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10/06/2009

Omar aux gabonnais absent, les journalistes se lâchent

350471.jpgFrance 5 « Où est passé l’argent » du Gabon ?

L’éditorialiste de Makaya (Omar Bongo) est mort, un nouveau Gabon naît et des journalistes font semblant de faire du journalisme. Foutance de gueule d’Yves Calvi, la tête à claques sarkozienne s’il en est du PAF public. L’empaffé quotidien de France 5 s’est encore fendu d’une performance de déni époustouflante. Le procédé est simple: on concède une responsabilité vénielle de la France dans la prévarication des biens publics gabonais, ou plutôt les écarts de conduite de quelques brebis galeuses françaises pour instrumentaliser l’incurie des potentats installés en Afrique francophone au gré de nos intérêts stratégiques relatifs au sol et au sous-sol. «Où est passé l’argent» du Gabon? Question conne, question de cons, questions à cons… Il est passé en «investissement politique.» A l’achat des quémandeurs gabonais eux-mêmes, des aussi-médiocres-que-Bongo, puis à «l'arrosage de tout ce qui compte en France, du PS jusqu’au Front National».. Malgré la langue de bois, au cours de l’émission, Antoine Glaser et surtout Vincent Hugueux y répondent. On peut se demander pourquoi il n’ont pas martelé plus fort ces évidences et se sont contentés de les susurrer dans leurs ouvrages… Parce que Bongo est mort.

Où est donc passé le fric de l’Afrique. Souvenez-vous nous dit Glaser, de l’affaire ELF et de la FIBA, la banque du groupe pétrolier français et de… Omar Bongo. Un coup de téléphone du dictatorius de Libreville, et voilà un haut fonctionnaire, un chef de parti qui au détour d’une caisse repart avec du cash. Les gabonais eux crèvent de ne pas avoir de dispensaires. D’autres vertueux se sont contentés d’effectuer d’onéreuses études pour le système de santé gabonais. Ils font la leçon de morale au monde entier avec des sacs de riz sur l’épaule… Les gabonais crèvent toujours de la misère et les remercient. Classé 123ème pays à l’indice de développement humain des Nations Unies, les 2/3 des recettes de l’Etat de ce riche émirat bantou sont d’origine pétrolière. Notre pétrole. Or pour le pétrole, de Total et le manganèse de la Comilog  en passant par l'uranium de la Comuf d'Areva, cette criminalisation financière de l’Etat est doucement qualifiée de «grand regret» dans un des reportages diffusés. Vous n’avez pas d’hôpitaux ? La faute au «grand regret»

A milieu des mines convenues sur le plateau, on passe en revue quelques moments épiques de ces «liens compliqués de ce qu’on appelle la Françafrique» mais on ne franchira jamais le rubicon. On n’ira pas critiquer avec la vigueur antichinoise ou anti-Chavez, les frasques de cul de l’entourage présidentiel. On s’en tient au seuil de ses chambres d’hôtel luxueux où, entre deux prostituées de luxe, le couloir du 7è étage d’un grand établissement parisien donnait à voir une «diplomatie hôtelière». Les «happy few», ex-opposants qui y venaient faire résipiscence, les «hauts fonctionnaires français» et chefs de partis qui venaient s’abreuver en cash de cette Afrique que l’on prétend aider à longueur de discours mais qu’en vérité on pille. Pourtant Vincent Hugueux enfonce le clou et nos civilisés y passent: Kouchner la vertu, Rocard la morale, sans oublier Pasqua «qui nous fait son numéro de claquettes habituel…». Remarquez, le même diamantaire Giscard avait cru pouvoir administrer une piqûre à Chirac. Et c’était Pasqua qui était aux manette d’où la sortie corsée de l’ancien baron du RPR.

Mais tout ceci n’est pas très grave, c’est l’Afrique

Quelle interprétation tire-t-on ici sur les bords de Seine, de la corruption de l’ensemble de la société? Cela n’a été rendu possible que parce que «Bongo était le plus intelligent». Pauvres gabonais, pauvres africains. Un âne dispendieux, façon de décomplexer ses 1.52 mètres sur talons, qualifié de plus intelligent de tous! Fins de race que vous êtes alors… Tout ceci n’est pas très grave. Calvi traite volontiers l’affaire «avec humour». Bongo, l’ami «fidèle de la France » est un personnage. Ce n’était pas un dictateur qui a plongé le pays le plus riche d’Afrique dans la misère, il était «amusant». De lui, on fait le récit de l’«extraordinaire ascension de quelqu’un qui a commencé comme postier», d’un charme, d’une drôlerie», «d’une capacité à vous retourner». Et de citer le proverbe du bantou rendu célèbre: «l’Afrique sans la France c’est une voiture sans chauffeur. La France sans l’Afrique est une voiture sans carburant.»


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C’est qu’à l’occasion de la mort de cette charogne, responsable de la mort de dizaines de milliers de gabonais par l’appauvrissement de son pays et de centaines de milliers d’africains par les guerre dont il a assuré le financement et la sous-traitance, on fait le récit d’une histoire pittoresque, charmante, bigarrée, haute en couleurs pour ne pas dire folklorique. Notre Afrique, terre d’aventure et de fantasmes envoûtants, cette terre inconnue de la raison que consacra l’autre idiot congénital que fut Senghor qui s’était endormi sur les âneries de Hegel un soir où il eût du mal à saillir de masturbation.

Ainsi, pour Servent, en bon militaire simpliste, la question est négro-anthropologique. C’est la manière avec laquelle fonctionne le pouvoir en Afrique qui doit être examinée. Mais surtout pas celle avec laquelle on la corrompt et on jugule toute velléité d’opposition par le meurtre et la persécution d’opposants. Pensez-vous, nous Pays des droits de l’homme? Pierre Servent qui n’a jamais bu de champagne avec Bongo, une précision qui vaut son pesant d’or, lui trouve des qualités à peu près équivalentes à celles d’un homme politique français de bon niveau. Ce qui revient, dans l’esprit de ce Monsieur, à dire que l’intelligence du putois françafricain que fut Bongo équivaut à la moyenne supérieure de africains. Merci pour eux… Bongo? « Un chef de village le regard tourné vers la tour Eiffel »

On remarquera que dans sa bouche, c’est encore la France qui donne la mesure, mais passons… Nous ne nous attarderons pas sur cet agent pelliculaire qui en dit long sur la fonction de propagande que constitue Yves Calvi et ses invités. C'est dans l’aire, sous les atours d’un parler vrai, il s’agit au fond de fabriquer le dissensus sarkozien, celui qui flatte la part la plus obscure pour ne pas dire brune du popu-cocu.

Bongo, un chef de village africain face à des sorciers blancs. Une histoire de magie. Voila résumée une des méprises du colonialisme français qui n’a jamais cessé en dépit des indépendances de façade. Et elle se fait avec le concours des africains eux-mêmes. Vous connaissez notre théorie sur cette condition de possibilité : pour enfiler un noir, en double pénétration, 4 autres qui le tiennent… Calvi a trouvé le noir de service pour cet office rituel. On croyait avoir touché le fond, James N’Gumbu nous a surpris…Remarquez il ne surpasse pas l'obscur éditorialiste Allain Jules Menye dans l'entretien d'un tribalisme putatif africain, ce qui montre à quel point Bongo avait arrosé jusuqu'aux quémandeurs du cameroun voisin.

De cette émission, il restera néanmoins des éléments intéressants. L’occasion pour nous de relever pour la Feuille de Manioc que le nain téké fut présenté à De Gaulle par le « sorcier blanc » Foccart, cette autre figure du racisme français. On prête à Mongénéral d’avoir dit « un type valable ». On relèvera la franc-maçonnerie, ce cancer qui métastase l’Afrique. On notera que c’est Omar Bongo qui a permis à Sarkozy d’obtenir sa photo avec un noir envoûtant. Eh oui, Nelson Mandela a précédé Barak Obama… C’est dingue combien des négrillons peuvent fasciner l’Empereur.

Bref, au fil de l’émission on comprend combien Bongo est un résumé des relations incestueuse et de la mécanique du viol permanent de la France en Afrique: corruption des prétendues élites locales qui sont au contraire de ce qui est généralement admis, ceux de ses enfants les plus médiocres cooptés par les puissances pour la prédisposition de la médiocrité à la corruption et à la revanche. On notera surtout la mécanique de ce système. On retiendra que c’est un obscur syndicaliste, donc classé à gauche, donc humaniste, forcément, il était franc-maçon, qui a produit Bongo:

« C’est donc par l’entremise de Naudi que Bongo va faire ses classes en politique, dans la représentation locale de la Section Française de l’internationale Ouvrière (SFI0) de Guy Mollet. Héritière de Jean Jaurès et de Léon Blum, ce parti de gauche naîtra au Congrès de Tour en 1920, suite au refus par des cadres socialistes français d’adhérer aux vingt et une (21) conditions retenues autoritairement par les Révolutionnaires russes. »

Puisqu’on vous dit que la gauche humaniste aime les noirs à ce point qu’elle a élevé et engraissé tous les assassins qui ont commis les génocides en Afrique, ce que la droite réactionnaire, une fois au pouvoir et dans le sillage de De Gaulle, n’avait plus qu’à entretenir. Foccart y a veillé avec succès…

« Naudy, originaire de Fontainebleau, inspecteur des PT, jouera un rôle décisif dans la vie du futur président. II l’initie à la franc-maçonnerie et le fait entrer dans les jeunesses socialistes, et l’encadre à la poste, où Bongo a travaillé comme stagiaire au bureau du BCR sur les transmissions, du moins jusqu’au jour où il quittera la poste. Notamment à la suite d’une arrestation qu’il jugera arbitraire, dont le prétexte fallacieux est qu’il aurait divulgué des informations confidentielles, acte jugé inadmissible pour les agents se trouvant dans une situation statutaire et réglementaire, c’est-à-dire les agents permanents. »

Simple postier, Bongo avait injustement effectué un séjour au gnouf. Il avait été accusé d’avoir violé le secret professionnel.

« En fait, il s’agissait d’une dépêche transmise par un Général français, à la demande du Gouverneur des colonies, qui était adressée à tous les chefs de circonscriptions administratives, à la veille d’une élection. La dépêche indiquait à l’avance la liste des candidats ainsi que celle des élus, et on imagine, les thèmes de campagne et les résultats déjà estimés. »

Jamais on entendra l’ignare Calvi rendre compte de ce type de cuisine peu ragoûtante. Un télégraphiste Ahidjo sur lequel la puissance coloniale s’appuiera pour parachever un génocide au Cameroun en rectifiant plus de 200.000 camerounais; un porte-drapeau en Centrafrique qui se rendra célèbre pour ses frasques diamantaires; un autre postier reconverti dans le renseignement au profit de la puissance coloniale… Voila comment la France a confisqué le pouvoir en Afrique pour le léguer aux composantes les plus basses de ses populations.

« Bongo s’admet et travaille au deuxième bureau, celui du service de renseignement de l’Armée française. Il y restera trois (3) ans, au lieu de 18 mois, comme initialement prévu. Il travaillera respectivement à Brazzaville au Congo, à Bangui en Centrafrique et à Fort-Lamy (N'djamena) au Tchad. On relate un événement surprenant et prophétique pendant cette époque: Michel Debré, alors Premier Ministre du Général De Gaulle, se rendant à Tananarive pour prendre part à la réunion du Conseil Exécutif de la Communauté fait escale à Brazzaville: l’Empereur Bokassa qui était le porte-drapeau et le président Bongo qui lui, a présenté les armes. (N’ où il reçoit les honneurs militaires de deux soldats, qui vont tous deux devenir des chefs d’Etat » Source : « Omar Bongo Ondimba l'insoumis » Par Grégoire Biyogo.

Nous y reviendrons. Vous pouvez voir l’émission d’Yves Calvi sur France 5 .

« Figure emblématique de l’Afrique postcoloniale, Omar Bongo avait accédé à la présidence gabonaise en 1967, à l’âge de 27 ans, avec l’aval de la France. En plus de quarante années de pouvoir sans partage, il s’était imposé sur un pays-clé, gorgé de pétrole, du continent africain et s’était rendu indispensable auprès de tous les chefs d’Etat français de la Ve République. Fidèle ami de la France, il avait coutume de dire : "L’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur ; la France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant".

Champion du monde de la longévité au pouvoir, depuis le retrait de Fidel Castro, et pilier de la "Françafrique", sa mort pose aujourd’hui, en l’absence de dauphin désigné, la question de sa succession dans ce petit "émirat" du golf de Guinée et relance, en France, le débat des relations entre la classe politique hexagonale et le continent africain, et plus spécialement l’Afrique francophone.
» Lien France 5.

Commentaires

Just a friend from Africa
Entre les réseaux de bienséances et la raison économique, se trouve un territoire vide de sens.
Même le meilleur des partenariats peut toucher à sa fin, à sa faim, plus en temps de crise que de famine.
Depuis que l’anticolonialisme festif a laissé sa place à un mariage de convenance sans amour, la culpabilité d’usage a construit des repentances saisonnières.
La suite ici
http://tiny.cc/1S4nc

Écrit par : walkmindz | 10/06/2009

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