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07/05/2009

Putain 2 ans! Happy Birthday suite...

1191189905.2.jpgEt une lampée! Une autre!

On n’en a pas fini avec l’éphéméride du Château. Vous en avez voulu, vous allez en bouffer… Le blog phosphorescent, «24 heures Philo» coordonné par François Noudelmann et Eric Aeschimann a une ambition, rapporter les « regards de philosophes français et étrangers sur l'actualité». Repéré de ce côté-là un texte que nous recommandons à votre lecture, «Sarkozy et la Princesse de Clèves: (2) le salon national». C’est propre, bonnard. A lire absolument, juste après le visionnage du Happy Birthday de Stéphane Guillon.

Sarkozy et la Princesse de Clèves: (2) le salon national Extrait

«Pour quelle raison Sarkozy s’en prend-il ce jour-là à la Princesse de Clèves? Sans doute et d’abord parce qu’elle lui est venue à l’esprit: l’adolescent suit ses caprices et ses idées; son instinct lui sert de viatique. La Princesse est un marqueur comme un autre –chronologiquement, le premier d’entre eux– d’une France des humanités et de l’analyse suspensive qu’en surhomme d’action il rejette.

Les Mythologies de Roland Barthes signalaient, voilà plus d’un demi-siècle, le mécanisme à la base (et au sommet) de cette haine de la culture réfléchie: la tautologie. Barthes réfléchissait sur cette phrase petite-bourgeoise: «Racine, c’est Racine.» Sous-entendu  seuls les coupeurs de cheveux en quatre ont quelque chose de plus à en dire que ça. Le patrimoine ne se pense pas; l’intériorité, voilà l’ennemie: on a vu qu’elle déterminait une qualité révolutionnaire de la Princesse de Clèves. La bêtise est un court-circuit. Elle n’est pas le fort de l’auteur.

Cinquante ans après les Mythologies, les descendants des poujadistes d’antan continuent avec bonheur de les justifier. On les trouve partout, dans toutes les classes sociales et dans tous les âges. Ils ont inventé, pour dénoncer la même chose que Poujade, ce mot  «intello». Mais Sarkozy ne leur dit plus: «Racine, c’est Racine.» Il dit: «Quel est l’imbécile qui a mis Racine au programme d’un concours ?» S’il haïssait l’idée de ses commentaires, le petit-bourgeois des années cinquante était au moins tenu en respect par l’idée de Racine: il est toujours bon que les idiots apprennent à se tenir à carreaux face aux œuvres qui les dépassent. Désormais, comme en classe de ZEP avec un un mauvais prof, Racine lui-même est rejeté. Le ministre refait avec la Princesse le coup de la «racaille». Il se comporte comme les adolescents qu’il dénonce (et dont il n’espère rien d’autre, en toute «sincérité», que misère, business et vulgarité): ce n’est plus le degré zéro de l’écriture dont parlait Barthes, mais celui de la citoyenneté.
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