centrales nucléaires françaises, Nicolas Sarkozy veut casser l’image d’une France «prédatrice». «Au Niger, la France a des intérêts, elle les assume, elle les promeut, mais en toute transparence», a-t-il assuré dans un entretien accordé au journal nigérien Le Sahel.»

Le viol au principe de notre rapport à l’Afrique

Il manque une réponse à une question simple dès l’abord de cette déjection: comment se fait-il que ce «territoire stratégique» pour la France et pour l’indépendance énergétique de sa puissance industrielle corresponde à un pays «parmi les plus pauvres du monde»? Réponse, s’il y a une contradiction apparente dans les termes entre la richesse de la France et l’extrême pauvreté du Niger, il n’y en a aucune dans sa stratégie de prédation du sous-sol.

«Deuxième employeur national après l’administration, Areva, au Niger, est un Etat dans l’Etat après quarante ans de présence sur le sol aride de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Le numéro un mondial du nucléaire civil est depuis longtemps la cible de nombreuses critiques, notamment des ONG qui dénoncent les effets «catastrophiques» de ses activités sur l’environnement, la santé et les populations locales, l’accusant de «piller» les richesses du pays.»

La ficelle est une corde, elle est grossière, la carence d’analyse est grotesque. Il est insuffisant en l’occurrence de rapporter les allégations des ONG pour feindre l’équilibre d’un propos dont la distance avec les faits est en soi abjecte. Il conviendrait de mobiliser sa propre analyse d’observateur pour entrer dans le dur de la critique comme les journalistes Pravda-Paris le font habituellement, sans modération, s’agissant de la Chine, du Venezuela ou encore de Mugabe. En réalité, le recours aux dires des ONG permet à France Soir d’évacuer le devoir critique du journaliste faisant ainsi l’économie du cruel constat. Pour prétendre à la «rénovation», la critique de l’expérience vécue par l’ancienne puissance coloniale et ses potentats depuis les «indépendances» dans les années 60 est incontournable. En réalité, Maud Guillaumin sait très bien de quel mensonge elle vit, et les impostures que son patron rémunère. L’émancipation n’a jamais eu lieu dans les faits, l’Afrique est sous emprise des sectes de francs-maçons, rose-croix. Pour être vouée à l’empire des éléments les plus médiocres de sa population qui la dirige, des incapables qui ont une revanche à prendre sur leur propre ânerie, elle est tenue par la dette mais aussi les barbouzes, les cercles maffieux et autres officines qui ont pris le relais de l’Etat tutélaire. La situation est à ce point grave que la relation françafricaine a régressé par rapport à l’époque coloniale. Un comble! C’est à cela qu’il convient de ramener les fallacieuses gesticulations de l’homme du discours de Dakar.

«Transparence.» La visite de Nicolas Sarkozy au Niger est directement liée à ce nouvel accord. Conformément à sa volonté affichée de refondation des relations entre la France et l’Afrique, Nicolas Sarkozy, accompagné de la PDG d’Areva, Anne Lauvergeon, a souligné la transparence qui a entouré, selon lui, la signature du contrat d’Imouraren. «Chacun doit savoir ce que les activités d’Areva au Niger rapportent au budget nigérien afin de pouvoir s’assurer que le Niger reçoit une juste rémunération pour ses ressources», a-t-il dit à la presse nigérienne, ajoutant que cela permettrait aussi «de pouvoir comparer avec la manière dont d’autres intervenants opèrent».

Ce serait comique s’il ne s’agissait pas de vies humaines, de dignité des personnes toutes ces valeurs dont on se clame dépositaires pour ne pas dire propriétaires naturels, ce à mesure que nos excès les violent dans une irrépressible envie de jouir du malsain, de l’infâme. L’ennui réside en ce que les africains eux-mêmes sont consentants, ou plus précisément, les clowns qui tiennent lieu d’élites, des arrivistes embastillés par le bout de leurs cravates rose-bonbon ou bleu-clair dans les sectes maçonniques et rosicruciennes. Face à un tel gargarisme des droits de l’homme, l’esprit a envie de marcher à quatre pattes. LFDM.

 
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