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09/04/2009

Le triste bilan de Vincent Bolloré au Cameroun

bollore.jpgEtrange Cameroun, étranges camerounais

Un article paru sur les activités du groupe Bolloré au Cameroun permet à votre Feuille de Manioc de revenir sur ce pays, ses sectes étranges qui peuplent son élite, la lie de la franc-maçonnerie, de la rose-croix et d’autres groupuscules aux mœurs bizzares, les innombrables églises en tout point bien dotées au milieu d’une pauvreté révoltante, celles dites éveillées, des pentecôtistes qui mériteraient un bon poing dans les côtes et dans la gueule, les adventistes ici, les 7ème jour là, mais surtout, beaucoup d’argent soutiré aux plus pauvres. Etrange Cameroun et ses rumeurs salaces, qui courent les rues des deux capitales, Douala l’économique, Yaoundé l’administrative, comme ce rituel homosexuel filmé. Un acte qui passe pour être le passage obligé de cooptation et d’ascension sociale. Il s’agirait de donner des gages d’appartenance et de fidélité aux réseaux dans un pacte perçu localement comme le pire des déshonneurs lorsqu’on sait l’aversion des gens de cette région pour l’homosexualité. Le Cameroun de la corruption, de la violence politique.

Les espoirs du passé

Le Cameroun est un pays étrange dont les dirigeants et ses élites semblent se complaire à sacrifier des atouts que peu de pays en Afrique noire pouvaient revendiquer au lendemain d’une indépendance. On a du mal a croire qu’il s’agit du pays qui a vu naître des intellectuels d’envergure à l’image de Mongo Béti, des figures de l’indépendance tels Paul Samba, Um Nyobe, Félix Moumié. Une indépendance obtenue de haute lutte, dans un bain de sang et une violence inouïe. Certaines sources évoquent 300.000 morts sur une population qui comptait à peine 2,5 millions d’habitants. L’usage de la torture et du napalm sont avérés dans cette guerre encore sous la chape du déni «secret défense», oubliée des thuriféraires du «rôle positif de la colonisation». C’est dans ce contexte que l’indépendance fut insidieusement confisquée par la France sous la houlette de Pierre Messmer, véritable tortionnaire du peuple camerounais et qui s’en vantait, ce qui n’a en rien empêché l’Académie Française de l’honorer. C’est dire sur quel fond infâme se fonde l’honneur de cette coupole à vieux schnocks gâteux, la bande à Foccart. On connaît désormais les rapports du sinistre académicien avec le poète Aussaresses qui, lui au moins, a le courage de ses abjections et ne vient pas se la pétéer sur le mode droits de l’homme purulent «On sait moins que le commandant Aussaresses, échappant de justesse aux purges anti-putschistes de De Gaulle, fut envoyé par Pierre Messmer comme instructeur dans les écoles militaires américaines.»

Pourquoi Aussaresses? Parce que c’était un spécialiste de la torture. Voilà nos droits de l’homme. Fermons les bans du bavardage. Au lieu de s’en prendre à Ségolène Royal, que les gorges outrées et chaudes de vertu commencent par torcher leur cul de merde s’ils sont incapables de regarder l’infamie de notre héritage en face. Rien ne se construira de durable entre la France et ses ex-colonies sur le mensonge et l’oubli des crimes et du sang versé. Les crimes firent innombrable, le sang versé nous n’avons pas fini d’en boire le calice.


Des atouts dépassés

Atout géographique: le pays affiche une diversité  de paysages étonnants et des morphologies de territoires très variées. Il s’étend au sud de la forêt équatoriale du bassin du Congo qui regorge de richesses aux confins du sahel au nord, bordé à l’ouest par une chaîne volcanique dont les terres arables sont très riches, les grassfields, à l’est par les savanes centraficaines, le tout formant grâce au plateau de l’Adamaoua, véritable château d’eau naturel, le plus gros potentiel hydroélectrique d’Afrique sur le cours majeur du fleuve Sanaga. Atout démographique: point d’afflux migratoires de populations animistes d’abord pourchassées par l’expansion de l’islam, devenu un important comptoir de déportation d’esclaves à partir de l’estuaire du Wouri, la région a hérité de ces vicissitudes une diversité humaine et culturelle qui colle à sa géographie et ses paysages. Sa population est réputée industrieuse. Le régime autocratique et sanguinaire avait eu au moins le mérite de jeter les bases d’un système éducatif à la hauteur des enjeux démographique du pays qui faisait figure de référence. Le Cameroun était remarqué par la qualité de ses ressources humaines qui ont trouvé à s’établir à l’étranger au moment de la crise. L’école camerounaise est aujourd’hui en ruine, les cerveaux du pays se sont exilés et peu comptent revenir. Atout forestier et minier: le sous-sol camerounais, comme celui de la plupart des pays d’Afrique noire, est très riche en ressources minières ce qui explique la convoitise et la mainmise des puissances coloniales passées de l’industrie de l’esclavage à la transformation des matières premières. Si le bois constitue une part importante de ce système de prédation du sol et du sous-sol, la littérature omet souvent de relever les prélèvements sur la faune et la flore, essentiels à l’industrie pharmaceutique. A elles seules les forêts équatoriale et amazonienne totaliseraient plus de 80% de ces ressources. Source de la carte PWYP

 

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Les activités du Groupe Bolloré

Le Cameroun est ce pays étrange où la France et ses intérêts tiennent une place privilégiée. Un article que nous vous recommandons ci-dessous met en cause les activités du groupe Bolloré dans ce pays. Ce n’est pas la première fois que Vincent Bolloré, présenté comme le prodige du capitalisme français est admonesté par les media pour son contrôle hégémonique des secteurs clefs des économies d’Afrique de l’Ouest et Centrale. L’article que nous conseillons à votre lecture est cependant plus explicite sur la stratégie du groupe.

Bolloré n’est pourtant pas, loin de là, le seul opérateur français dont les pratiques sont critiquables. Il y aurait beaucoup à dire sur le PMU, sur Orange, et surtout sur les Brasseries du Cameroun détenues par le groupe Castel. A relever que malgré une dévaluation de la monnaie de la moitié de sa valeur au plus fort de la crise sous Balladur, malgré deux baisses drastiques des salaires au plan national et une inflation située entre 5 et 10 pour cents en rythme annuel, le litre de bière qui coûtait 530 francs CFA en 1989, ne coûte que 680 francs CFA aujourd’hui, ce qui situe sa hausse à moins de 30% en 20 ans! Si tu n’as pas soif, tu boiras connard! A part faire couler le sang on décime un peuple suivants plusieurs narcoses qui sont autant d’addictions; la religion, là-bas Dieu est très grand, les drogues, l’alcool, le sexe, les jeux... Aux côtés du PMU, il y a le football les voilà déjà bien. Ensuite, au Cameroun religion et sexe tuent deux fois plus vite puisque le Pape conseille, qu’il est très chrétien de se mêler aux autres en décapotable à défaut de pouvoir s’abstenir. L’abstinence bien sûr, ce dont l’homme a tant fait preuve que nous somme 6 milliards. Il n’y a personne pour lui fermer sa gueule? On aimerait savoir de quelle abstinence a été de sa propre quéquette s’agissant des bonne sœurs qui  passaient par là au Vatican.

Enfiler les peuples

Revenons à notre préparation à l’article que vous recommande la Feuille de Manioc. Pour saisir ce qui se trame derrière les économies africaines qui n’en sont pas, mais constituent plutôt des chasses gardées rentières, il faut revenir brièvement sur leur histoire récente et leur structure. On va faire très court comme un éclair, donc forcément un peu caricatural. Dans les années 90, leurs finances sabotées par la dette, les secteurs stratégiques des économies africaines ont été privatisés sous la contrainte du FMI et de la Banque Mondiale au moyen des plans d’ajustement structurels. C’est ainsi que leurs outils ont été livrés à coûts dérisoires aux groupes européens. Enculer un peuple a toujours été simple et bête comme bonjour. La Feuille de Manioc vous explique. Alors qu’ils viennent de donner naissance à leur fausse monnaie, le dollar n’étant plus attaché à aucun étalon, les pays occidentaux qui siègent dans ces organismes criminels que sont le FMI et la Banque Mondiale, et y ont voix prépondérante au vote, ont d’abord, à la fin des années 70, recyclé les pétrodollars des monarchies arabes issus du choc pétrolier, en les prêtant en masse aux pays pauvres. C’est comme la bière des Brasseries du Cameroun et le tabac de BAT. Tu n’en veux pas? En voilà. Te voilà toxico. Ce faisant, ils ont constitué la dette des pays africains qui n’avaient ni instruments ni projets structurels pérennes pouvant accueillir de tels investissements afin qu’il soient rentables et pourvoyeurs de développement. Ceux des dirigeants ou de managers africains qui avaient ce genre de velléités ont fini refroidis ou au trou. Ce fut alors la gloire des éléphants blancs, des tours inutiles et des basiliques construites au fond des forêts. Sait-on jamais, les perroquets et les reptiles pourraient avoir envie de prier et de croire en Jésus. A ce train c’est sûr, Dieu ça rapporte. Bien fait peur eux. Il leur faudra apprendre un jour, lorsqu’on passe sa vie courbé à prier, qu’il y a toujours derrière soi, un prélat ou son pote prêt à vous farcir et qui vous envoie prier pour s’occuper de vos affaires… dans les deux sens c’est valable. Reprenons. FMI et Banque Mondiale ont donc été les instruments du démantèlement des embryons d’Etat, de leurs structures sociales, éducatives, sanitaires notamment, de leurs infrastructures, ports, réseaux, de leurs productions, plantations de cacao, palmeraies, hévéas, bananeraies etc. Bref, ils ont ouvert une recolonisation du continent. Après on dira que l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire et Eric Revel de LCI dira que l’Afrique n’est pas assez mondialisée. Or, à bien y regarder, même si il y fait très noir, c’est l’histoire du monde entier civilisé, droit-de-l’hommiste, qui a fait son trou dans le cul de l’homme africain. Allez vous faire bouillir. LFDM

Le triste bilan de Vincent BOLLORÉ au Cameroun Par Thomas DELTOMBE - Extraits

Grâce au rachat de vieilles entreprises coloniales Françaises et à la privatisation d’une part importante du patrimoine économique national, le groupe BOLLORÉ est devenu un acteur incontournable dans le tissu économique comme dans la vie politique du Cameroun. Concessionnaire de la société de chemin de fer Camrail depuis 1999 (jusqu’en 2034), il a obtenu la concession du terminal à conteneurs du port de Douala en 2005 (jusqu’en 2020). Ses diverses agences, regroupées sous la marque Corporate BOLLORÉ Africa Logistics depuis septembre 2008, sont présentes dans la capitale économique, Douala, dans la capitale politique, Yaoundé et dans le nord du pays, à Garoua. La gestion de l’ensemble des flux de production d’aluminium produit à l’usine d’Edéa, gérée par le géant Canadien Rio Tinto-Alcan, la logistique de la construction du pipeline Tchad-Cameroun, opéré par Exxon-Mobil, et la logistique "door to door" pour le compte de Total font partie des "références" Camerounaises dont se flatte le groupe sur son site internet. S’il a abandonné les chantiers forestiers après avoir participé, selon certaines ONG, au "pillage" de la forêt Camerounaise, le groupe gère toujours un parc à bois, grâce à sa Société d’Exploitation des Parcs à Bois du Cameroun (SEPBC). […] La mainmise progressive du groupe BOLLORÉ sur ce vaste patrimoine et la "rationalisation" à marche forcée de ces "actifs" ne sont pas sans poser d’importants problèmes. Le premier d’entre eux est d’ordre symbolique et politique. […]  Alors que les dirigeants du groupe BOLLORÉ s’affichent fréquemment avec le Président Paul BIYA, sa femme Chantal ou certains autres hauts responsables du régime, beaucoup de Camerounais se demandent jusqu’où va l’ingérence de BOLLORÉ dans les affaires intérieures de leur pays. […]  L’amertume est d’autant plus grande que la mise en concession a eu pour conséquence l’augmentation des tarifs pour le transport voyageurs et la fermeture des lignes "non rentables" : offrant de bien meilleurs retours sur investissement, c’est surtout le "réseau utile", c’est-à-dire le transport des marchandises, qui a profité en priorité de la mise en concession. "Du fait de la participation des ancêtres aux travaux forcés qui ont permis la pose du rail, l’on s’est approprié ce dernier comme un héritage", observe ainsi le chercheur Claude ABE en étudiant la situation autour du tronçon Yaoundé-Douala. "La suppression des arrêts et des gares est vécue comme une fabrique de l’oubli et du dépaysement de l’identité de soi ; c’est-à-dire comme une brouille du lien culturel et historique qui unit les vivants aux morts". […] Dans la plus grande plantation de palmiers à huile du Cameroun, à Kienké, on assiste même, selon la correspondante au Cameroun du journal Français Libération, à "un Germinal sous les tropiques". Des milliers d’ouvriers y travaillent, six jours par semaines, sans couverture sociale et sans même de gants, pour 22 francs CFA par régime de 15 kg récolté. Les plus privilégiés peuvent de cette façon gagner 53 euros par mois… quand la cascade de sous-traitants qui les emploient n’oublient pas de les payer. Et lorsque, fin 2007, le leader d’un syndicat improvisé – les autres sont souvent achetés – s’élève contre ces pratiques, et contre l’insalubrité et la surpopulation des baraquements où les travailleurs sont parqués, il est prestement arrêté par la police. Et les autorités lui glissent à l’oreille : "Si tu continues, on va te tuer" […] Le Cameroun ne fait malheureusement pas exception. Sur le port d’Abidjan (Côte d’Ivoire) aussi, les conflits sociaux sont fréquents entre les travailleurs locaux et le groupe BOLLORÉ, gestionnaire du port depuis 2004. S’agissant de la Sitarail, société de chemin de fer Ivoiro-Burkinabé qu’exploite le groupe depuis 1994, les griefs des syndicalistes ne sont pas sans similitudes avec ceux qu’expriment leurs homologues Camerounais. Quant aux plantations, on trouvera sur internet un rapport édifiant réalisé en 2005 par la Mission des Nations Unies au Liberia (UNMIL) sur la situation des droits de l’homme dans cinq plantations d’hévéas Libériennes. Y sont décrites, noir sur blanc, les méthodes utilisées par la plantation gérée par Socfinal : compression des coûts grâce au recours massif à la sous-traitance, utilisation de produits cancérigènes malgré le manque de formation et d’équipement offerts aux ouvriers, travail d’enfants de moins de quatorze ans, bâillonnement des syndicats, licenciements arbitraires, maintien de "l’ordre" par des milices privées, évictions des villageois gênant l’expansion de la zone d’exploitation. Un seul détail manque dans cet exposé accablant, constatent les journalistes Nicolas CORI et Muriel GREMILLET : le nom de BOLLORÉ. Certes, le rapport mentionne que la plantation Libérienne appartient à une société basée au Luxembourg, Intercultures. Mais il n’est nulle part précisé qu’Intercultures appartient au groupe Belge Socfinal, dont le groupe Français BOLLORÉ détient 38,75 %. "Pourtant, c’est bien Vincent BOLLORÉ qui est derrière tous ces événements, précisent les deux journalistes. Grâce à l’opacité de son groupe il peut engranger de l’argent au Libéria, sans que son image en soit altérée".
Texte intégral

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