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25/06/2009

Les tribulations de Kitenge

marianne.jpgLes noirs ne naissent pas égaux en droit

La problématique de survie du «nous et les autres» a une fois de plus fait parler d’elle après celle d’Annany, le noir de la Cramif auquel il ne suffisait pas de l’être et qui trouva utile de s’affamer. Le 26 avril dernier un français, mais un pas tout à fait en droit, même si en devoir on attend au minimum le double, donc un français mais un peu congolais tout de même, se prend à accuser un ponte d’avoir tenu des propos racistes à son encontre. Et pas n’importe lequel! Un mec qui bosse au ministère du «nous et les autres»: l’identité de la nation. Carrefour, l’enseigne dont il ne faut surtout rien dire ni écrire de crainte de devoir payer 1 million d’euro de dommages et intérêts pour atteinte à l’image, avait loué les gros bras musclés de notre français du Congo, pour être postés dans ses magasins à vérifier l’identité des émetteurs de chèques de sommes supérieures à 500 euros. Carrefour en a ras la cantine d’être chocolat de chèques en bois, tirés sur la Banque de l’Okoumé. Alors une société de vigile lui loue un nègre pour faire les gros bras.

Kitenge croyait qu'on n'était pas à Kisangani ici. Il ignorait que la règle de droit est une fumisterie de benêts, qu'elle ne vaut en démocratie à la seule condition qu’il y ait des exceptions par statut. Il s’est, dit-il, ne nous risquons à aucune poursuite et prenons les guillemets d’usage, Kitenge s’est, dit-il, engagé à contrôler un fonctionnaire de l’identité nationale qui avait fait un gros chèque. Quel fou pardi! Outré, le Sieur Gautier Béranger aurait alors, selon Kitengé, proféré des borborygmes aimables qui n’ont bien sûr été entendus par personne. Hé les nanas de chez Carrefour, si vous êtes fâchées avec le coton-tige, il faut savoir qu’au rayon parapharmacie, il y a un truc efficace contre les bouchons, c’est Audispray. A défaut il faudrait voir à y aller un peu plus avec vos partenaires parce qu’on dit qu’à force, ça rend sourd!


Qu’à cela ne tienne, Pierre-Damien, indémontable, forcément il est noir donc connu pour être bien monté, s’en va hardi au Palais de justice, la Marseillaise dans l’âme et le préambule de la Constitution sous la main, «les hommes naissent libres et égaux en droit,» gna gna gna et tout le reste… Il porte plainte contre le Sieur de l’identité nationale, autant résumer qu’un des «autres» a l’outrecuidance de s’en prendre au «nous». Fichtre! Résultat fatal, action classée sans suite. Dans ces cas-là le parquet sert surtout à recevoir les coups de latte sur la tronche et ce côté chant. Il fallait s’y attendre.

Le bricolage aventureux de SOS racisme

Au-delà de cela, la question posée est celle du rôle joué par SOS racisme dans cette aventure en surexposant la victime pour sa propre propagande, sans s’assurer au préalable d’avoir réuni les témoignages. S’il est avéré que Pierre-Damien a agi sur la base de ses seul dires dans une espèce de cet ordre, la responsabilité morale de l’association est engagée dans ce qui lui arrive. Une fois que la nouvelle propagée, il était certain que des pressions s’exerceraient fatalement sur des témoins en situation précaire, et le bon sens élémentaire pour une assoce qui se prétend experte dans la lutte contre les discriminations raciales, exigeait de recueillir les témoignages et les indices des faits avant de populariser la cause. Là, en perte de vitesse sur l’horlogerie suisse, les Potes ont été pris en excès de vitesse Rolex et Pierre-Damien paye peut-être une inconscience doublée d’une inconséquence.

Son avocat, Me Emmanuel Daoud, «membre de SOS Racisme, a surtout dénoncé "la campagne d'isolement menée" contre M. Kitenge, aujourd'hui sans emploi et "menacé d'une quasi peine de mort civile".» Nouvel Obs. On ne lui fait pas dire. Il convenait d’y penser avant de jouer avec la vie de ce monsieur. Le verdict est attendu jeudi.

L'hebdomadaire Entrevue qui avait diffusé l’interview en cause est également poursuivi mais s’est montré peu solidaire de la cause en faisant parvenir ses conclusions écrites sans comparaître. Carrefour s’honore de poursuivre un ex-vigile au chômage et au RMI pour voir dédommager à hauteur de 100.000 euro l’atteinte portée à son image. Le Nouvel Obs rapporte que «ces propos laissent entendre que l'enseigne se serait livrée au délit de "subornation de témoins" et "c'est insupportable", a estimé à l'audience l'avocat de Carrefour, Me Emmanuel Daoud.» Ce qui témoigne du sens des proportions des dirigeants de cette enseigne qui excipe d’avoir signé la Charte de la Diversité. Pour se payer une morale dans ce qui apparaît manifestement comme une campagne punitive, histoire de rappeler à tous les nègres de ce pays les affres auxquels ils s’exposent en défendant leurs droits en justice, Carrefour dit qu’elle reversera les 100.000 euro qu’elle ponctionnera au misérable pour subventionner sa fondation qui milite en faveur de la diversité. La farce! On parie combien que c’est encore une Dame Du Cul Pincé Delaboutonnière qui gèrera les dépenses humanitaires, un chapelet autour du cou? Foutance de gueule certes, mais pour être esclave il faut être deux… LFDM.

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