Avertir le modérateur

13/07/2009

Repentance, le ras-le-bol

Enervator...

Nous avons reçu la réaction d’un manioqueur amer à laquelle nous souhaiterions donner toute sa place ci-après, en la portant à la une suivant les exigences du débat.

«Amusante vision d'une Afrique Vierge souillée par le Blanc, intrinsèquement mauvais. C'est sans rappeler que la colonisation, malgré tous ses maux, est le propre de tous les peuples. J'ajouterais que l'esclavage ne si limite pas à l'Afrique, ni aux Européens. Le raz-le-bol général provient du fait que vous oubliez une partie de votre histoire, par exemple la traite Orientale organisée par les Arabo-musulmans contre les Blancs et surtout les Noirs, déportés en plus grand nombre que n'importe quelle autre traite, si cela vous dit quelque chose. De même, votre fantasme sur un prétendu complot maçonnique me fait sourire, pourquoi pas un complot judéo-maçonnique afin d'être complet?» C'est chaud sur la fin on a cru qu'on allait finir au bagne. Bien traitons la question. Quelle question?

wiki-Cicatrices_de_flagellation_sur_un_esclave.jpgRas-le-bol

«Ras-le-bol» soit, la Feuille de Manioc concède, mais «général» c’est mal compter l’humanité et la minorité du monde. Nous non plus, nous n'aimons pas le côté insoutenable du viol par le fouet et le sang de cette période, mais nous préférons la regarder en face que de distordre la vérité. Vraisemblablement hérissé par la lecture des faits historiques relatifs à l’esclavage des nègres, notre critique que le côté irréfutable de la puissance fondée sur ce viol semble gêner, oppose un postulat qui ne figure nulle part dans le texte auquel il croit réagir. La «virginité» africaine, un conte hégélien répété par les ignares, opposée au «Blanc» une catégorie née d’une névrose raciste qui a omis de se masturber. Rien de tel ne prévaut aux propos de votre Feuille de Manioc et à ses incises sur l’actualité. Nous avons bien d'autres défauts dont celui d'être méchants, ce qui suffit à notre peine pour ne pas nous en rajouter. La méthode de notre contradicteur consiste en un raisonnement par l’absurde qui pousse l’imagination à ses extrêmes, quitte à prêter à autrui des propos qu’il n’a pas tenus. Elle vise à absoudre ceux qu’il range catégoriquement sous «le Blanc» en opposition, et c’est remarquable à l’ «Afrique Vierge». Ce «Blanc» imaginaire d’un côté, défini, et l’image mariale d’une Afrique vierge, incommensurable telle l’absurdité du viol, qu’est-ce à dire? Les détours du langage sont parfois drôles…

Cela étant, le procédé est une ficelle, ou plutôt une corde tant elle est grosse. La Feuille de Manioc ne cède pas devant l’interdit de penser par diversion de l’intelligence. A peine a-t-on évoqué l’esclavage des nègres et la Traite Atlantique que voilà, toutes les comparaisons sont de rigueur, pour aucun motif qui prévaut s’agissant d’autres phénomènes du même ordre. Dès qu’il s’agit de cela, les relations intellectuelles les plus ahurissantes s’imposent et l’examen devrait, toutes pensées cessantes, souscrire à la confusion, évoquer pêle-mêle et concomitamment, à peine de crime, l’esclavage des noirs par les arabo-musulmans, or  c’est un fait indéniable, évoquer pêle-mêle et concomitamment, à peine de crime, la traite des blancs par les mêmes, or encore c’est un autre fait incontestable, évoquer pêle-mêle et concomitamment, à peine de crime, la vente des nègres par des noirs, or enfin c’est établi.

A quel titre tant de préalables? On se le demande. Qu’est-ce qui justifierait une telle exception à la Traite Atlantique et à la colonisation? Rien si ce n’est quelque chose de sourd et de cruellement actuel dans le viol par le sucre qui ne laisse aucun de nous indifférent. A défaut la commune mesure exigerait de l’urgence d’un tel comparatisme qu’il s’appliquât à toute évocation du génocide des amérindiens, ce n’est pas le cas, des arméniens, ce n’est pas le cas, des juifs, ce n’est pas le cas, des ukrainiens, ce n’est toujours pas le cas, et on pourrait citer à l’envi les multiples cas où ça n’est jamais le cas, sauf la négritude qui l’autorise et même, l’exige, dans tous les cas.

Lire la suite

09/04/2009

Le triste bilan de Vincent Bolloré au Cameroun

bollore.jpgEtrange Cameroun, étranges camerounais

Un article paru sur les activités du groupe Bolloré au Cameroun permet à votre Feuille de Manioc de revenir sur ce pays, ses sectes étranges qui peuplent son élite, la lie de la franc-maçonnerie, de la rose-croix et d’autres groupuscules aux mœurs bizzares, les innombrables églises en tout point bien dotées au milieu d’une pauvreté révoltante, celles dites éveillées, des pentecôtistes qui mériteraient un bon poing dans les côtes et dans la gueule, les adventistes ici, les 7ème jour là, mais surtout, beaucoup d’argent soutiré aux plus pauvres. Etrange Cameroun et ses rumeurs salaces, qui courent les rues des deux capitales, Douala l’économique, Yaoundé l’administrative, comme ce rituel homosexuel filmé. Un acte qui passe pour être le passage obligé de cooptation et d’ascension sociale. Il s’agirait de donner des gages d’appartenance et de fidélité aux réseaux dans un pacte perçu localement comme le pire des déshonneurs lorsqu’on sait l’aversion des gens de cette région pour l’homosexualité. Le Cameroun de la corruption, de la violence politique.

Les espoirs du passé

Le Cameroun est un pays étrange dont les dirigeants et ses élites semblent se complaire à sacrifier des atouts que peu de pays en Afrique noire pouvaient revendiquer au lendemain d’une indépendance. On a du mal a croire qu’il s’agit du pays qui a vu naître des intellectuels d’envergure à l’image de Mongo Béti, des figures de l’indépendance tels Paul Samba, Um Nyobe, Félix Moumié. Une indépendance obtenue de haute lutte, dans un bain de sang et une violence inouïe. Certaines sources évoquent 300.000 morts sur une population qui comptait à peine 2,5 millions d’habitants. L’usage de la torture et du napalm sont avérés dans cette guerre encore sous la chape du déni «secret défense», oubliée des thuriféraires du «rôle positif de la colonisation». C’est dans ce contexte que l’indépendance fut insidieusement confisquée par la France sous la houlette de Pierre Messmer, véritable tortionnaire du peuple camerounais et qui s’en vantait, ce qui n’a en rien empêché l’Académie Française de l’honorer. C’est dire sur quel fond infâme se fonde l’honneur de cette coupole à vieux schnocks gâteux, la bande à Foccart. On connaît désormais les rapports du sinistre académicien avec le poète Aussaresses qui, lui au moins, a le courage de ses abjections et ne vient pas se la pétéer sur le mode droits de l’homme purulent «On sait moins que le commandant Aussaresses, échappant de justesse aux purges anti-putschistes de De Gaulle, fut envoyé par Pierre Messmer comme instructeur dans les écoles militaires américaines.»

Pourquoi Aussaresses? Parce que c’était un spécialiste de la torture. Voilà nos droits de l’homme. Fermons les bans du bavardage. Au lieu de s’en prendre à Ségolène Royal, que les gorges outrées et chaudes de vertu commencent par torcher leur cul de merde s’ils sont incapables de regarder l’infamie de notre héritage en face. Rien ne se construira de durable entre la France et ses ex-colonies sur le mensonge et l’oubli des crimes et du sang versé. Les crimes firent innombrable, le sang versé nous n’avons pas fini d’en boire le calice.

Lire la suite

29/03/2009

Visite - Sarkozy défend les intérêts d’Areva en Afrique

photo_1238148296760-1-0.jpgOptique d'une incurie journalistique

«Nicolas Sarkozy a rencontré le président nigérien, premier fournisseur d’uranium de l’Hexagone. Une visite condamnée par les antinucléaires.» Source France Soir 28.03.2009 selon un article de Maud Guillaumin.

Rares sont les observateurs en France susceptibles d'indépendance en matière de relations françafricaines comme le fut en son temps François-Xavier Verschave avec ses amis de l'association Agir Ici, Survie. La propagande et la désinformation sont la norme des media. Mesurons le décalage de l’analyse critique entre les faits de politique étrangère. Pénétrée de rigueur pour observer l’action chinoise en Afrique, la Pravda parisienne met son intelligence comme sa déontologie en congé s’agissant de la politique étrangère de la France sur ce même continent. Bienvenue en démocratie…

«Dernière étape du déplacement de deux jours en Afrique de Nicolas Sarkozy: le Niger. Ce territoire stratégique, parmi les plus pauvres du monde, est le premier fournisseur d’uranium de l’Hexagone et pourrait devenir un modèle des liens «rénovés» entre la France et l’Afrique, selon l’ambition de Nicolas Sarkozy. En provenance de Brazzaville, au Congo, le président français a été accueilli par son homologue nigérien Mamadou Tandja avec lequel il a déjeuné et évoqué le contrat que vient de conclure le groupe français Areva. Un accord signé début janvier après d’âpres négociations par Areva, qui va investir 1,2 milliard d’euros pour exploiter la mine géante d’uranium d’Imouraren, dans le nord du pays. Le gouvernement de Niamey détiendra un tiers de cette mine qui devrait produire 5.000 tonnes d’uranium par an.» Source.

Lorsqu’on salit des feuilles de papier pour en faire du torchon en guise de journalisme, la décence supposerait qu’on traite de l’état des lieux des perspectives qu’on tire, sauf à faire la propagande du pouvoir. Prétendre faire de notre relation au Niger «un modèle des liens «rénovés» entre la France et l’Afrique» c’est suggérer que d’autres ont vécu. Or rien n’est plus fallacieux et malhonnête, et cette négligence à traduire les faits est coupable sinon criminelle pour un journaliste qui se dit indépendant. Une culpabilité qui se mesure aux millions de vies meurtries ou emportées chaque année par les marasmes réduisant l’Afrique à la corruption de ses dirigeants dans notre intérêt moyennant des errements structurels imaginés par nos experts sous la double contrainte du FMI et de la Banque Mondiale.

«Dans ce pays qui fournit plus du tiers du combustible brûlé dans les centrales nucléaires françaises, Nicolas Sarkozy veut casser l’image d’une France «prédatrice». «Au Niger, la France a des intérêts, elle les assume, elle les promeut, mais en toute transparence», a-t-il assuré dans un entretien accordé au journal nigérien Le Sahel.»

Le viol au principe de notre rapport à l’Afrique

Il manque une réponse à une question simple dès l’abord de cette déjection: comment se fait-il que ce «territoire stratégique» pour la France et pour l’indépendance énergétique de sa puissance industrielle corresponde à un pays «parmi les plus pauvres du monde»? Réponse, s’il y a une contradiction apparente dans les termes entre la richesse de la France et l’extrême pauvreté du Niger, il n’y en a aucune dans sa stratégie de prédation du sous-sol.

«Deuxième employeur national après l’administration, Areva, au Niger, est un Etat dans l’Etat après quarante ans de présence sur le sol aride de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Le numéro un mondial du nucléaire civil est depuis longtemps la cible de nombreuses critiques, notamment des ONG qui dénoncent les effets «catastrophiques» de ses activités sur l’environnement, la santé et les populations locales, l’accusant de «piller» les richesses du pays.»

La ficelle est une corde, elle est grossière, la carence d’analyse est grotesque. Il est insuffisant en l’occurrence de rapporter les allégations des ONG pour feindre l’équilibre d’un propos dont la distance avec les faits est en soi abjecte. Il conviendrait de mobiliser sa propre analyse d’observateur pour entrer dans le dur de la critique comme les journalistes Pravda-Paris le font habituellement, sans modération, s’agissant de la Chine, du Venezuela ou encore de Mugabe. En réalité, le recours aux dires des ONG permet à France Soir d’évacuer le devoir critique du journaliste faisant ainsi l’économie du cruel constat. Pour prétendre à la «rénovation», la critique de l’expérience vécue par l’ancienne puissance coloniale et ses potentats depuis les «indépendances» dans les années 60 est incontournable. En réalité, Maud Guillaumin sait très bien de quel mensonge elle vit, et les impostures que son patron rémunère. L’émancipation n’a jamais eu lieu dans les faits, l’Afrique est sous emprise des sectes de francs-maçons, rose-croix. Pour être vouée à l’empire des éléments les plus médiocres de sa population qui la dirige, des incapables qui ont une revanche à prendre sur leur propre ânerie, elle est tenue par la dette mais aussi les barbouzes, les cercles maffieux et autres officines qui ont pris le relais de l’Etat tutélaire. La situation est à ce point grave que la relation françafricaine a régressé par rapport à l’époque coloniale. Un comble! C’est à cela qu’il convient de ramener les fallacieuses gesticulations de l’homme du discours de Dakar.

«Transparence.» La visite de Nicolas Sarkozy au Niger est directement liée à ce nouvel accord. Conformément à sa volonté affichée de refondation des relations entre la France et l’Afrique, Nicolas Sarkozy, accompagné de la PDG d’Areva, Anne Lauvergeon, a souligné la transparence qui a entouré, selon lui, la signature du contrat d’Imouraren. «Chacun doit savoir ce que les activités d’Areva au Niger rapportent au budget nigérien afin de pouvoir s’assurer que le Niger reçoit une juste rémunération pour ses ressources», a-t-il dit à la presse nigérienne, ajoutant que cela permettrait aussi «de pouvoir comparer avec la manière dont d’autres intervenants opèrent».

Ce serait comique s’il ne s’agissait pas de vies humaines, de dignité des personnes toutes ces valeurs dont on se clame dépositaires pour ne pas dire propriétaires naturels, ce à mesure que nos excès les violent dans une irrépressible envie de jouir du malsain, de l’infâme. L’ennui réside en ce que les africains eux-mêmes sont consentants, ou plus précisément, les clowns qui tiennent lieu d’élites, des arrivistes embastillés par le bout de leurs cravates rose-bonbon ou bleu-clair dans les sectes maçonniques et rosicruciennes. Face à un tel gargarisme des droits de l’homme, l’esprit a envie de marcher à quatre pattes. LFDM.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu