Avertir le modérateur

11/04/2009

Hees «L'avenir... ça va prendre du temps»

photo_0302_459_306_28232.jpgEt la Feuille de Manioc répond: "le temps qui dure est long..."

En tout cas, vu avec autant de profondeur, il n'est pas prêt de finir... L’arrivée du commis de Sarkozy à la tête de Radio France a donné lieu à des titres de dix lieues: «Qui Hees ? » ; «Hees bien raisonnable?» A la Feuille de Manioc on pense qu’en l’espèce «les jeux de mollets pour jambettes» sont trop faciles pour s’y perdre. La chose est grave. Hees oukazé à la tête de Radio France par l’Empereur, et Val dans ses talons à la tête de France Inter. Caroline Fourest et toute la clique vont avoir leurs entrées dans la maison ronde qui ne leur était déjà pas fermée. Un certain réseau s’installe durablement à la tête du pays et les journalistes font mine de n’y voir qu’une simple opération de débauchage à gauche rondement menée par Sarkozy. Cet intérêt politique d’apparence masque l’emprise grandissante d’un pôle d’influence qui ne dit pas son nom et transcende le clivage gauche droite.

On pourrait être choqué, on devrait être choqué par la scène de la nomination par le Château du nouveau patron de Radio France. Une décision digne d’un épisode du Praesidium du Soviet Suprême sous Leonid Bréjnev. Comme le Nouvel Obs qui n’opère aucune distance critique par rapport au sujet qu’il ne traite pas mais rapporte tel un porte parole, la plupart des media-Pravda semblent tétanisés, comme encore sonnés par leur prostitution incestueuse avec ce pouvoir qu’ils ont porté aux nues sur fond de médiocrité, la leur. En effet toute critique de ce pouvoir serait d’abord et logiquement une autoanalyse de leur propre exercice, affligeant… Même dans une de ces contrées exotiques que nous aimons à tenir pour bananières, la presse aurait hurlé. Vainement certes, mais tout de même hurlé. Même chez Bongo la presse hurle. A Paris elle entérine le fait du prince et fait les nœuds des paquets cadeaux présidentiels, destinés soit disant à déstabiliser la gauche.

L’eau est tiède à 37°

Réaction du PS à la nomination de Hees à Radio France «Il y a un côté un peu surréaliste dans tout ça. Pour une raison ou pour une autre, Nicolas Sarkozy ne voulait plus de Jean-Paul Cluzel (l'actuel président de Radio France ndlr). M. Hees est sans doute quelqu'un de tout à fait estimable mais on n'a pas compris lors de son audition devant le CSA qu'il avait un projet alternatif», a ajouté M. Mathus. Source. La tiédeur est confondante. Il se passe quelque chose en France comme si le délétère jusqu’ici pas assez insupportable pour que chaque égoïsme s’en émeuve se transformait peu à peu en un tout mortifère : policiers violents, rien de nouveau ; avocats véreux, ils sont légions à êtres francs-maçons et à arnaquer leur clients sous l’œil complaisant des barreaux. C’est une bonne milice à faible coût pour le pouvoir; chefs d’entreprise faillitaires; journalistes de révérence… Bref, la gangrène de la concussion semble atteindre une grande partie des corps intermédiaires. L’éthique même de façade tient souvent lieu de pouls d’une société contenue sinon tenue. La nôtre ne semble plus s’émouvoir de ne plus faire semblant d’en avoir. Pourvu que ce ne soit pas le signe avant-coureur d’une situation insurrectionnelle. En tous cas indémontable, Stéphane Guillon pour qui sonne peut-être le glas en a remis une couche sans faire dans son froc, alors même que Henri Guaino, l’auteur du discours de Dakar corrigé par Ségolène Royal était invité de France Inter. Visionnez sa chronique avant notre petite revue de presse. LFDM


Nouvelobs.com 08.04.2009, Philippe Val choisi par l'Elysée pour diriger l'antenne de France Inter

«Nicolas Sarkozy a choisi le patron de Charlie Hebdo pour diriger l'antenne de France Inter. Sa nomination pourrait avoir lieu après l'arrivée de Jean-Luc Hees à la tête de Radio France. «Ca m’intéresse, oui, mais ce n’est pas d’actualité!», affirme Philippe Val.»
«La politique d’ouverture destinée à déstabiliser la gauche se poursuit: Nicolas Sarkozy a nommé Jean-Luc Hees à la tête de Radio France -ce n’est plus une surprise, c’est même officiel- mais il a également choisi celui qui dirigera bientôt l’antenne de France Inter. Ce sera Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo et éditorialiste le vendredi matin sur l’antenne de France Inter. Le choix ne manque pas d’une certaine logique: Hees et Val sont de vieux amis et Philippe Val est aussi un ami de Carla Bruni… Dans ce qu’il faut appeler l’ «affaire Charlie», Philippe Val a aussi été un défenseur, de facto, du fils et de la belle-fille du président de la République. Voila qui peut donc expliquer le choix de Val par l’Elysée, mais qui ne suffit peut être pas à rassurer au sein de l’UMP, déjà fort énervé par les différentes nominations de gauche faites par le président… [...] Comment Val va-t-il maintenant gérer le cas Guillon, qui déplait tant à l’hôte de l’Elysée ? C’est une autre histoire qui commence.» Source.

Deux sources se distinguent cependant, Télérama et Arrêt sur image dont la critique en règle de Daniel Schneideman honore le journalisme


Télérama Radio - Quelle surprise! Le CSA a adoubé ce matin Jean-Luc Hees, le candidat présenté par Nicolas Sarkozy pour remplacer Jean-Paul Cluzel à la tête de Radio France. Un «choix» dicté d'avance: Hees était le seul candidat. Entendu hier après-midi par les sages du CSA, il n'avait pourtant pas été très convaincant. Retour sur quelques phrases clés.
Le mot du début: «co-décision!»
Sûrement fâché que la presse ait annoncé que le président de la République himself a choisi le candidat Hees, Michel Boyon, le président du CSA, met d’emblée les points sur les i : «Il s’agit d’une co-décision avec l’exécutif - [le nouveau surnom de Nicolas Sarkozy - ndlr]. A la suite de cette audience, nous donnons un avis favorable ou non. Le candidat passe ensuite devant la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat. C’est le processus.» [...]
L'impertinence !
A propos de Stéphane Guillon qui aurait, par ses chroniques trop subversives au goût du président de la République, provoqué le départ de Jean-Paul Cluzel, Jean-Luc Hees se contente de dire que c’est lui qui l’a fait venir sur France Inter. «Il me fait rire un jour sur deux (…). Quand à l’impertinence, je ne l’accepte que s’il n’y a ni diffamation ni insulte. [Tiens tiens, ce sont exactement les mots de Nicolas Sarkozy commentant, en d’autres circonstances, ces fameuses chroniques !]. D’ailleurs, je ne suis pas sûr que les auditeurs cherchent de l’impertinence...» Ah bon? On est ravis de l'apprendre. [...]
Et l'avenir, le numérique, la radio sur Internet?
Ses déclarations sur le numérique font frémir dans l'assemblée, et au-delà : «L'avenir... ça va prendre du temps. Vous savez, les Anglais ont adopté le numérique depuis 15 ans, et ils n’y font que 15 % de leur audience. Je crois plus volontiers à la complémentarité de la radio avec Internet.» Pas très visionnaire, tout ça...» Source.

Arrêt Sur Image 09.04.2009

«Deux scènes de violence, ces derniers jours. Des loubards s'en prennent à un jeune homme sans défense dans un bus de nuit. Un apparatchik arrogant fait semblant de passer une audition devant une commission croupion, dans une république bananière. Dans les deux cas, des caméras sont là. Dans le bus, des caméras de surveillance. Et devant l'apparatchik, les caméras que la commission-croupion a disposées comme seul refuge de sa dignité, seule arme de sa vengeance, pour que son humiliation soit publique. Les loubards du bus le savent-ils ? L'apparatchik s'en souvient-il ? Les uns sont filmés de loin. L'autre offre au gros plan chacune de ses rides et de ses cicatrices. Sur le site, nous vous montrons des extraits des deux scènes. Les deux séquences sont explosives. Toutes deux nous font violence. Toutes deux disent la primauté brutale, animale, du rapport de forces.» Par Daniel Schneidermann @si.

Arrêt Sur Image 08.04.2009

«Le jour où Sarkozy a secrètement reçu Hees Le Nouvel Obs détaille les coulisses des nominations à Radio France. Le titre ne laisse aucune place à l'ambiguïté. L'article du Nouvel Observateur qui raconte les coulisses de la nomination par Nicolas Sarkozy de Jean-Luc Hees et de Philippe Val à la direction de Radio France et France Inter s'intitule «Les hommes du président». Il offre une chronologie détaillée de ce «choix ultrapolitique qui vise à désarçonner la gauche jusque dans son «saint des saints» : France Inter». Signé par Ariane Chemin, Véronique Groussard et Claude Soula, l'article revient sur les tensions qui pèsent sur France Inter ces derniers mois, et dont les critiques de la chronique de Stéphane Guillon sur DSK le 17 mars ne sont qu'un épisode.[...] Les journalistes de l'Obs détaillent aussi comment, le 30 mars, Cluzel a lui-même affranchi la maison ronde sur le nom du futur nouveau patron de France Inter, en envoyant «le même texto à tous les dirigeants de Radio France : «Je connais le nom du futur directeur de France Inter. Il s'agit de Philippe Val. C'est un choix qui me paraît désormais limpide.» L'article se conclut sur la rencontre, le 6 avril, entre Hees et Alain Minc, «le confident ès-médias et spécialiste de l'ouverture du président».

Enfin relevons un billet drôle sur Le post.

«Scandale au CSA: deux votes contre Hees!
- Attention! Attention! Il y des rebelles au CSA. Oui! au CSA!
- Non! Au CSA?
- Oui. Au CSA.
Et ils sont au moins deux.
Depuis hier, ça se moque, ça persifle, ça insinue, ça se gausse. Pauvre CSA qui se couvre de ridicule en certifiant conforme sans se gratter la nomination de Jean-Luc Hees à la tête de Radio France. Ridicule CSA qui accepte sans rechigner de se conformer au fait du prince. Grotesque CSA qui est composé de gens de droite, nommé par la droite et dont les représentants de minorités visibles ne sont que les misérables cache-sexes de la confiscation de tout le pouvoir médlatique par la droite.[...] Déjà on peut éliminer le président du CSA Michel Boyon. Courage, bravoure, Boyon, cherchez l'intrus. Eliminons aussi Christine Kelly, vu qu'elle a été nommée par le président du Sénat à la demande du président de la république. Idem pour Françoise Laborde, nommée par l'actuel chef de l'Etat. Prudence est mère de sûreté. Demeurent 6 suspects. Eliminons Gabla, nommé également sous le régime actuel, donc insoupçonnable. Et puis il n'y connaît rien. Ce qui explique sa présence au CSA du reste... Plus que cinq. Rachid Arhab? Un ex-rebelle, que voilà un beau suspect potentiel. Mais il a tellement viré à droite toute depuis quelques années (légion d'honneur du gouvernement Villepin, nomination au CSA par Jean-Louis Debré) que je le disculpe bien volontiers. Plus que quatre. Après je sèche. Je ne parie plus. A vous de voir. Genevoix (fille de)? Reiser (veuve de)? Denis (?)? Méard (?)? Choisissez.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu