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31/05/2009

Avis de départ, Van Sertima a quitté les cons

0812968174.01.LZZZZZZZ.jpgLe départ d'un grand pour ailleurs

La Feuille de Manioc a appris le départ sous des cieux moins cléments en connerie d’Ivan Van Sertima. Levons une chope débauchée de Bacchus à sa dépouille retournée au cycle invincible de la vie. Et un gorgeon et un autre. Paix à toi Ô vieux sage éteint. Votre Feuille délire…

Vous ne savez pas qui était Van Sertima? Normal, son seul nom faisait caguer les civilisés. Ne cherchez pas, ce n’est ni un coéquipier de François Hollande dans le Onze de football des Pays-Bas, ni un outil à sertir l’or des esclaves. L’illustre inconnu était professeur d’anthropologie et de linguistique et travaillait sur des sujets Doliprane du genre à vous fiche mal aux cheveux.

Ivan Van Sertima est décédé le 25 mai 2009, jour de commémoration de l'African Liberation Day. La pertinence de ses travaux sur la présence de civilisations négro-africaines dans l’Amérique précolombienne explique l’embargo qui a entouré les contributions scientifiques de ce chercheur surinamien dont la marginalisation des contenus et le parcours rappellent singulièrement ceux de Cheik Anta Diop qu’à force de preuve irréfutables, le savoir académique s’oblige désormais à reconnaître. C’est physique, un cactus dans le baba n’est commode pour personne et on comprend aisément que celui qui tient le trône ait quelque difficulté à s’asseoir sur un tel règne.

Le règne du savoir comme enjeu

C’est que l’enjeu est tout de même de maintenir que les noirs n’ont en aucune manière contribué à la formation des savoirs qui fondent notre expérience, ce qui obligerait à leur reconnaître une humanité antérieure à notre œuvre de civilisation, depuis cet endroit de Dakar où l’on ne naît pas par hasard, ce qui nous obligerait aussi à enfouir sous le boisseau des préjugés un peu bizarres.

Or ne vous en déplaise, nous y tenons pour nos petits arrangements quotidiens. Ils nous permettent de classer les hommes entre noirs et blancs et de couvrir ces extrêmes de milles nuances d’aquarelles, pour les désirer comme métis, non les sages de la mesure grecque, la mens, mais la jeune métisse aux belles courbes en perpétuel devenir, celle dont on jouit de parcourir le corps. C’est à cette hauteur-là que se situe notre tolérance…

C’est pour cela que vous n’aviez pas entendu parler Ivan Van Sertima. On préfèrera les statistiques ethniques du Cran et de Yazid Sabeg pour couvrir l’histoire du Monde, notre histoire à tous. Le temps est proche où les travaux de Van Sertima feront consensus. Il n’est pas seul, loin de là, à tenir ces thèses qui s’appuient sur des preuves archéologiques.

resize.php?ref=9782296050051&type=1&w=250&h=250&r=0.4&s=0.6«Christophe Colomb ne fut pas le premier à fouler les terres d'Amérique, comme ses ardents zélotes tendent à le démontrer. Vers 701 sous le règne du pharaon nègre Taharka, au XIIIème siècle sous le règne de l'empereur Abubakar du Mali, entre 1462 et 1492 sous l'empire Songhaï, des expéditions vers le Nouveau Monde eurent lieu. Léo Wiener, linguiste germano-américain, note l'influence africaine sur certaines langues américaines et sud-américaines de la période précolombienne. Des têtes de type négroïde trouvées en territoires Olmèques, en Amérique centrale, au Mexique, datant de 800 à 700 avant Jésus-Christ, amenèrent la Société d'archéologie américaine réunie en mai 1968 à Santa Fé à conclure : «Il ne fait aucun doute aujourd'hui que le Nouveau Monde reçut des visiteurs venant de l'Ancien Monde dès avant 1492, et même durant la Préhistoire.» Que l'on ne s'étonne donc pas que les paradoxes de la découverte soient un tel heureux jaillissement de langage.» Paradoxes de la Découverte ou Colomb Revue et Corrigé de Willy Alante Lima, paru le 23 janvier 2008, chez L'Harmattan


Quant à Ivan Van Sertima, avec un nom pareil il devait être au moins bâtard, la plus belle race canine, la plus intelligente aussi, il aura rendu un peu de sa conscience à une humanité qui demeurera hémiplégique tant qu’elle pensera à s’aliéner l’Afrique qui fut de sa naissance et de sa nourrice en toutes choses, en humanités comme en sciences. Ses textes suscitent la polémique? C’est signe tangible qu’ils ne laissent plus indifférent. Quel est cet homme qui fait œuvre d’injurier sa mère? C’est un fou! Ce que nous sommes… LFDM

«Van Sertima a commencé ses travaux en 1970 après avoir vérifié l’existence d’influences africaines dans le langage de plusieurs peuples précolombiens d’Amérique centrale et du Sud. Après avoir analysé ces ressemblances et étudié en parallèle une série de sites archéologiques isolés, il est arrivé à la même conclusion que celle qui rassemble le noyau des chercheurs hétérodoxes, toujours en expansion : des voyageurs et des explorateurs noirs venus d’Afrique ont découvert l’Amérique. Leurs voyages étaient soit spontanés, soit planifiés, et ces derniers avaient pour but de développer le commerce de l’argent et du bronze avec les autochtones américains. Les traces de cette présence noire sont particulièrement abondantes au Mexique. Pour Van Sertima, outre les caractéristiques raciales des nombreuses représentations noires trouvées là-bas, les tatouages et les coiffures sont aussi africaines, cela ne fait aucun doute. Clifford Evans soutient de son côté qu’il y a eu une migration de populations noires qui auraient navigué «depuis les côtes de Guinée jusqu’à l’île de Maranon » ; qu’après avoir débarqué en Amérique, elles auraient traversé le Yucatan et auraient pénétré plus tard jusqu’aux côtes du Pacifique. Cette émigration se serait achevée dans la région de Guerrero vers l’an 1000 av. J.-C. Certains objets de poterie antique de cette région du Mexique représentent en effet des êtres humains d’aspect négroïde. Il existe un autre chercheur académique reconnaissant la présence de Noirs africains chez les Olmèques : Leo Wiener, professeur de langues slaves à l’Université de Harvard. Pour ce faire, il se base sur les traits faciaux et sur d’autres critères mais surtout sur une analyse linguistique. Dans son étude sur le Mexique ancien, l’historien Frederick Paterson souligne également «le fort substrat négroïde mélangé aux Olmèques».

«Il faut aussi rappeler les résultats d’une étude étonnante réalisée par Clyde Ahmad-Winters de Chicago : il aurait vraisemblablement réussi à déchiffrer les inscriptions gravées sur deux « haches » de jade trouvées dans l’Offrande n°4 de La Venta (Mexique), le même site archéologique qui a livré des têtes noires colossales de facture olmèque. Winters soutient que ces inscriptions ont été rédigées en langue mandinga, en usage dans l’ancienne Nubie. Voilà sa traduction : «Il fut loyal à son Dieu, un homme vertueux. Le sanctuaire où il repose est un endroit pour les hommes vertueux », et «essoufflé, invalide, le saint Pe mourut, il est enterré sous le foyer familial. C’est dans le tombeau hémisphérique que repose le grand Ka qui l’occupe pour la postérité. C’est donc ici que se trouve le foyer familial. Ton héritage est fixé à ce sol où repose le Grand» Source
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