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06/10/2009

La Cour et le corps politique

Sur les talons décimétriques du corps de l'Empire

Information éminemment politique du jour: «Résister au chocolat est un supplice et, entre deux joggings, il dévore des pots géants de fromage blanc allégé. Nicolas Sarkozy, qui a perdu près de sept kilos depuis son élection à l’Elysée, surveille sa ligne en permanence. Et celle des autres est loin de lui être indifférente. Plusieurs de ses ministres ont spectaculairement minci ces derniers mois.» Cette actualité-là nous a rappelé à une lecture que nous vous suggérons: Corps du Roi de Pierre Michon, aux éditions Verdier.

«Le roi, on le sait, a deux corps : un corps éternel, dynastique, que le texte intronise et sacre, et qu’on appelle arbitrairement Shakespeare, Joyce, Beckett, ou Bruno, Dante, Vico, Joyce, Beckett, mais qui est le même corps immortel vêtu de défroques provisoires ; et il a un autre corps mortel, fonctionnel, relatif, la défroque, qui va à la charogne, qui s’appelle et s’appelle seulement Dante et porte un petit bonnet sur un nez camus, seulement Joyce et alors il a des bagues et l’œil myope, ahuri, seulement Shakespeare et c’est un bon gros rentier à fraise élisabéthaine.» Michon, Corps du Roi - Editions Verdier.

L’Empereur aurait engendré un véritable «politiquement correct» de la silhouette politique. C’est régime sec pour tous les ministres qui de privations en abstinences précèdent les désirs d’image du Chef. Selon Le Parisien Aujourd’hui: «La mode des régimes, c’est l’effet du chef. «Le gros qui rassurait c’est terminé. Le chef en bave pour mincir. Les autres aussi doivent se dominer.» Est-ce pour autant qu’on a débarqué Xavier Bertrand prié d’aller faire le gros bouffon à Saint-Quentin? Il conviendra alors d’admettre qu’avec le départ de Jacquouille (Santini), le Cabinet fion, pardon le Cabinet Fillon a perdu son plus truculent ministre. Et que pense Philippe Seguin de tout ça? Car il paraît que Larcher, autre poids lourd de la politique et des réseaux a, lui aussi, cédé à la mode et décidé de maigrir.

Nul ne sait si cette histoire de sveltesse relève de l'influence politique de l'épouse de «Mon Mari». Car ne doutons pas un seul instant, en ces temps de désert politique et intellectuel, où la Sorbone est réduite à commenter la sémiotique des clips de lessive et l’ENA, le rapport entre la toise de l’Empire et l’aménagement du territoire, ne doutons pas qu’il s’agisse d’un sujet politique majeur.

245350057_c050115eae_o.jpgDictature du filiforme

Au rancart donc les gros cons, bienvenue aux cons en silhouette fine. A qui fera-t-on cependant gober que la maigreur aux apparences serait un gage de raffinement de l’esprit? Mythes et divinités, théories des sympathies et des similitudes, nous rapportent le contraire. Un large corpus nous renseigne au contraire que l’austérité n’est pas le signe tangible d’un esprit sain dans un corps sain. Dionysos, Gargantua, le Bouddha, Cyrano de Bergerac, Gérard Depardieu, jusqu’à Pierre Ménès, attestent de cela. L’embonpoint loin d’être un handicap serait plutôt le signe tangible d’un savoir être. Certes la rondeur du corps se paye souvent en monnaie de cholestérol voire, dans des cas les plus dramatiques, en cirrhose du foie. Mais bordel à qui fera-t-on croire qu’il vaudrait mieux vivre dans la névrose du corps des autres qui nous habite et nous persécute, et qu’on croit représenté au regard de l’opinion, que de mourir d’un bon cholestérol acquis à se faire du bien de bonne chère et de bon vin*?

En tous cas «Mon mari» de Carla semble imposer la mesure du corps. «En avril, relate le Parisien, à un député pressenti pour entrer au gouvernement, le président de la République recommande même de changer de coiffure… et surtout de perdre quelques kilos.». Ce qui nous fait poêler à nous tordre le manioc c’est, dans une démocratie éduquée, toute l’importance accordée par la meute des courtisans aux apparences. Tout cela nous rappelle fichtrement Moscou à l’époque soviétique où il était de bon ton de se coiffer comme le chefaillon du comité local afin d’avoir un air de Brejnev sur la photo, ou encore aux idées à ras, aussi courtes que les cheveux de cette Chine maoïste qu’on décrie tant.

Lorsque Mobutu Du Zaïre sur les bords du Congo, adopta la veste au col… Mao justement, et la chapka léopard, ce qui n’était pas, loin de là pour imiter Jack Lang, mais pour figurer le meilleur syncrétisme de l’idiotie autocratique mêlée au «libéralisme planifié» à la sauce bantoue, toute la Cour de Kinshasa adopta tels des benêts, et le col Mao et le bonnet du léopard. Lorsque Albert Bernard Bongo Ondimba se convertit à l’islam-mazout (whiky-coca) pour permettre au Gabon d’adhérer de l’Opep, il s’agit bien de pétrole, il y eut une épidémie d'slamophilie au sein de la classe politique gabonaise.

Les courtisans sont comme cela, des moutons de panurge. Nous voici de retour chez Rabelais et Pantagruel. Mais c'est bizarre comme Paris a de plus en plus des airs de Librevile, Kinshasa, Moscou... LFDM

* Mention légale : « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé », et plus : « mangez, bougez ». Ca c’est fait…

05/10/2009

Banques, où est passé notre argent?

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Les banques et la démocratie des benêts

Vous auriez tort de vous gêner à nous raconter des carabistouilles puisque le citoyen consommateur, cette espèce de «tout pour ma pomme» dort. Tant que ce désastre ne parlera pas à son nombril de jouisseur, l’hédoniste en résidus congédiera la pensée. Et le pouvoir capitalistico-médiatique dont nos gouvernements ne sont que des ersatz à vocation répressive, l’a très bien compris qui achète la domestication de l’électeur-consommateur en mal de misères à jouir.

Tenez! Avez-vous appris que la BNP souhaitait rendre son argent à l’Etat? Bigre! Un banquier qui paye ses dettes cela devrait inquiéter y compris la crédulité du moine. En général l’usurier est là pour vous taper et non pour vous enrichir. Est donc avisé le grincheux qui comme La Feuille De Manioc pense qu’il y aurait maldonne à voir des rapetouts pressés de rembourser les créances de l’Etat. Qu’est-ce que ça cache?

Souvenons-nous d’une n’info puisque nous pensons à froid sur les choses chaudasses: «Les banques françaises peuvent désormais se financer sans garantie publique» titrait avec autorité Le Figaro le 16 septembre dernier. «Les banques françaises n'ont plus besoin de béquille. Elles peuvent désormais se financer par elles-mêmes. C'est le message que Baudouin Prot, le nouveau président de la Fédération bancaire française (FBF) et directeur général de BNP Paribas, a fait passer ce mercredi lors d'une audition devant la commission des finances du Sénat.» SOurce Le Figaro.

Pour un message, le gogo s’est fait masser en douceur. Outre la fonction répressive, le gouvernement, doit faire semblant de gouverner. Christine Lagarde a donc fait savoir sur Radio Classique qu'elle demanderait la «reconduction [du dispositif de surveillance] pour une période d'une année» ajoutant qu’«il faudra en temps opportun sortir doucement du système dès lors que les banques sont, un, suffisamment recapitalisées et, deux, dès lors qu'elles financent l'économie.» Attention! Il ne faut pas se fier aux apparences. Dans ces milieux délicats, une escarmouche publique équivaut à une bataille sanglante dans la rue.

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02/10/2009

Nécrologie Négrologique : Rama Yade est décédée!

Fâcheux collapsus en videorama sur BFM-TV

Hier c’était bulletin nécrologique chez les enfants de Murdoch, nos apprentis américains de BFM-TV. Ils ont dit que Ramatoulaye était décédée. Le terme nécrologie est composé du préfixe nécro, qui provient du grec ancien νεκρός necros, et signifie «mort» de chez «cadavre», et du suffixe logie, encore du vieux grec λόγος logos, «parole». Bordel de grec, kaliméra, ephcharisto… A tes souhaits toi-même. La nécrologie est une notice, à la mémoire d’une personne morte depuis peu de temps ou l’avis de décès d’une personne connue dans un journal, une revue. On dit aussi cela du bulletin qui tient le listing des pipoles décédés durant une certaine période. Parce qu’ils sont comme cela les pipoles qui  soutiennent les violeurs et les pédophiles… Non contents de vous emmerder de leur vivant, ils vous font chier après leur mort.

Deuxième terme, négrologie. Celui-ci est de forge récente et d’un alliage douteux. Difficile à attribuer. Le terme se compose de l’espagnol «negro» bien galvaudé, lui-même issu du latin niger «noir». Niger, Nigeria voyez-vous dans quel delta nous pagayons? En France on connaît parfaitement la négritude. Ces platitudes senghoriennes, prétendument poétiques mais dont le dard de fumier de Sedar théorisa sur un être essentiellement captif de l’émotion. A ce tableau issu de l’histoire naturelle de Buffon, il ne manquât que la plume au cul du nègre et le zouk pour qu’il le remue. Le civilisé, et notamment celui qui s’en alla dégurgiter les poncifs racistes les plus éculés à l’Université Cheik Anta Diop de Dakar, découvrit sur le tard une autre négritude, forcément, elle était plus revêche, celle de Césaire. Pourtant timide, accommodante, elle était déjà insupportable au goût des Maîtres, une véritable césarienne dans le corps unanime de la supériorité européiste.

A contre-pied de ces deux postures négrologiques avant l’heure, Wole Soyinka, prix nobel de littérature qui renvoya l’un et l’autre à leurs classes, c’est-à-dire à leurs maîtres qu’ils faisaient juges par le fait même de leur adresser leurs revendications identitaires. Le nègre sous hypnose, en mal de reconnaissance. Aujourd’hui il aspire à ce dont il se rêve… métis. Wole irréfutable déclara que le tigre ne négocie pas sa qualité de tigre. Il ne clame pas sa tigritude mais saute sur sa proie et la dévore. Voilà une dénégrologie qui était déjà bien manioquée pour l’époque et combien nécessaire de nos jours de désert intellectuel! Depuis on est tombés plus bas que l’Abysse Senghor. On a hérité de la clique à Patrick Lozès, et face à eux, l’Empereur pour remplacer De Gaulle… Pauvre noirs, pauvre France…

Revenons à nos vocables pour pouvoir finir sur la Ramatoulaye annoncée morte. Si si, on va y arriver vous verrez… Une clique de racistes de tous poils s’est employée à populariser le terme négrologie avançant que «La moitié du continent africain est dévastée par des guerres d'écorcheurs, l'autre vivote entre crise et corruption, tribalisme et anarchie.» Pour Stephen Smith, soutenu en cela par des penseurs ignares tels que Bruckner, philosophe jetable s’il en est, et sorte de résidu du BHL media Thinking, pour Stephen Smith donc qui était journaliste à Libération puis au journal Le Monde comme vous et moi sommes le Pape, «l'Afrique meurt d'un suicide assisté», elle serait accompagnée dans sa chute par une forme d'«autisme identitaire», façon pour elle d’évacuer ses maux. Songez selon l'abruti que l’Afrique est le seul continent au monde où 350 millions de personnes seraient collectivement atteintes d’un syndrome dépressif suicidaire. Si Stephen Smith a trouvé à vendre sa déjection, c’est que son racisme a rencontré celui inconscient de milliers d'avortons qui ont trouvé à l’acheter, pour s'en convaincre. Chacun jouit comme il peut, d'aucuns par la haine, nous à la Feuille de Manioc, on préfère se cirer le jonc si jamais on n’a rien à se mettre sous la pogne.

Nous aimerions bien tenir ce type de discours avec ce genre d’ânes. A condition que les matières premières des guerres tribales bantoues n’aient pas pour principe structurant des armes fabriquées chez nous et par nous trafiquées, qu’elles n’aient pas les ports du Havre, Bordeaux, Marseille, Nantes, Anvers, Amsterdam… pour débouchés, et leurs profits nos banques pour refuge. A condition aussi de ne pas s’empresser, à la moindre simagrée démocratique, de soutenir les truqueurs de scrutins comme récemment Ali Bongo, Paul Biya, Denis Sassou Nguesso, à condition enfin de ne pas soutenir les régimes dictatoriaux mis en place par la maffia criminelle et criminogène des réseaux francs-maçons qui siège à Paris, Tours, Lyon, Bordeaux… Alors là seulement des abrutis congénitaux au cul fétide posé à Paris pourrons envisager dire que l’Afrique est collectivement suicidaire.

On y arrive. Ce n’est pas parce que la Ramatoulaye Yadé est noire et que Sarko veut la tuer politiquement qu’il faut la déclarer morte. Certes entre négrologie et nécrologie, seul le point G fait la différence, mais ce serait faire voler le débat bien bas, au dessous de la ceinture et surtout, enterrer un peu hâtivement une tigresse qui n’a pas dit son dernier mot et rumine à n’en point douter sa vengeance. Fierté noire oblige n’est-ce pas? LFDM.

 
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