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06/03/2009

Ch. Taubira : «Si j’ai des larmes et j’en ai, c’est d’abord pour ceux qui souffrent… »

Face à Nous confronte une personnalité à des journalistes de la presse et de la radio qui l'interrogent sur l'actualité. Emission du 03.03.2009.

A voir absolument, en scotchant la bouche de la Mathilde qui caprice sur ses 9 ans, en collant le p’tit Paul sur sa Play-station et en ajoutant 20 centilitres de Heineken dans le biberon de Todd de sorte qu’il pionce et ne fasse pas chier pendant 20 minutes. Histoire de mettre ses pieds nus sous le bureau en agitant ses orteils, et de mater tranquille un moment de télévision, rare. Un débat contradictoire comme on n’en voit plus sur les mass media que sont les garndes chaînes, car la population pourrait s’instruire, et s’éveiller à ses droits… Dans le cadre de l’émission « Face à nous », la Députée PRG de Guyane Christiane Taubira précède le Sénateur Henri de Raincourt, Président du groupe UMP au Sénat et interrogés par Patrick Apel-Muller de l’humanité, Fabrice Madouas du journal réactionnaire Valeur Actuelles et Philippe Martinat du Parisien.

Brillante comme à son habitude, la Française de Guyane a ridiculisé, ou plutôt tourné en bourrique, le journalisme Pravda-réac’ germanopratin qui, de questions faciles en poncifs éculés, observe le monde sous la lorgnette de son trou du cul. Tenez : d’emblée l’angle de l’interview est celui de la « la violence » du LKP bien sûr. Et non la violence froide d’une économie coloniale, cause de meurtrissures quotidiennes. On n’y pense pas… On préfère souligner que « Le LKP ne renonce pas. Est-ce que le LKP vous fait peur?». Ou encore, « lorsque vous parlez de politique de prédation est-ce que vous ne «Jetez pas de l’huile sur le feu?». Ou encore, citant Fr. Fillon à propos de la tournée de signatures du LKP auprès des entreprises, «ce n’est pas comme ça qu’on procède dans une République»

Christiane Taubira réplique : «Où est l’huile où est le feu?» ; «Où est l’Etat de droit?» Christiane Taubira aurait pu aussi rétorquer que dans une République où prévaut le dialogue et le débat plutôt que la morgue, les dirigeants ne laissent pas pourrir une revendication sociale pacifiste pendant un mois pour guetter l’incident et motiver une répression. Christiane Taubira a préféré insister sur le fait que durant un mois, ces revendications n’avaient pas connu d’incident en précisant qu’il fallait arrêter de « faire un plat » de faux incidents. Elle a relevé qu’«un chef d’entreprise a déclaré qu’il a refusé de signer sous la pression », ce qui témoigne que la pression ne contrarie pas l’ordre public.


Christiane Taubira aurait pu rapprocher ce regard idiot de la grande compréhension de l’Etat et de la justice face aux exactions des agriculteurs dans le bureau de Mme Voynet alors Ministre de l’Environnement, ou encore des salariés qui en France menacent de polluer les cours d’eau, ou faire sauter les usines. A ces occasions tous les tempéraments sont de mise. A qui ferait-on croire que les revendications sociales ne s’inscrivent pas dans un rapport de force? Les forces de l’argent et la confiscation du pouvoir économique par le patronat correspondent bien à un rapport de force, et la constitution de la République «institutionnalise le conflit» (Habermas) pour le coup, garantit aux personnes le droit de revendiquer et de faire grève. Point barre et la Guadeloupe n’y échappe pas plus qu’un autre département de l’hexagone.

Seul M. Appel-Muller de l’Humanité s’est distingué en introduisant de l’intelligence, donnant l’occasion à Christiane Taubira de revenir sur les politiques publiques de réparation dans la continuité de la loi qui porte son nom, seules à même de procéder au remembrement des terres et d’effacer les stigmates de l’«économie de plantation qui consolide de et sédimente cet héritage» colonial.

A propos d’un marronnier Madouas a resservi le coup des 16 milliards d’euro que coûteraient les DOM à l’Etat. Qu’y a-t-il dans les 16 milliards a demandé Taubira à un Madouas démuni d’intelligence? Réponse: «La justice, la police…» Lorsqu’on les ôte, il reste 7 milliards. Il n’y a que dans les Départements d’Outre-mer qu’on intègre les politiques régaliennes dans la comptabilité départementale. «Ou bien on analyse les raccourcis, ou bien on évite de les prendre en exemple.» C’est en effet un peu court comme journalisme. LFDM.

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