Avertir le modérateur

15/05/2009

La France condamne l’arrestation d’Aung San Suu Kyi

Kouchner.gifComment se moquer des benêts ?

En France nous brillons par notre mémoire. Aussi courte que l’immédiateté de nos intérêts. Au-delà de notre égoïsme et de notre égotisme point de tracas qui vaille. Par contre c’est volontiers que nous aimons à nous draper de vertus à rendre pistache le vert de la Feuille de Manioc. L’humanisme de nos francs-maçons concupiscents, vous avez le loisir d’articuler con-cu-piscents, ça le fait aussi est de ces escroqueries-là.

Notre diplomatie qui officie pour le rayonnement de notre Gaule afin de démultiplier son érection à 100 fois la hauteur de la Tour Eiffel, vient d’admonester la Birmanie. La Gaule n’aurait que moyennement toléré «l’arrestation d’Aung San Suu Kyi et son transfert à la prison d’Insein». La Ramatoulaye et le French Doctor ont donc pondu un communiqué. Un petit coup d’indignation, et voila comment on enfile le benêt qui volontiers sommeille.

Au fait c’est où et c’est quoi la Birmanie? Commence à prendre les bonnes manies et tape «Birmanie» sur Google… Les vacances n’y sont pas chères, les birmanes sont belles, et les mecs, surtout ceux au pouvoir, y sont virils. La Birmanie? Une contrée perdue en Asie tenue par une junte de poètes, et où naguère, pour nos mémoires courtes, Total fut accusée d’avoir pratiqué le travail forcé lors de la construction d’un pipeline censé sucer le gaz. Du point de vue des nôtres à la Feuille de Manioc, tous hétérosexuels pratiquants, se faire tailler une pipe pour du gaz présenterait quelque difficulté anatomique. Mais bon, l’option était certainement Totale.


Remarquez, si ça sent le gaz, qu’il y a un trou et que ça poque totalement, il y a fatalement un avocat. Ces oiseaux ne sont pas habillés en charognards pour rien, leur parure est une sorte de présage. Ainsi apprenait-on à l’abord d’un «rapport» de Kouchner, encore lui!, que «Maîtres Daniel Soulez-Larivière et Jean Veil ont confié à BK Conseil une mission d'enquête en Myanmar (Birmanie) auprès de la société Total chargée de la construction, de la surveillance et de l'exploitation d'un gazoduc reliant le gisement sous marin de Yadana, en mer d'Andaman, à la frontière thaïlandaise, enquête pouvant déboucher, le cas échéant, sur des propositions.» Eh oui, c’était l’introduction d’une commission du French Doctor. Une collaboration qui défraya la chronique en 2003 dans le landerneau germanopratin et que plusieurs ont oubliée au moment de la polémique sur la très lucrative mission de conseil du même ex-MSF au pays de Bongo. L’humanitariste aurait fait de rapport une spécialité. Tout est dans ce qu’on considère sous le terme «rapport».

Si Kouchner peut condamner la junte birmane aujourd’hui c’est que nous avons oublié. En somme, c’est facile d’enfiler un benêt. Il suffit de chasser un scandale par une profession de foi de vertu. Ca suffit à son égoïsme. Alors pour vous, la Feuille de Manioc expose le communiqué du «Quai» puisque, le doigt de l’homme étant en jeu, la Gaule a envoyé l’artillerie lourde: notre héros national le French Doctor flanqué de la Ramatoulaye Yadé qui, depuis qu’elle a boudé les élections et que le Château lui fait le boudin, pourra enfin faire autre chose que d’offrir des chocolats à son chef. Vous pourrez ensuite lire des extraits d’une revue de revue de presse faite par un fondu de l’investigation. Pour la version intégrale les plus accrocs pourront poursuivre sur son site. LFDM

La France condamne l’arrestation d’Aung San Suu Kyi et son transfert à la prison d’Insein (14 mai 2009)
Déclaration de Bernard Kouchner et de Rama Yade

La France condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation d’Aung San Suu Kyi et son transfert à la prison d’Insein.

Cette décision est d’autant plus inacceptable que l’état de santé du Prix Nobel de la Paix s’est dégradé depuis plusieurs jours. Nous rappelons également notre condamnation de l’arrestation de son médecin la semaine dernière.

La France tient les autorités birmanes responsables des conditions de détention d’Aung San Suu Kyi et de toute nouvelle dégradation de son état de santé. Sa libération revêt plus que jamais un caractère d’urgence.

La France condamne à nouveau les atteintes répétées des autorités birmanes aux droits de l’Homme. Elle appelle le gouvernement birman à libérer sans condition Aung San Suu Kyi et les dirigeants de l’opposition birmane, pour entamer avec eux un nécessaire dialogue, seule façon de conférer aux élections prévues en 2010 une légitimité et une crédibilité dont elles sont, dans les circonstances actuelles, totalement dépourvues.

Nous souhaitons aborder dès lundi avec nos partenaires de l’Union européenne au Conseil affaires générales et relations extérieures la situation politique et des droits de l’Homme en Birmanie. Source Quai d'Orsay


Lu sur Investigateur.info

«L’ancien ministre de la Santé vient d’écrire un rapport pour Total qui lui a été payé 25 000 euros. Ce rapport dédouane totalement la multinationale Total de toute responsabilité en Birmanie. Total a fait l’objet de plusieurs plaintes pour violation des droits de l’homme dans ce pays soumis à l’une des dictatures les plus sanglantes de la planète contre laquelle la prix Nobel de la paix Augn San Susi Kyi a demandé un boycott. Récit d’un naufrage intellectuel.[...] Que Bernard Kouchner se vende pour 25 000 euros officiels est son problème. Toute vieillesse est un naufrage et plus encore celle des starlettes de la politique.[...] Mais qu’avec ce style onctueux qui prétend défendre les droits de l’homme il devienne le tremplin d’une opération de vulgaire marketing est tout simplement une honte.[…] Total se paye un lifting et fait appel au médecin qui est censé incarner la justice dans le monde : Bernard Kouchner. Des précédents ont eu lieu mais moins hurlants : Claude Allègre défendant l’industrie de l’amiante, Georges Charpack insultant les anti-nucléaires Mais au moins ces deux hommes avaient l’excuse de défendre leur gamelle : l’Institut de la physique du globe d’Allègre était en grande partie financer par Eternit, le géant de l’amiante et il occupait le poste prestigieux de président du conseil d'administration du Bureau de Recherches géologiques et minières. [...] L’argent n’a pas d’odeur et encore moins de morale. Lorsqu’il s’en vêt c’est qu’il y a été obligé. En se faisant le complice d’une telle logique, Kouchner rejoint, toutes proportions gardées, le camp de ces médecins de la Croix Rouge qui, durant la seconde guerre mondiale, visitèrent les camps de concentration ne voulant bien voir que ce qu’ils voulaient voir. Croyant que les quelques comprimés d’aspirine valaient tous les compromis du monde, ils se firent les complices objectifs d’horreur. Afin que nos lecteurs se fassent une idée de cette catastrophe humanitaire voici le dossier Total Birmanie.

L’article du Canard enchaîné

Kouchner dénonce une injustice Total .... [...] L'ancien secrétaire d'État à l'Action humanitaire a passé quatre jours, fin mars 2003, dans cette zone contrôlée par les militaires birmans. Accompagné par les cadres de la boîte, Kouchner a notamment visité des dispensaires financés par Total pour améliorer le quotidien des autochtones. Conclusion du rapport de BK Conseil (BK pour Bernard Kouchner) «Des résultats médicaux très significatifs un vrai succès.» Un « trop grand succès», même, qui mérite un avertissement : « Prenez garde, ceux qui triomphent peuvent devenir des cibles.» [...] Joint par « Le Canard », l'ancien ministre maintient les termes de son rapport, tout en reconnaissant qu'il avait d'abord eu des doutes. Cela dit, si Total veut «changer [son] image», Kouchner suggère, à la fin de son rapport, que ses cadres «visitent plus souvent» Aung San Suu Kyi -Prix Nobel de la paix et opposante au régime militaire- dans sa prison. Et que, «par une démarche, d'abord discrète, et plus tard éventuellement publique, le groupe exige sa remise en liberté». Ce sont bien là les conclusions et conseils d'un rapport objectif, rédigé par un homme de terrain payé environ 25 000 euros par Total. Pas cher, cependant, pour un travail auquel personne ne l'avait forcé…
Laurione Gaud

Auteur d'un rapport payé par Total, l'ancien ministre blanchit le géant pétrolier.

Kouchner fait écran Total sur le travail forcé en Birmanie. Par Philippe GRANGEREAU, mercredi 10 décembre 2003

«Ce programme socio-économique est la meilleure publicité pour Total. Une sorte de bureau en ville, un show-room...» Bernard Kouchner. Total, qui depuis août 2002, fait l'objet en France d'une plainte pour travail forcé en Birmanie, a appelé Bernard Kouchner, l'ex-ministre de la Santé du gouvernement socialiste et «French Doctor» fondateur de MSF, à la rescousse. En mars, le géant pétrolier a commandé un rapport à sa société, BK Conseil. «...Médecin humanitaire spécialiste des problèmes de santé publique et des situations d'urgence», écrit Total sur son site internet (http://birmanie.total.com/) où figure en bonne place ce rapport de 19 pages, «homme politique engagé connaissant personnellement Mme Aung San Suu Kyi (l'opposante birmane, prix Nobel de la paix en résidence surveillée, ndlr), Bernard Kouchner avait toute l'expérience requise pour être un observateur critique et impartial de l'action de Total en Birmanie».[...] Sur l'essentiel, c'est-à-dire le travail forcé des populations locales dont Total est accusé d'avoir profité vers 1995, Kouchner reprend l'argumentaire bien rodé du pétrolier : «Le chantier a employé 2 500 personnes (...). Toutes bénéficièrent d'un contrat écrit, de salaires réguliers, d'une protection sociale et de normes reconnues.» Des travaux forcés ? Il ne s'agissait que d'une confusion avec le chantier voisin d'une voie ferrée où «il est probable que des travaux forcés aient malmené les populations». «N'oublions pas, ajoute Kouchner pour ponctuer son paragraphe, que pour détestable qu'il soit, le recours au travail forcé est une coutume ancienne, qui fut même légalisée par les Anglais en 1907.» [...]
Dans son rapport, payé selon lui 25 000 euros par Total, Kouchner se prononce pour l'engagement constructif avec la dictature : «Fallait-il répondre aux appels d'offre et installer ce gazoduc en Birmanie ? Je le crois.» Et de conclure : «L'époque n'est plus à l'embargo et au boycott.» Position en totale contradiction avec ses convictions d'antan. Dans la préface de Dossier noir Birmanie (Ed. Dagorno, 1994), où il qualifiait la junte de «narcodictature», il reprenait à son compte l'idée selon laquelle «il faut imposer à la junte birmane des sanctions économiques». Ajoutant que de telles sanctions «heurtent bien souvent l'intérêt des Etats, dont la France qui, comme beaucoup d'autres, commerce avec les généraux via ses industries pétrolières». Pour justifier son revirement, Kouchner explique qu'à l'époque : «Je n'avais pas fait d'enquête. Mais un certain nombre de prix Nobel, dont mon ami Elie Wiesel, prétendaient l'avoir menée pour moi.»


L’article du Nouvel Obs; Payé par Total, Kouchner blanchit Total en Birmanie

Le fondateur de Médecins sans frontières a touché 25.000 euros pour rendre un rapport sur le travail forcé en Birmanie, qui conclut que celui-ci n'a pas jamais été utilisé par la compagnie.[...] Le groupe pétrolier Total a payé 25.000 euros en mars dernier Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste et fondateur de Médecins sans frontières, pour qu'il rende un rapport sur le travail forcé en Birmanie. Un rapport qui conclut… à l'absence de travail forcé sous l'égide de Total. Pour rédiger son rapport, publié sur le site internet de Total, Bernard Kouchner s'est donc rendu pendant quelques jours en Birmanie. Il y a visité le site du gazoduc de Total, ainsi que les sept villages modèles installés par Total dans cette zone. Pour n'en dire que du bien. "Ce programme socio-économique, écrit Bernard Kouchner dans son rapport de 19 pages, est la meilleure publicité pour Total. Une sorte de bureau en ville, un show-room".[...] Interrogé, par le quotidien, Bernard Kouchner s'explique : "Les Birmans que j'ai vu sont absolument heureux de la présence de Total, trop à mon avis par rapport au reste de la population. Personne ne connaît les 'victimes de Total' à ma connaissance".

Le rapport de Bernard Kouchner

Relation d'un voyage et de la découverte d’une industrie muette. (Après l’arrestation de Aung San Suu Kyi) 29 septembre 2003 BK CONSEIL

Pourquoi ce rapport?

Maîtres Daniel Soulez-Larivière et Jean Veil ont confié à BK Conseil une mission d'enquête en Myanmar (Birmanie) auprès de la société Total chargée de la construction, de la surveillance et de l'exploitation d'un gazoduc reliant le gisement sous marin de Yadana, en mer d'Andaman, à la frontière thaïlandaise, enquête pouvant déboucher, le cas échéant, sur des propositions. Notre expérience élémentaire du pays et notre connaissance réelle de l'envers du décor; populations et camps de réfugiés Karen, Shan et Kachin, souvent de religions différentes du Bouddhisme majoritaire, établis de l'autre coté de la frontière Thaïlandaise, nous ont facilité la tâche. […]  Certaines dictatures ne méritent peut-être pas complètement l'aura négative qui les entoure, alors que d'autres, plus meurtrières, passent plus facilement inaperçues. Deux poids, deux mesures: c'est en la matière une règle difficile à accepter. L'intensité des indignations internationales, les protestations contre des oppressions réelles et diverses, l'échelle d'impopularité d'un gouvernement n'obéissent à aucun critère stable et raisonné. [...] Pourquoi les militants s'acharnent-ils plus facilement contre le Myanmar que contre la Chine qui pratique à grande échelle le travail des enfants? Par facilité. Les Généraux birmans apparaissent plus dérisoires que les autres, et leur capacité de communication est inexistante. La tâche est donc plus aisée, la pression entraîne peu de risques... S'en prendre à la Chine au Tibet, par exemple, au Parti Communiste résiduel au Viêt-Nam et même à l'odieux régime de Corée du Nord comporte plus d'aléas. De plus, l'opposition birmane occupe une place morale énorme. Affronter l'opinion de la belle, très courageuse, très digne et charismatique Aung San Suu Kyi, serait une rude tâche. Un groupe fait donc plus que les autres les frais des dénonciations et des attaques, qui mêlent de très bonnes raisons aux allégations les plus fantaisistes: TotalFinaElf, redevenu Total.[...]

Fallait-il s'installer au Myanmar?

« Qui peut-on aider, qui doit-on punir? L'embargo n'est-il pas nocif aux plus pauvres, ne conforte-t-il pas les puissants? » Ce débat demeure présent dans toutes les organisations humanitaires, celles qui s'occupent de l'urgence l'ont tranché: il faut se trouver, en permanence, du coté des victimes. [...] J'ai été un de ces acteurs prêts à risquer leur vie pour que l'aide parvienne aux populations nécessiteuses. Mais j'ai également admis que, parfois, mieux valait se laisser détrousser de la moitié de ses biens par les bourreaux pour que le reste parvienne aux affamés; ce qui est fréquent et que les belles âmes dénoncent d'autant plus facilement qu'elles se trouvent éloignées des dangers. [...] Fallait-il répondre aux appels d'offre et installer ce gazoduc en Birmanie? Je le crois. Sinon on fait un autre métier. Je connais mal le problème du gaz naturel et de son exploitation mais j'ai quelques notions de santé publique.[...] J'ai moi-même, aux côtés du Dalaï-lama et Mgr Desmond Tutu, préfacé un livre intitulé "Le dossier noir de la Birmanie"(7). Je n'avais pas fait d'enquête, mais un certain nombre de Prix Nobel, dont mon ami Elie Wiesel, prétendaient l'avoir menée pour moi. Il s'agissait d'une évidence! Et les résultats ne pouvaient faire de doute: des massacres répétés avaient été commis, la torture employée fréquemment, des disparitions et des exécutions avaient rythmé pendant de longues années la pratique quotidienne du SLROC, la Junte dirigeante birmane. [...] C'est, nous semble-t-il, une erreur. [...]

Ce que j'ai vu. Ce que je crois avoir compris.

[...] J'ai retiré de cette découverte des impressions contradictoires. Le contraste est immense entre le niveau moyen de soins et de santé dans le pays et les très bons résultats sanitaires des villages du corridor. Avant même les conseils de l'enquête CDA, Total a ajouté plusieurs villages à sa liste primitive, ce qui porte à 23 le nombre des agglomérations dont le groupe s'occupe. Il ne faut pas en rester là. Et sans doute, s'étendre ailleurs, au nord du pays en particulier. Au cours de la présentation et des discussions, tant à Rangoon que sur le site, les résultats de santé présentés apparaissent très spectaculaires, soulignés par des courbes démonstratives qu'il est bien inutile de reproduire ou de nuancer ici. La baisse de la mortalité des maladies contagieuses est particulièrement démonstrative. [...]

Les conclusions que j'en tire

Il faut ouvrir la fenêtre. Total respire un air trop confiné. Il faut changer de comportement, ouvrir les yeux au spectacle d'un monde qui change et les narines aux effluves de l'air du large. Il convient surtout d'ouvrir son esprit. Et cela s'appelle, qu'on le veuille ou non, une vision politique du monde. Le mot « politique » ne salit pas tout ce qu'il touche et même si on le croit, efforçons-nous de prouver le contraire. Ou bien trouvons un autre mot : une approche humaine suffirait. Le pétrole, le gaz constituent une matière infiniment politique et non pas seulement des ressources énergétiques. Les compagnies pétrolières ne trempent-elles pas en permanence dans le chaudron de la politique? Comment prétendre le contraire? Source.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu