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05/06/2009

A propos de la complaisance pédophile

Polémique entre François Bayrou Daniel Cohn Bendit

Ca se passait chez Chabot, la journaliste qui découvre l’eau tiède à 37° depuis 30 ans… Quand est-ce qu’on dégage cette incompétente? Xavier Bertrand, s'est dit «écoeuré» jeudi soir par les propos de François Bayrou. Il a «dépassé les bornes» a-t-il ajouté. Hervé Morin qui comme son ex-pote du centre aime les chevaux, mais pour les faire courir et gagner du pognon, parle d’un «homme qui a perdu tous ses repères». Jean-Luc Mélenchon grincheux comme de coutume, mais on aime bien ses colères, vouait «au diable» Arlette Chabot, la thuriféraire de tous les pouvoirs, qui elle-même criait à Philippe De Villier: «on vous entend. Pas la peine de crier, vous êtes à la télévision», cependant que le Vicomte du Puy Du Fou, traitait Xavier Bertrand, le maçon insincère selon Francois Fillon, de «menteur» à propos de la Turquie. Ouf! C’est un débat de la classe politique française à propos de l’avenir de notre continent… Heureusement qu’on a pu arroser ce pathétique de vin rosé à la fin que Bruxelles veut couper à l’eau pour nous éviter la couperose. Besancenot a alors suggéré de «faire boire à tout le monde un petit verre, pour détendre l'atmosphère.», après cela les mauvaises langues traiteront le leader du NPA de facteur de trouble…

Résumé de la soirée: il faut, au moins, tuer Bayrou! Etrange cette polémique qui a buzzé au point d’effacer le drame de l’Airbus d’Air France échoué en mer atlantique et tempérer la venue du messie noir américain (Obama) chez Sarko qui joue des coudes contre la Souveraine britannique à très basse altitude, pour avoir sa photo seul avec son «ami Barack». Là le réactionnaire oublie volontiers que son pote est nègre, enfin au moins un peu, et s’appelle Hussein, un prénom de barbares. Oublié aussi que le même Ben Hussein prône l’intégration des vilains Ottomans dans le Saint Empire chrétien d’Occident. Oui mais que ne ferait pas l’Empereur pour une photo avec son «ami Barack»!


bayrou.jpgIl faut tuer François Bayrou!

Non, pour l’heure, il faut tuer Bayrou! C’est essentiel… Comme si une part du sort de la planète s’était joué hier. Ce matin c’était encore l’agenda impératif chez Bourdin réac’ de BFMTV. Cette émission fonctionne comme un institut de sondage sorti des urnes. Vous voulez un aperçu météorologique de la propagande Pravda? Une synthèse de la bêtise crasse des journalistes et des politiques tenus par les intérêts financiers branchés sur le bien public afin d’y faire gras pour eux et leurs engeances et jouir du monde comme un obsédé sexuel violerait une péripatéticienne? Ecoutez donc Bourdin réac’ le matin. Vous serez servis…

Haro sur Bayrou! Comme un mot d’ordre. D’instinct, la meute jappe et se presse, la galerie des charognards parés en prélats de la moraline tombe à bras raccourcis sur l’héritier d’Henry IV. Un festin anthropophagique: «c’est qui qui se charge de la béarnaise?»; «Arlette bien-sûr, elle sait faire monter la sauce» il faut ce qu’il faut lorsqu’on est macho…; la cuisson du Bayrou? «Pour moi se sera bleu»; «putride s’il vous plait pour moi, putride…» On est charognard, ou on ne l’est pas… Tous sans exception, des gens au-dessus de tout soupçon, ce qui leur donne le pouvoir de juger, d’excommunier de condamner. Ils sont le bien et ceux qui pensent différemment sont le mal. Ils nous gouvernent, en politique, dans les entreprises, dans le commerce, les églises, les mosquées, les synagogues, les associations... Tous avancent sous un drapeau démocratique et bienfaisant, des soi-disant humanistes, franc-maçons, rosicruciens, chrétiens, musulmans, juifs, volontaires… Bonimenteurs c’est certain. Obsédés de sexes juvéniles? Voyez en Italie. Profiteurs? Voyez en Angleterre. Tel est ce qui nous gouverne…

Peu importe, il faut tuer Bayrou! Mais est-ce encore nécessaire puisqu’il ne sera jamais Président à en croire Cohn Bendit? A la Feuille de Manioc on est perplexe devant l’ampleur médiatique donnée à cette passe d’arme «violente» selon l’aveu de Bayrou invité ce matin de «Boudin à réaction» sur BFM. Parce qu’à vrai dire on aime bien le Team d’Europe Ecologie qui s’est assis sur les nuances de sensibilité qui sépare ses figures pour offrir un large front: un peu alter, Bové ça a de la gueule, du vrai; un brin neuf, Eva, malgré les heures de vol de la justicière, c’est un joli coup de vertu, la probité y gagne; et le tout est quand même institutionnel avec le ferrailleur Dany Le Rouge qui a pris ses appartement au Parlement européen depuis des lustres.

On est perplexe car François Bayrou est aussi l’une des rares personnalités politique jouissant d’une considération certaine au sein de la Feuille de Manioc, non pour ses idées que nous ne partageons pas, c’est un Catho! Incorrigibles athées que nous sommes, nous souhaitons réduire ces illuminés à leurs églises… Il se trouve néanmoins que François pratique une foi discrète, «intime» comme il la dit lui-même, de celles que nous n’aimons pas froisser, que nous inclinons volontiers à respecter et que nous défendrions au nom de la liberté de pensée et de croire, y compris contre les basses blessures telles que celle que lui a infligé Cohn Bendit: «il a touché la vierge». C’est suffisamment bas pour deviner la partie de l’anatomie de la sainte à laquelle songeait Cohn Bendit.

C’est donc justice de dire que les coups sous les jupons ne viennent pas de François Bayrou qui est certes tout sauf un ange politique, mais auquel on concèdera qu’il hisse le débat politique au niveau de respectabilité auquel il a cessé d’appartenir en France avec sa pipolisation sarkozienne. Lui Bayrou a de la rigueur intellectuelle, c’en est un, même s’il ne s’en prévaut pas. Lui a une certaine rigueur morale et tant pis pour nous s’il la puise dans son catholicisme. Sur certains points elle rencontre les valeurs défendues par votre Feuille de Manioc. En plus, lui parle à l’oreille des chevaux et ne fait pas semblant comme Sarkozy lors de la campagne présidentielle de monter à cheval en dodelinant comme un cabri sur un baudet suivi par une noria de journalistes complaisants, le sourire niais figé par des pinces à linge aux oreilles. Et nous à la Feuille de Manioc on adore les chevaux… Que voulez-vous on a nous aussi nos défauts.

Il reste que  politique française mériterait quelques dizaines de François Bayrou plutôt que des sherpa prêt-à-ânonner la voix de son maître comme Xavier Bertrand, passé sans transition de la case de journaliste à celle d’apparatchik du politburo. Normal l’une est l’antichambre de l’autre. Devant le tollé et la prise de position à peine dissimulée de la classe politico médiatique en faveur de Cohn Bendit une question se pose. De quelle infamie cette polémique est-elle le tabou? Pour tenter d’y répondre, les manioqueurs doivent se faire leur propre opinion.

D’abord les faits. Sur le plateau de la révérencieuse Chabot, le Président du MoDem a accusé le candidat Vert d'avoir avec Nicolas Sarkozy «des relations amicales, sympathiques, formidables». Réponse de Cohn-Bendit «je trouve ça ignoble de ta part [...] Ce genre de jeu, devant les citoyens, eh bien mon pote, je te dis, jamais tu seras président de la République, parce que t'es trop minable». Réplique de Bayrou du Béarn: «je trouve ignoble, moi, d'avoir poussé et justifié des actes à l'égard des enfants que je ne peux pas accepter». Le leader du MoDem faisait allusion à la polémique suscitée en 2001 par les écrits de l'ex-leader de mai 1968 sur la sexualité des enfants. Le texte en question date de 1975 mais nous interroge:


«En 2001, une polémique a lieu a propos de son livre Le Grand Bazar (Belfond, 1975 (ISBN 2714430104)), où il racontait ses activités d’aide-éducateur au jardin d’enfants autogéré de Francfort. Il déclare à ce propos : «Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses ?" Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même». Et ailleurs: «J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi». Ces passages ont été interprétés par certains, 25 ans plus tard, comme un acte de pédophilie. Cohn-Bendit se défend, expliquant que le texte était une provocation, n’avait pas fait scandale à l’époque et qu’aucune plainte d’enfant ou de parent n’avait été déposée. «Prétendre que j’étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L’abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n’y a eu de ma part aucun acte de pédophilie.» Source Wikipedia dont la mise a jour n’a pas tardé puisque la polémique d’hier y figure.

De quelle infamie cette polémique est-elle le tabou?

C’est un texte provocateur selon l’auteur. Bayrou désapprouve et le texte et l’auteur non repenti selon lui. Restons-en là et relevons qu’au fond, c’est l’évocation de la pédophilie qui a suscité cette levée immédiate des boucliers de l’établissement. Et en ce point, le système trahit sa face abjecte, son parti pris. Peu importe Cohn Bendit, et Bayrou somme toute, la Feuille de Manioc relève que le système fait bloc et ne laissera pas dire cela. Violons en silence comme on vole en secret…

Or la pédophilie est plus qu’un fléau, c’est une catastrophe sociétale sous estimée par ceux qui font l’actualité. Récemment encore Franck Desmules, l’assistant de Carla Bruni, a fait état de sa mise en abîmes. Il a été régulièrement violé à partir de 11 ans, par son tuteur légal, Christian Hennion, ami très proche de sa mère et journaliste de Libération. Les affaires de pédophilie sont légion dans les milieux d’influence. Le tourisme sexuel, au Maroc, au Sénégal, au Cambodge en Thaïlande prospère au sein des milieux branchés. Ceux-là qui vitupèrent sur Bayrou.

A chaque fois il s’agit d’abus, par le viol ou l’argent, c’est la même Omertà. Là il s’agit de l’enfance et le bloc est simplement insupportable. Pourquoi est-ce François Bayrou qui se fait agresser par les média alors qu’il relève le fait? Que pensent donc les journalistes de leur ex-confrère Christian Hennion de Libé, ce torche-cul gauche caviar, on dit Bobo, qui fait la leçon à tout le monde? Le récit de Cohn-Bendit est troublant, même s’il ne s’agissait que d’une provocation. Car on est obligé d’admettre que la matière qu’il a précisément choisit pour déranger, est une matière trouble. Que l’effet qu’il présume est symbolique d’un fait et d’une mentalité générale qui tolère la pédophilie. Voilà ce que révèle selon nous, non la passe d’armes entre Bayrou et Cohn-Bendit, mais le tollé qu’elle a suscité trahissant le parti pris des violeurs. LDFM.

Commentaires

Votre analyse est aussi grinçante que juste. Merci de ne pas jouer dans la cour de la "médiocratie" et d'essayer de relever le niveau de manière réjouissante.

Écrit par : laurent | 07/06/2009

merci pour ce texte pas piqué des vers !
et merci de remettre les choses à leur place
il est très agréable de constater qu'il y a des gens qui ne se laissent pas tromper par les apparences et recherchent la justesse et la vérité.

Écrit par : Sébastien Faget | 08/06/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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