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06/09/2009

Umberto Eco, «Casse-toi pauv’ Con»

La guerre du faux

Umberto Eco a pondu il y a quelque temps déjà un essai qui pourfendait le triomphe du faux comme valeur absolue de notre époque. C’était plus que prémonitoire. Les mises en scène de Luc Chatel ne semblent pas isolées. Le figurant est une denrée en hausse. Faux participants aux émissions, faux militants dans les supermarchés, faux travailleurs dans les usines, chiffres faux du chômage, faux Bigard qui contexte le 11 septembre, où s’arrête le faux ?

Lorsqu’on se dresse sur nos deux pattes et qu’on ergote sur la question de les avoir dans la merde mais de chanter toujours, d’être des girouettes, toujours, de se refaire la crête, toujours, même si pour cela il nous faut sélectionner plus petit que soi, pour que la nôtre dépasse toujours, plus moche que soi pour paraître beau. C’est bien connu qu’au pays des aveugles, y compris en Gaule érectile, le borgne est roi, à chaque Lilliput son Gulliver, le nain surpasse les plus nains, à chaque coup de pied, le cul du voisin, l’idiot le niais, et nous dans tout ça…, le français comme d’habitude se moque de son cousin de toujours, le Belge…

Le belge est un être blagueur. Même leurs vérités sont des farces. Voilà un journaliste, tout ce qu’il y a de différent de nos sherpas germanopratins du Politburo médiatique, un journaliste, un vrai, qui se fend d’un reportage montrant comment le Château-En-Gaule-Erectile bidonne ses visites pour les lisser, sans heurt ni casse-toi pauv’con pour faire vrai. A quoi bon se faire chier à démêler le vrai du faux alors qu’une urgence nous convoque, Secret Story va commencer. Et puis cet omniprésident qui s’occupe si bien de tout, pourquoi se faire chier à faire de vrai reportage ? Il faut être belge pour cela.

«Qu'ont en commun les musées californiens, les Brigades rouges et les blue-jeans? Pour Umberto Eco, ils servent l'industrie du faux, les stratégies de l'illusion, de l'apparence absolue. Dans ce recueil il nous livre un exercice de flair sémiologique, comme disait Roland Barthes, cette faculté de voir du sens là où on serait tenté de voir des faits, afin de dénoncer, d'une part les choses sous les discours, d'autre part les discours sous les choses. Des discours qui cachent d'autres discours, des discours qui croient dire une chose mais en signifient une autre, ou encore les discours qui cachent leur propre inconsistance. Eco voyage dans l'Amérique, voyage dans l'hyperréalité, où les musées de cire, les châteaux de Disney et le Coca-Cola deviennent les signes d'une nouvelle culture en action. Il pourfend aussi les mass-médias, le sport de masse et la culture comme spectacle. McLuhan en sort même égratigné.» Wikipedia La Guerre du Faux

Et pour la fin de notre affaire, le belge est à ce point farceur que lorsqu’il démonte un faux et se fend d’un vrai reportage de vrai journaliste, qui met à nu les bidonnages de l’Elysée, c’est pour le ponctuer d’un dubitatif «pas sûr que les français soient dupe». Pouah! C’est trop nous prêter, à moins que la chute soit en vérité une fausse blague belge… LFDM

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