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10/03/2009

Michel Rocard, «Il y a dans le patronat guadeloupéen une aile irréductible»

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Eléphant rose...

Michel Rocard, fut Premier ministre de 1988-1991 et premier secrétaire du PS 1993-1994 était l’invité de «Dimanche soir politique». Nous avons toujours soutenu ici à Kassavland, que la parole d’un fossile politique fasse encore autorité pratique du Parti socialiste face à la crise en Guadeloupe témoigne de la déshérence dans laquelle se trouve ce parti de bourgeois, perclus de réactionnaires qui s’ignoraient UMP, jusqu’à ce que Sarkoléon arrive au pouvoir. Nous pouvons haïr l’homme de Carla du Château, nous lui devrons, que nous le voulions ou non, d’avoir démasqué les Kouchner, Lang, Besson, Bocquel, Allègre… et d’avoir débarrassé ce tas de ruines de quelques gravats.

Il reste que venant de ce protestant qui n’aime pas les palestiniens en bon luthérien qu’il est, la critique est d’autant plus pertinente sur Karukera (Guadeloupe). On se demandera de Basse-Terre à Gaza, où est le rapport avec la choucroute? Si l’on considère que le monde doit aux protestantismes quelques unes des expériences les plus abjectes de colonisations, en Afrique du sud, en Amérique, en Australie, en Algérie du point de vue de la mise en œuvre, on doit admettre que cette chapelle a une expertise pour parler de nos barbaries où il furent exilés étant persécutés dans la vieille europe. La proxémie entre les sectes protestantes et le judaïsme tient en partie à ce fait, à ce point qu’aux Etats-Unis certains se révèlent plus sionistes que les juifs eux-mêmes, procédant d’une lecture littérale et absconse de la bible. C’était notre digression sur la Palestine qui n’en était pas une puisqu’elle fondait M. Rocard en expert des barbaries. N’est pas comme tel qu’on lui doit les accords de Nouméa?

Michel Rocard est peut-être le fossile d’un éléphant rose, assurément d'ailleurs, mais sur la Guadeloupe sa critique est pertinente, elle est à suivre.  Mme Parisot et ses réactionnaires du Medef devraient délaisser la morgue de leurs anathèmes à deux balles et écouter un peu de sagesse protestante. Elle nous a légué l'ethos du capitalisme en crise dont la Parisotte se réclame. Alors, le conseil d'un prélat à cet égard ne lui ferait pas de mal. Bon visionnage… LFDM

«...
La situation reste tendue en Guadeloupe. Des erreurs ont-elles été commises dans la gestion de cette crise?

Il est probable qu'on a manqué des occasions de s'écouter.

L'Elysée a réagi trop tard?
Il n'est pas sain pour les affaires de la République que le président s'occupe de tout. ll aurait probablement suffi que le gouvernement apprécie correctement l'ampleur des dégâts et que monsieur Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, parte avec des marges de liberté plus grandes. Il y a dans le patronat guadeloupéen une aile irréductible qui semble vouloir engranger son argent en ne faisant aucune espèce de sacrifice quel que soit le coût pour l'ordre public. Ces gens doivent être ramenés à la raison.


C'est le noeud du problème, ce noyau dur de patrons?
Le noeud du problème, c'est le sous-développement économique dont est victime la Guadeloupe depuis la fin de la dernière guerre mondiale. La IVe et la Ve République se sont très mal occupé des départements d'outre-mer en général et de la Guadeloupe en particulier. Sa principale richesse était le sucre de canne. Or, nous avons encouragé le sucre de betterave parce que nos betteraviers d'Ile-de-France et du Nord - Pas-de-Calais étaient plus influents. Deuxième drame : dans cette île, qui ne consomme pratiquement que des produits importés, le collectif des importateurs joue de son influence pour empêcher qu'on crée des entreprises locales. Troisième catastrophe : les fonctionnaires locaux bénéficient d'une prime qui majore leur salaire de 40 %. Résultat : tout le monde veut aller dans la fonction publique et plus personne ne veut produire. Tout cela crée des colères, une orientation des destins fausse et mauvaise. C'est à ce drame-là qu'il faut porter remède.

Comment?
La France fait beaucoup de coopération économique avec des pays sous-développés à l'étranger. Pourquoi la partie qui concerne les Caraïbes ou le nord de l'Amérique du Sud n'aurait elle pas comme base de départ la Martinique et la Guadeloupe ?
Puisque nous avons les universités de Point-à-Pitre et de Fort-de-France, pourquoi ne développerait-on pas des départements spécialisés dans l'intérêt de la région, par exemple la maintenance tropicale, qui n'est apprise nulle part ? On n'a jamais pensé à donner à ces territoires les chances d'un vrai avenir.

Cette crise ressemble- t-elle à celle de la Nouvelle-Calédonie que vous aviez dû gérer en 1988, lorsque vous étiez premier ministre?
Ce qui se passe en Guadeloupe est d'abord de nature sociale alors qu'en Nouvelle-Calédonie le problème était purement politique. Ceci dit, l'avenir de la Guadeloupe passe peut-être aussi par une modification institutionnelle : une assemblée départementale et une assemblée régionale pour le même territoire, c'est une catastrophe. Cela crée, pour le même territoire, deux pouvoirs concurrents qui se paralysent. Il faut en finir avec cela et créer une vraie autorité locale élue.

L'autre grand sujet, c'est la crise mondiale. Les membres européens du G20, réunis à Berlin, ont estimé que le FMI avait besoin d'au moins 500 milliards de dollars pour aider les pays en difficulté à sortir de la crise. Inquiétant non?
Cinq cents milliards de dollars, ce n'est pas extraordinaire comparé aux enjeux. Le total de l'endettement des citoyens, des entreprise et des administrations américaines, hors les banques, atteint 39 000 milliards de dollars. C'est ça la faillite abyssale qui tient le monde sous sa menace.

On a l'impression que personne ne contrôle la situation...
Parce qu'on a du mal à comprendre la nature de cette crise. On se focalise trop sur son aspect bancaire en oubliant le fond du problème qui est d'ordre macro-économique : depuis une trentaine d'années les pays développés, Europe, Amérique du Nord, Japon, connaissent une croissance anémiée si bien qu'un quart de leur population se trouve en situation précaire... Ce n'est pas démocratiquement soutenable.
Tout l'enjeu de la prochaine réunion du G20 sera de sortir de l'univers purement bancaire pour s'occuper aussi de l'univers économique : travail, emploi, rémunération, croissance.

La crise peut-elle faire éclater l'Europe ?
Je crois au contraire que l'Europe, grâce à sa tradition régulatrice, a plus de chance que les États-Unis de trouver rapidement le langage et les propositions techniques capables d'apporter des solutions. Par rapport à 1929 où la crise avait été aggravée par des décisions politiques prises à contretemps, les gouvernements se comportent plutôt mieux. Les décisions qu'ils prennent vont dans le bon sens, même si elles ne vont pas jusqu'au bout. Je pense qu'on va pouvoir ouvrir de nouveaux chapitres à la réunion du G2O début avril.»
Source : Le Monde, 23.02.09, France Inter/i-TÉLÉ/"Le Monde, propos recueillis par Jean-François Achilli, Michel Dumoret et Françoise Fressoz

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