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09/01/2010

Seguin, la République à fleur de peau

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L’icône d’Epinal.

Même pas adieu. Salut les cons et à jamais! La silhouette bonhomme et ombrageuse du père Seguin s’en est allée par un matin de glace. Avec elle, les philippiques et les colères homériques d’un énarque atypique, amoureux avisé de football. Plus une feuille sur les arbres trop désolés pour s’incliner. Comme si l’ingratitude qui entoura l’engagement républicain de la pupille de la Nation avait écrit la fin d’un personnage rabelaisien à la morale austère. Philippe Seguin était la synthèse de ces aspects apparemment contradictoires.

Mort, le tout Paris accourt. La IIIème République finissante ne sachant plus quoi proposer au peuple, avait fait des cérémonies d’enterrement des grands hommes, un art consommé pour maquiller ses turpitudes et réhausser son image ternie. L’Empire décadent épouse à merveille ce cache sexe de communion communicationnelle. Le tout Paris accourt. L’icône d’Epinal va occuper la place d’un portrait en noir et blanc sur les murs de la République, les faussaires feignent la mine compassée. Ils doivent cependant se réjouir en sourdine, eux qui pourront s’offrir des douches dispendieuses et des sondages lobotomisants, aux frais du contribuable sans craindre le râleur à la fois soucieux et sourcilleux des deniers publics. Au bal des hypocrites, l’hommage est unanime et le tout Paris vante celui que l’établissement a pourtant honni. Il fallait neutraliser cet homme qui n’était déjà pas du sérail et dont les accents jacobins auraient empêché leurs comptes de tourner en rond. Ouf! Des vacances en perspective pour les chèvres de la République putassière, rivées à l’affût d’une vertu à négocier après nous avoir broutés.

A lui seul, Seguin condense la méprise chiraquienne. A propos de son fidèle compagnon, le Chi a reconnu lui devoir beaucoup. Lucidité tardive qui eût évité au Roi-fainéant, dixit l’Empire, l’embardée de la dissolution à la hussarde que lui inspira le Villepin. Contre Ballamou alors flanqué d’un roquet déjà agité, lequel nous expliquait que la messe était jouée dès le premier tour, le Chi se fit élire sur la fracture sociale que Seguin mît en musique électorale. Seguin comptait encore Fillon, Karoutchi et Guaino dans son attelage, avant que ceux-ci ne virent bling bling. Elu, le Chi rendit aussitôt le pouvoir aux girondins. Juppé lui fut préféré. La bourgeoisie en France c’est la clinique du désastre: les méfaits du cancer financier anglo-saxon assorti aux tares de l’esprit de rente, bien français. Le destin politique de Philippe Seguin résume la République cocue.

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