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12/10/2009

Finkielkraut-Polanski: l’excuse du passé douloureux

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Amalgames et obsessions mémorielles

Les amalgames de Finkielkraut sont décidément désastreux pour l’honneur et la mémoire des victimes de la tragédie de la deuxième guerre mondiale, et en particulier, pour les victimes de la Shoah. Soulever une exception d’irresponsabilité de ses propres actes en raison cette tragédie ou même de sa propre expérience fut-elle celle du Ghetto de Cracovie, c’est prendre un risque à voir déconsidérer la mémoire qu’on prétend défendre. Décidément Finkielkraut est le moins convaincant des avocats de Polanski.

Notez qu’il a clairement fait savoir qu’il ne fallait pas mélanger les deux affaires Polanski et Mitterrand que d’aucuns, à l’image de Demorand, rapprochent. Ô crime! Mitterrand n’a pas droit aux analyses farfelues d’Alain Finkielkraut. Le neveu de son Oncle a certes du génie mais il lui manque l’expérience du pogrom, les haillons du Ghetto de Cracovie. Finkielkraut s’indigne et s’emporte: «alors on peut décider qu’il y a deux grandes sorte de crimes imprescriptibles, le crime contre l’humanité et le crime de Polanski, après ce qui lui est arrivé, c’est une magnifique conclusion à son existence». Un peu de décence ne nuit pas, monsieur le sophiste des étroites lucarnes …

Passe par là, Thierry, un auditeur que le simple bon sens conduit, et qui rappelle Alain Finkielkraut à ses propres amalgames en récusant l’excuse du passé douloureux que le sophiste excipe pour voir dérober Polanski à la justice américaine. L’auditeur rajoute un élément que Finkielkraut a du mal à intégrer dans son logiciel: qu’il ne s’agissait pas, au moment des faits, d’une «jeune fille» mais d’une mineure. On a peine à devoir rappeler à cet esprit que de sombres obsessions égarent, qu’il est tout à fait pensable qu’une mineure ait une activité sexuelle avec des personnes de son âge et que cela ne conduit à devoir admettre qu’elle se fasse violer par un adulte. Soit les mots ont un sens, soit l’exception du Ghetto de Cracovie subordonne en effet le langage et c’est bien cet amalgame indécent, dans le propos de Finkielkraut qui révolte.

«Donc je vais te prendre par derrière.»

Heureusement qu’Yves Michaud modère la donne sur un ton plus mesuré que l’excité: «Moi j’ai un point de vue radicalement différent de Finkielkraut là-dessus, parce que le diable est toujours dans les détails. Si vous regardez justement les minutes du début de d’instruction elles ont été publiées dans le Los Angeles Times, il y a eu caractéristiquement abus sur une mineure contre sa volonté avec utilisation de drogue enfin relaxant et champagne. Pour donner un détail très cru euh, il lui demande si elle prends la pilule, «Donc je vais te prendre par derrière.»

Vient l’argument de ce que penserait la victime elle-même, laquelle s’empresse-t-on de rapporter qu’elle ne souhaite qu’une chose, c’est qu’on lui fiche la paix. «Pourquoi vous n’allez pas entendre ce qu’en dit la plaignante mais enfin!». Soyons clairs. Qu’une fille qui a été abusée veuille passer à autre chose et que la publicité faite autour de cette affaire la traumatise, cela peut se comprendre. «La jeune fille elle le sait» comme pour dire «le veut» lance péremptoirement Finkielkraut que Demorand soutient: «il a raison!» dit l’animateur. «Il y a quand même un remarque à laquelle je vous ai demandé de répondre Yves Michaud, poursuit-il, Tout le monde parle au nom d’une victime…»

180px-Bernard_Guetta_IMG_0329.jpgPitoyable… Qu’est-ce que le droit commun? Ce qui est choquant c’est au fond la manière avec laquelle les élites s’exemptent de la justice. Yves Michaud a dû faire la leçon aux ineptes qui confondent action civile et action publique. Dans la plupart des systèmes judiciaires, une instance agit dans l’intérêt de la loi, chez nous comme aux État-Unis, le Procureur exerce cet office. Alors la partie civile, en l’occurrence cette femme, peut très bien avoir retiré sa plainte pour avoir reçu beaucoup d’argent comme l’a relevé Daniel Cohn Bendit récemment. Il demeure, l’action publique se poursuit et ne dépend en aucun cas de la transaction entre le prévenu ou le coupable et la victime. L’ordre public ne peut se contenter de réparer l’atteinte portée aux droits patrimoniaux mais tient à rétablir également la légalité.

Or c’est sur ce point qu’intervient inopinément Bernard Guetta (photo ci-contre) selon lequel le point de vue exprimé par la victime aujourd’hui doit être pris en considération. Question: les mêmes Bernard Guetta et Alain Finkielkraut auraient-ils pensé que le point de vue de Youssouf Fofana puisse être pris en considération si par extraordinaire la famille d’Ilan Halimi avait retiré sa plainte? Le délire c’est cela. L’appréciation aventureuse des faits et des vérités en raison des circonstances et des personnes qu’ils impliquent.

Intervient Charles magistrat à la retraite qui se dit choqué qu’on présente la victime de 13 ans comme une partenaire, et se montre étonné par ceux qui invoquent son «consentement». Mais par nature, Finkielkraut est plus expert  en droit qu’un magistrat. Il se range à ce qu’il sait faire de mieux, l’anathème. Il s'attaque au magistrat, à la France furieuse, à la France féroce pour disqualifier le magistrat à la retraite en commettant une dernière bourde. Il prétend que la France se ressaisirait après avoir accordé la nationalité à Polanski. Parce que dans la tête de cet homme, le cinéaste est forcément victime puisque réfugié du Ghetto. Or d’après Yves Michaud, le cinéaste est né français en 1932. Encore une preuve qu’à part les conneries, il n’y rien à en tirer de cet enragé mû par le délire.

Cet homme est dérangé

Mais il faut écouter Yves Michaud deux fois. La première en écoutant le philosophe la seconde en prêtant une attention particulière au spectacle qu’offre Finkielkraut offre tout au long du propos de son confrère philosophe. Le film mérite en effet d’être revu après s’être frottés les oreilles, pour se frotter les yeux.

Finkielkraut tremble de rage. La fureur c'est lui. L'amalgame c'est encore lui. L'assassin du sens c'est toujours lui. Il ne sait pas lui-même ce qu'il défend sauf l’indignation par principe, parce que Cracovie! Entre tics pour ne pas dire tocs tels que prendre son stylo et griffonner une note hargneuse, lever les bras au ciel, ou se prendre la tête entre les deux mains, se pincer le nez à se l'arracher, s'offusquer à tenir ses poumons en apnée tout en gigotant sur son siège telle une volaille d’abattoir, ôter ses lunettes pour écrire comme si elles ne lui servaient à rien, la fureur, c’est Finkielkraut qui la chorégraphiele mieux à travers ses excès et ses emportements.

Le sophiste l’emploie pour disqualifier la France qui lui fait peur, mais la furia est d’abord et avant tout la sienne, celle de ses démons mémoriels qui l’obsèdent et qu’il tente d’imposer comme grille de lecture catégorique à toute expérience d’après guerre. C’est son choix. Le monde n’est pas rivé à ses obsessions. Fixité névrotique du sophiste, fixité problématique qui conduit Finkielkraut à bannir tout raisonnement qui s’écarterait du judéocide. A ses côtés Yves Michaud a failli passer pour Goebbels.

Mais le problème de ces débats on l’a vu c’est la piètre qualité des journalistes. Demorand a cru devoir finir en ces termes: «Débat étonnant de deux monologues et d'une impossibilité de se retrouver». Comme si le délire de Finkielkraut et de Guetta était comparable aux propos de Michaud sur le plateau mais aussi de Thierry et de Charles. Le délire c’est aussi Demorand qui lors de ce débat où il s’est employé à ménager le choux et le choux, pour finir par tourner chèvre au point de perdre le sens de l’orientation. LFDM

Pédophilie : Extrait du Trésor de la Langue française
Pédophile, subst. Personne éprouvant une attirance sexuelle pour les enfants (d'apr. CARR.-DESS. Psych. 1976). Le ou la pédophile n'est en principe troublé(e) que par des sujets non encore pubères. Ainsi, quelques femmes prennent feu pour des petits garçons (BERTR.-LAPIE 1970).
Pédophilie, subst. fém. Attirance sexuelle pour les enfants. Une sexualité se montre qui laisse voir la pédophilie. C'est triste? (Action, mars 1975, p.12, col. 3). Pédophilie hétérosexuelle, pédophilie homosexuelle (POROT 1975).

09/10/2009

Affaires Polanski - Mitterrand, Finkielkraut distille sa haine

Lors de l'émission sur France Inter le Sept-Dix du vendredi 9 octobre 2009 Nicolas Demorand est revenu sur les deux affaires Polanski-Mitterand invitant pour le commentaire l'inévitable et fatal Alain Finkielkraut.

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Alain Finkielkraut, est présenté comme philosophe. Il donne effectivement des cours à l'école Polytechnique. Finkielkraut fait montre d'une vacuité intellectuelle qui peut laisser deviner la qualité d'analyse des promus de l'Ecole polytechnique, catapultés en général aux commandes de l'Etat det de nos entreprises.

La Feuille de Manioc a fait un dactylogramme de ce verbatim à faire circuler, car c’est une perle. La synthèse ignare des impostures du PAF et de la clique qui le tient, confondues dans une manifestation de leurs ignominies. Avec Finkielkraut, nous sommes en présence d’un discours qui n’a rien d’intellectuel.  Il s’agit bien plutôt d’une vocifération qui prend le contre-pied de la raison et s’inscrit entièrement dans le rapport à la haine quasi paranoïaque de l’autre, celle qui nourrit la pente philosophique de ce besogneux de la pensée française.

Tout y passe, la haine de l’Essonne, la France qui lui fait peur, ses foules lyncheuses propres au ressentiment de la démocratie, l’enfer, l’épouvante, l’étreinte sauvage des socialistes avec le Front National, la shoah, le ghetto de Cracovie, le droit de viol dû au génie, et pour finir, on ne voit pas en quoi ce chapelet d’antipathies s’achève sur le procès de la célébration de Michael Jackson, ou plutôt si! On ne voit que trop! Parce que le monde de Finkielkraut se partage par une certaine idée des hommes, ceux qui en sont, dans l’humanité accomplie et forment l’élite dans une relation d’ordre immuable, et ceux qui n’en font pas partie, ou qui sont condamnés à rester dans les marges de l’humanité. Pour ces deux races, «à chacun son élite sans doute…»

Les fantômes ont l’air d’avoir raviné le visage décati de cet homme lorsque la haine parle en lui comme en l’espèce. C’est un spectacle en soi. A la Feuille de Manioc nous n’avons toujours pas su laquelle de ses inepties consacra cet hurluberlu en intellectuel. Il nous donne ici l’exemple d’un discours vide de contenu et décousu, d’aucun intérêt si ce n’est la haine qu’il trahit, et à travers le couplet de ses injures, la névrose de l’exception d’une souffrance imposée au monde en guise de droit et qui s’étiole à force d’en mésuser. Nous reviendrons point par point sur cette interview que nous vous laissons découvrir.

Alain Finkielkraut: Depuis le déclanchement de cette affaire infernale je vis dans l’épouvante. La France est en proie à une véritable fureur de la persécution. Et il n’y a pas que la France. C’est toute la planète Internet qui est devenue comme une immense foule lyncheuse. Alors que l’enfance est sacrée soyons clairs. Je pense comme tout le monde aujourd’hui que l’enfance est sacrée, qu’on ne touche pas aux enfants. Et précisément parce que ce crime est grave, on ne doit pas accuser à tort et à travers.

Nicolas Demorand: c’est le cas?

Alain Finkielkraut:c’est bien sûr… c’est le cas. L’inhumanité commence nous devrions quand même finir par le savoir, quand au nom de l’humanité souffrance… souffrante pardon, on cesse de faire des distinctions, on fait des amalgames. L’amalgame c’est la figure féroce par excellence. L’amalgame c’est le péché intellectuel capital. Alors distinguons au lieu de parler de «soutien maladroit» à Polanski n’est pas le violeur de l’Essonne. Polanski n’est pas pédophile, sa victime, la plaignante, qui a retiré sa plainte, qui n’a jamais voulu de procès public, qui a obtenu réparation, n’était pas une fillette, une petite fille une enfant au moment des faits…

Nicolas Demorand: 13 ans…

Alain Finkielkraut: C’était une adolescente, qui posait nue, dénudée pour Vogue Homme et  Vogue Homme n’est pas un journal pédophile. C’est quand même une chose à prendre en considération. Euh cette euh… Polanski euh a toujours, il faut… il faut aussi s’en souvenir, nié le viol, il reconnaît des relations sexuelles illicites avec une mineure. Et je ne réclame pas moi, une quelconque impunité pour un artiste. Mais il faut quand même comprendre que sa qualité d’artiste depuis le début de l’histoire n’est pas pour Polanski un privilège, c’est un handicap. C’est parce qu’il est un artiste que les juges mégalomanes américains refusent de lâcher l’affaire et c’est parce qu’il est un artiste que la foule des internautes se déchaîne contre lui. Dans une société démocratique l’art est comme un outrage à l’égalité. Alors on adore voir les artistes tomber et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui.

Nicolas Demorand: Pourquoi «l’amalgame» Alain Finkielkraut d’après vous pour reprendre votre terme et bien vous comprendre?

Alain Finkielkraut: Pourquoi l’amalgame. Moi je n’en sais rien. Je… je… je pense que cette fureur de la persécution si vous voulez c’est une tentation constante aujourd’hui aggravée aussi par l’immédiateté d’Internet et sans doute parce que le sentiment de pitié pour une victime qui demande une seule chose c’est qu’on la laisse tranquille n’est en fait que l’alibi d’un immense ressentiment démocratique. Et vous savez que certains internaute vous expliquent aujourd’hui que les mêmes artistes qui veulent mettre en prison les enfants qui téléchargent illégalement, les violent, ou sont les complices des violeurs. Voilà la réalité. Pourquoi l’amalgame? C’est l’œuvre du ressentiment. Le ressentiment c’est le mauvais visage des démocraties.

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05/10/2009

Banques, où est passé notre argent?

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Les banques et la démocratie des benêts

Vous auriez tort de vous gêner à nous raconter des carabistouilles puisque le citoyen consommateur, cette espèce de «tout pour ma pomme» dort. Tant que ce désastre ne parlera pas à son nombril de jouisseur, l’hédoniste en résidus congédiera la pensée. Et le pouvoir capitalistico-médiatique dont nos gouvernements ne sont que des ersatz à vocation répressive, l’a très bien compris qui achète la domestication de l’électeur-consommateur en mal de misères à jouir.

Tenez! Avez-vous appris que la BNP souhaitait rendre son argent à l’Etat? Bigre! Un banquier qui paye ses dettes cela devrait inquiéter y compris la crédulité du moine. En général l’usurier est là pour vous taper et non pour vous enrichir. Est donc avisé le grincheux qui comme La Feuille De Manioc pense qu’il y aurait maldonne à voir des rapetouts pressés de rembourser les créances de l’Etat. Qu’est-ce que ça cache?

Souvenons-nous d’une n’info puisque nous pensons à froid sur les choses chaudasses: «Les banques françaises peuvent désormais se financer sans garantie publique» titrait avec autorité Le Figaro le 16 septembre dernier. «Les banques françaises n'ont plus besoin de béquille. Elles peuvent désormais se financer par elles-mêmes. C'est le message que Baudouin Prot, le nouveau président de la Fédération bancaire française (FBF) et directeur général de BNP Paribas, a fait passer ce mercredi lors d'une audition devant la commission des finances du Sénat.» SOurce Le Figaro.

Pour un message, le gogo s’est fait masser en douceur. Outre la fonction répressive, le gouvernement, doit faire semblant de gouverner. Christine Lagarde a donc fait savoir sur Radio Classique qu'elle demanderait la «reconduction [du dispositif de surveillance] pour une période d'une année» ajoutant qu’«il faudra en temps opportun sortir doucement du système dès lors que les banques sont, un, suffisamment recapitalisées et, deux, dès lors qu'elles financent l'économie.» Attention! Il ne faut pas se fier aux apparences. Dans ces milieux délicats, une escarmouche publique équivaut à une bataille sanglante dans la rue.

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