Avertir le modérateur

14/07/2009

Bien public, la privatisation de la RATP est en marche

ratp.gifLe capitalisme des saumons

Le génie de l'idéologie dominante c'est de persister à courir à sa perte quitte à suspendre la raison et qu'importe l'évidence. L'idéologie, c'est omme les saumons qui se suicident en remontant le cours des rivières. Si tout le monde admet que la privatisation de l’Underground londonien est un échec, si la privatisation ce sont des métros pourris qui n'arrivent jamais à l'heure, lorsqu'il y en a, si nos amis anglais collectivisent à nouveau le réseau de métro après les options désastreuses de Thatcher, c’est qu’ils sont forcément plus cons que nous ne pensez-vous pas! Cons de revenir à notre modèle franchouillard, communiste, soviétique, après avoir expérimenté le libéralisme venu sur terre pour sauver le monde...

Au fond, ce ne peut être en aucune manière à cause de la distorsion inhérente à deux horizons de rentabilité qui s'ignorent. Le court terme du profit, et le long teme de l'Etat. Au mieux c’est la faute à pas de chance. Or la dynamique des investissements connaît des cycles comme la plupart des phénomènes, et la finance, mue par l'esprit de lucre ne se confond pas au bien public. La chose publique relève naturellement de tous les cycles longs. Lorsqu’on met de l’argent sur un gone le capitaliste qui ne pense pas plus loin que son trou du cul prétend que c’est une dépense et traite les profs de fonctionnaires. Lorsqu'on soigne un malade, c'est le corps social qu'on soigne, et l'état de la société qu'on  traite, mais le capitaliste y voit un trou, une béance. La Sécurité sociale sera bientôt une injure. L’esprit avisé y voit un investissement pour demain.

Ainsi vont la chose publique et l’intérêt privé. L’une vise loin, l’autre est un enfoiré. La chose publique est suffisamment désintéressée pour considérer des choses sans intérêt telles que les générations à venir. Ses investissements tiennent compte de ce que seront les besoins du pays dans 20, 30 ou 40 ans. Or depuis Madoff et Stanford, sauf à vouloir faire un doigt au benêt, il n'y a déjà plus de marché à 5 ans et le capitaliste, même londonien, se tape le coquillard de savoir comment circulera le petit londonien en 2020. Il s’en tape et qu’importe que le petit londonien soit son petit fils. Seule l’intéresse, la valeur. Pourquoi se faire chier à investir sur un rail alors qu’on peut exploiter un réseau jusqu’à la corde et qu’il se trouvera toujours un popu benêt, même londonien, pour passer à la caisse lorsqu’on le refourguera déglingué à la collectivité? On vous l’a fait court, mais c’est bien ce qui s’est passé à Londres.

C’est donc ce modèle de gestion et d’investissement que l’Empereur préconise pour la RATP. On se disait bien que son projet fumeux de Grand Paris cachait une combine pour ses copains. Et les parisiens de 2009 qui sont tout sauf des citoyens de 1789 s’en iront sans coup férir à la parapharmacie se procurer la paraffine et graisser leur intubation en règle et en silence par Sarkoléon.


Les fins exégètes nous dirons que c’est la faute de l’Europe. Or l’Europe n’oblige pas la RATP à aller foutre le bordel dans les transports berlinois. L’Europe dit une chose. Soit on reste chez soi tranquille et il n’y a pas de concurrence qui vaille, soit on va jouer aux billes chez le voisin et auquel cas il faut écarter ses propres cuisses. La concurrence pour l’Europe, c’est simple comme une copulation. On peut bien rester comme on est, avec ceux de nos rares modèles que le monde nous envie. Non il faut que le petit capricieux de l’Elysée casse le joujou. Laissez-vous faire, ça va bien se passer… LFDM.

Sarkozy incite la RATP à se préparer à l'ouverture à la concurrence
Fabrice Amedeo
01/07/2009

La régie répondra à des appels d'offres à l'étranger et sera en retour concurrencée sur son périmètre historique.

Des métros Veolia ou Keolis dans Paris ? Ce pourrait être le visage des transports parisiens d'ici à quinze ans. «Soit la RATP devient une régie locale, soit elle devient une véritable entreprise de service public, a expliqué mardi Nicolas Sarkozy. Pour moi, c'est la deuxième option, clairement, qui est en cause.» Le président fait ici référence à l'application de la directive européenne OSP (Organisation du service public). Celle-ci dispose que la RATP sera mise en concurrence à partir du 4 décembre prochain pour tout nouveau projet. Les nouvelles lignes de bus et de métro donneront systématiquement lieu à un appel d'offres.

La question en suspens était celle de l'ouverture à la concurrence ou non de son périmètre historique : les lignes de bus et de métro déjà existantes et exploitées depuis des décennies. Selon la directive OSP, la RATP a vingt ans pour choisir entre deux options: conserver son pré carré sans aller chasser à l'étranger, ou alors concurrencer d'autres régies à l'étranger mais du coup accepter d'être concurrencée à Paris.

Nicolas Sarkozy a pris explicitement mardi position pour la deuxième option : la RATP va devenir une «véritable entreprise de service public», ira concurrencer des régies européennes mais devra batailler pour conserver son périmètre historique.
L'avenir de Pierre Mongin

Sortir de Paris intra-muros, la régie l'a fait depuis plusieurs années, notamment avec sa filiale RATP développement. Cette dernière est aujourd'hui implantée en Allemagne, en Italie ou encore en Grèce. Mais la grande révolution va venir de l'ouverture progressive à la concurrence des transports parisiens «d'ici quinze à trente ans». Du coup, le message est clair : la RATP n'est pas assurée d'exploiter le métro automatique de 60 kilomètres autour de Paris. Il y aura des appels d'offres. «Il n'y aura aucune collaboration avec la RATP ou même la SNCF, prévient un proche du dossier. Des ingénieurs des deux entreprises seront en revanche sollicités pour travailler sur le projet du Grand Paris.» Un message clair pour les deux entreprises qui cherchent à se positionner depuis deux mois sur le projet.

Nicolas Sarkozy a également donné un indice important sur l'avenir de Pierre Mongin à la tête de la RATP. « C'est un défi que je lui propose », a-t-il déclaré à propos de l'ouverture à la concurrence. Le mandat de l'actuel président arrive à échéance le 23 juillet. L'Élysée doit nommer d'ici à cette date par décret les nouveaux membres du conseil d'administration de la RATP. La présence parmi eux de Pierre Mongin, candidat à sa propre succession, fait de moins en moins de doute.
Source le Figaro

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu