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20/11/2009

La tricherie est légale. Dura lex, sed lex

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Gloire à la triche, c'est Dieu qui rince....

C'est un air des stades de foot bien connu: "On les a niquééééés! On les a niquééééés! On les, on les, on les a niquééééés! "Comment ça vous ne chantez pas? On s’est qualifiés! Vous n'êtes pas fiers? La Fifa confirme que France-Irlande ne sera pas rejoué. Selon la loi n°5 du football en effet, «Les décisions de l'arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont sans appel, y compris la validation d'un but et le résultat du match». Mettre la main est un fait de jeu. Qualifiés donc! Y en a qui ont quelque chose à redire? Ca y est… Les pleureuses font leurs grincheuses. Et ce matin on découvre même que le Roi Henry, l'auteur du doigt, pardon, de la main miraculeuse, a des états d’âmes. Si maintenant l'exécuteur a le blues, où va le crime bordel! Le milieu n’est plus ce qu’il était. Seul Domenech est à la hauteur, Voila un coq qui n’ergote pas. Il assume la crête fière, toute la main, les cinq doigts sans oublier ses 862.000 euro de prime. Bande de jaloux va!

Main de Roi ou main de Dieu, on ne va pas chier une pendule! Nous sommes le

pays du Doigt de l’homme. On a triché, et alors? Les diables d’Irlandais l’ont dans l’cul! Ils peuvent aller se rincer. C’est moche pour les irlandais entend-on venant des moralistes à temps partiel. C’est drôle ce vent de moraline qui souffle en Gaule érectile. Ne trouvez-vous pas? Est-ce un véritable remords ou une ruse de soi avec soi? Une convulsion de bons sentiments histoire de faire pénitence entre la cerise et le clacos comme à confesse, en bons hypocrites que nous sommes, le temps de sacrifier au signe de croix et de repartir pour une branlée, nous revoilou prêts pour la canaille et la racaille.

Arrêtons de faire semblant. On retiendra que l’essentiel était de se qualifier n’est-ce pas? Et s’il fallait acheter l’arbitre, ceux qui y ont intérêt, d’énormes intérêts, l’auraient fait. D’ailleurs qui sait si l’arbitre n’a été acheté? Pour les moyens, va falloir voir à déciller les gars. Le monde n’est pas fait de bisounours! La triche est le lot quotidien de notre culture. Les belles histoires c’est comme l’humanisme, la morale, les valeurs, les universaux, la solidarité… des trompes-couillons pour gogos accrocs à la fiction du monde comme spectacle.

Dans sa caricature du réel, le football et le sport en général ont le mérite de nous donner à voir la réalité sans fard. La magouille est la norme de notre civilisation et le doigt, l’outil de l’homme. Baiser son voisin pour réussir, l’occire au besoin pour survivre, tel est le credo, tels sont les succès, les gloires, les victoires, les destins, les stars… Tout est bidonnage, triche, vol, viol. En sport comme en politique, comme dans la vie associative et même, depuis que c’est devenu moderne, avec ses dating, comme en amour, tricher c'est baiser, mais ce n'est pas tromper. Le reste est dissertation. Trèves de polémique. LFDM.

11/11/2009

L’imposture, un Caprice des Dieux

Puéril...

Vous connaissez le dicton populaire: «la culture c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale…» A l’occasion de la commémoration du 20è anniversaire de la chute du mur de Berlin, l’Empire nous a enjoint d’ingurgiter une déclinaison héroïque de cet adage. Nicolas Sarkozy raconte qu’il était à Berlin, lundi 9 novembre... 2009. Pour se faire passer pour le visionnaire qu’il n’est pas, l’omni-président n’a pu résister à mentir sur sa page Facebook. Résultat? Une couche supplémentaire de honte mondiale pour un coq qui décidément chante les pattes dans la merde.

Apprenez que Sarkoléon est aussi un héros. Si on oublie la syntaxe approximative et les désaccords du participe passé, l’Empereur a un bagou d’enfer. Il est beau la preuve par Carlita, il est grand, très grand et ça se voit, intelligent puisqu’il a berné son monde, pas fainéant comme son prédécesseur et si vous le trouvez agité c’est parce que vous êtes mauvais suceur. L’Empereur est simplement énergique, volontaire. Tout ce qu’il y a d’exceptionnel est familier à ce destin hors normes à l’image de son engeance à l’Epad précoce. Il suffit d’ailleurs de remonter aux précédents. Très tôt Sarkoléon fut sauveur d’enfant lors de la prise d’otages de Neuilly, puis il se révéla karcheriseur de cailleras sur la Dalle d’Argenteuil, puis oracle de l’abondance miraculeuse du «travailler plus pour gagner plus», vibrant moment extatique qui promettait aussi de supprimer les «golden parachutes» aux patrons. Depuis le farci s’est réveillé avec la gueule de bois des franchises médicales et du bouclier fiscal. On a voté? On trinque encore deux ans et demi et on ferme son claque-merde.

Sarkoléon fut de toutes les guerres décisives de notre histoire. En vainqueur bien sûr! Qui en doutait? Sa «Mère de toutes les batailles» à lui, selon le célèbre concept de Saddam Hussein, ce fut le Mur de Berlin qu’il terrassa marteau et piolet en main en compagnie de Fillon… Déjà! On savait que le politique avait cédé sa place aux mises en scènes et aux frasques du pipolisme. Qu’autrefois sujet de droit, le citoyen ne réclame plus pour sa part qu’une chose, son droit de jouir et qu’en contrepartie il se fait volontiers farcir. Mais à l’image de l’imposture puérile du Palais à propos du mur de Berlin, la dépolitisation de la chose publique atteint des tréfonds ridicules.

Nous prétendons vivre dans un pays respectable et libre et nos journalistes sont supposés y veiller. Or, en l’espèce on est saisi, non par les caprices infantiles auxquels Sarkoléon nous a habitués, mais par la mise en circulation sans critique des mensonges du Palais par la journaliste Nathalie Renoux de M6. En Union Soviétique, ce type de prestation s’appelait propagande et était l’apanage de la Pravda. Certes la disqualification de celui qui est le dépositaire de la Majestas, dans sa personne et dans son personnage est une norme de souveraineté chez Ubu. De tous temps, le point d’accrochage des pouvoirs ubuesques, en d’autres termes la monnaie d’échange de la souveraineté infâme, a toujours été la personne même de l’Empereur, puéril en son frac, grotesque en ses allures, ridicules en ses gestes, infantile dans son comportement. Berlusconi est un bel exemple qui se vante de surcroît d’être un baisouilleur hors pair.

Peu importe somme toute que l’Empereur ait menti ou pas ou qu’il soit ridicule. Ce qui importe c’est le rôle des media chargés de monnayer ces impostures dans un discours public, comme norme de majesté et manière d’exercer le pouvoir qu’ils concourent à déconsidérer. Ayant investit l’espace intermédiaire entre les consommateurs et la ploutocratie qui détient le pouvoir, les journalistes sont désormais les sherpas de la communication du château. Leur propos n’est plus d’informer mais de complaire en haut lieu en précédent les désirs de l’Empereur. On se croirait en Corée du Nord. Nous vous renvoyons à l’avertissement d’une enseignante que nous avions relaté sur la Feuille de Manioc. Le propos est plus que jamais d’actualité, il n’est pas vain d’y revenir. LFDM.

«En 1933, depuis près de trois ans, le Reichstag avalise sans broncher ; les décisions se prennent sans débats ni votes. Von Hindenburg gouverne un coude sur l’épaule des SPD, tétanisés, un coude sur celle des nazis, bons bougres. Hitler n’a plus qu’à sauter sur l’estrade, grand clown des atrocités, impayable dans son frac tout neuf. Le sommeil a bon dos, où naissent les songes, et les cauchemars. Mais on ne se réveille pas dans le pire, stupeur, au saut du lit : le pire s’est installé, insidieux, dans le paysage, banalisé par l'apathie ou l’incrédulité des uns, la bénédiction des autres. Des gendarmes brutaux, grossiers, débarquent impunément avec leurs chiens dans les classes d’un collège du Gers, pour une fouille musclée [...] un journaliste est interpellé chez lui, insulté, menotté, fouillé au corps, pour une suspicion de diffamation, qui reste encore à démontrer en justice… [...] Nos enfants, nos journalistes, ce sont encore catégories sensibles à l’opinion. Celle-ci s’émeut-elle ? Mollement. Elle somnole.[...]   Dire que Le Pen nous faisait peur… [...] Normal : c’est, d’ores et déjà, le lot quotidien d’une France défigurée, demain matin effarée de sa nudité, livrée aux menées d’une dictature qui ne dit pas son nom. Ah ! le gros mot ! N’exagérons pas, s’offusquent les mal réveillés» Lire La suite sur La Feuille de Manioc

Par Anne-Marie Garat, écrivain.

 

05/11/2009

Lévi Strauss, les fous et l'identité de l'autre

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Barré à l’époque où ça poque à donfe

Dans un dernier soupir, Levi Strauss a dû se dire: «C’est décidément irrespirable, je me barre de ce monde de barrés!» Certes le sage n’était pas un mec des téci et le verlan n’était pas tout à fait son genre. Dans cette matière que forment nos banlieues, Claude Levi Straus aurait cependant trouvé autre chose à dire et à savoir que le mépris de la pensée barbare qui n’envisage une partie de nos concitoyens que pour les sommer d’aimer jusqu’à cet objet qu’elle se montre inapte à définir. «Qu’est-ce que l’identité nationale?» A la question posée clandestinement aux enfants des nègres et des bougnoules de ce pays, mais brandie comme une urgence d’utilité publique, d’aucuns entendent qu’elle ouvre sur une autre question: «qu’est-ce que être français?» Pour cette grande pièce de théâtre en live, des félons officiels ouvrent même des sites Internet truqués à la gloire de l’Empire, avec les zimpôts des farcis.

Nul doute que le vieil homme qui s’est éteint aurait été sensible aux différences qui s’élaborent en sourdine dans nos banlieues. Mais de sagesse, notre empire à talonnettes n’en n’a point. Un pouvoir à notre image, à l’image de l’état de la pensée critique en France. C’est l’époque qui veut ça. Songez que la Gaule Erectile était connue dans le monde entier pour la bandaison de ses idées, ses crampes de neurones à la Sorbonne. Tout fout le camp. Levi Strauss est comme le dernier des Mohicans. L’intellectuel, une espèce disparue en France. Du pays d’Emile Durkheim, de Marcel Mauss, d’André Gide, d’André Malraux, de Gaston Bachelard,  de Jacques Derrida, de Jean Hippolyte, de Maurice Merleau-Ponty, de Jean-Paul Sartre, de Georges Bataille, de Louis Althusser, de Gilles Deleuze, de Michel Foucault, de Félix Guattari, de Jacques Lacan, d’André Leroy-Gourhan, il ne reste que les ruines de pipoles balladant l'échancrure de leur chemises blanches sur les plateaux de télévision. La subversion intellectuelle c'est cela: déboutonné jusqu'à quel bouton? Ecoutons un peu Cloclo ça va nous faire du bien...

Aujourd’hui la Sorbonne est passée dans les média. On ne pense plus, on panse. Les filousophes rappellent fichtrement les fameux « idiots utiles » à l’idéologie marxiste-léniniste. La pensée critique à la télévision ce sont ces guignols livrés aux puissances de l’argent, pratiquant une nouvelle forme de fascisme. Le pouvoir est partout, disait Foucault, on connaissait le fascisme casqué, botté des militaires, là un microfascisme s’est substitué aux totalitarismes d’antan. A Gilles Deleuzes auquel on demandait le bien qu’il pensait des nouveaux filousophes, l’intellectuel eut cette réponse :

« Rien. Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D'abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. […] Ils ont une nouveauté réelle, ils ont introduit en France le marketing littéraire ou philosophique, au lieu de faire une école. Le marketing a ses principes particuliers : Primo, il faut qu'on parle d'un livre et qu'on en fasse parler, plus que le livre lui-même ne parle ou n'a à dire […] C'est pour cela que le travail auquel se donnent les nouveaux philosophes est moins au niveau des livres qu'ils font que des articles à obtenir, des journaux et émissions à occuper, des interviews à placer, d'un dossier à faire, d'un numéro de Playboy. Il y a là toute une activité qui, à cette échelle et à ce degré d'organisation, semblait exclue de la philosophie, ou exclure la philosophie. […] Sollers avait été le dernier en France à faire encore une école (philosophique NDLR) vieille manière, avec papisme, excommunications, tribunaux. Je suppose que, quand il a compris cette nouvelle entreprise, il s'est dit qu'ils avaient raison, qu'il fallait faire alliance, et que ce serait trop bête de manquer ça.» Revue Minuit n°24, mai 1977

Claude Lévi-Strauss s'épargne désormais les cons. Salut l’esprit…

Une dernière chose...

En passant avant de vous quitter, on a trouvé ce truc sur le crétin de Philippe Val qui ne manque pas d’intérêt:


«Aucun téléspectateur n’aura été épargné par cette révélation : Philippe Val est désormais un «philosophe». Depuis la sortie de son Traité de savoir-survivre par temps obscurs (Grasset), dans lequel le protégé de BHL réchauffe au micro-ondes ses barquettes de Spinoza à 0 % (« L’amour nous éloigne-t-il de la guerre?» «Les singes sont-ils fascistes?» «Comment être un homme des Lumières aujourd’hui?»), le golfeur analphabète Sylvain Bourmeau l’accable dans Les Inrockuptibles de questions embarrassantes (« Il y a dans votre livre des propos extrêmement intelligents», 9.1.07) et les animateurs de salons télévisés se l’arrachent. Le 22 janvier, Val trône à la «matinale» de Canal Plus, puis pontifie chez Yves Calvi sur France 2 au sujet de la mort de l’abbé Pierre en compagnie de Bernard Kouchner et Christine Boutin. « Alors vous, le directeur de Charlie Hebdo...» caquette Calvi, qui escompte une saillie anticléricale mais ne récolte qu’une dissertation sur l’urgence de ressusciter la Constitution européenne pour loger les sans-abri. C’est tout ce qui reste du vernis d’impertinence associé à la «marque» Charlie Hebdo. Source, Poursuivre.

 
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