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05/03/2009

Soudan : la décision de la CPI inquiète les dirigeants africains

justice.jpgDeux poids, deux mesures

Encore un fait universel dont on gargarise les niais. Une action qui a tout l’air d’un téléguidage est désormais en orbite et ce sont les africains qui vont encore goûter au suffixe. S’il est effectif, le mandat d’arrêt sera le premier du genre lancé contre un chef d’Etat, depuis la naissance de la Cour Pénale Internationale en 2003. Pan! Bourre-pif, prenez-ça dans vos gueules d'universalistes. En juillet 2008, le procureur, Luis Moreno-Ocampo, avait accusé Omar El Béchir de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. La Cour pénale internationale (CPI) siégeant à La Haye (Hollande) a délivré mercredi un mandat d’arrêt contre Béchir, le nouveau "Saddam Laden". C’est tout sauf un poète le Béchir et on ne va pas pleurer si on déchire un assassin consommé. De leur côté, les droits-de-l’hommistes de tout poil vont se toucher jusqu’à s’irriter. Bien, mais peu importe.

Ce qui frappe, c’est la facilité avec laquelle on entube le crétin moderne pourtant branché en continu sur l’information, I-pod je prends mon pied, Youtube, je t'entube... Peut-être alors parce que trop d'ânes sont branchés? Ce qui frappe, c’est qu’à côté de cette couillonnade en mondovision, l’indifférence de cette même fabrique d’opinion s’impose au plus grand crime de génocide qui se déroule actuellement sur le sol africain dans le bassin du Congo et du Kivu. Et si les intérêts qui financent la guerre au Zaïre, ou d’autres qui souhaitent que l’opinion détourne son regard de foyers de tension où des légitimités sont en jeu trouvaient, dans la surexposition du Soudan, le moyen d’échapper à bon compte à la critique? Cette surbrillance sur Khartoum chercherait à nous aveugler.

Dynamique neuronale

Et les entubés historiques se réveillent, mais comme toujours une fois qu'ils l’ont dans le baba. Pour sa galerie, Me Abdoulaye Wade mercredi à Dakar (4.03.2009) coutumier de l’eau tiède à 37° a donc fait genre «je sais faire le coup de menton» en déclarant qu’à la manière dont fonctionne la Cour pénale internationale (CPI) elle donne l’impression aux Africains d’être une juridiction tournée essentiellement vers la poursuite de leurs responsables : «Beaucoup d’Africains ont l’impression que la Cour pénale internationale (CPI) est un tribunal destiné à poursuivre seulement les Africains», a notamment indiqué le président de la République, lors d’une conférence de presse donnée au Palais avec la présidente de Finlande, Tarja Kaarina Halonen, en visite d’Etat à Dakar depuis mardi.» Source. Ferme ton claque-merde Abdoulaye!


wade.jpgL’infamie judiciaire, «prétendre à l’universel et se contenter de l’exception»

Le génie des dirigeants noirs francophones cooptés, installés et maintenus au pouvoir durant des décennies par les réseaux et les intérêts occidentaux et en particulier français, outre une prédisposition jouissive à se faire farcir, se mesure au temps que met une information pour arriver au siège de la pensée: le cerveau. Tous les dinausaures françafricains semblent avoir été sélectionnés en vertu de cette qualité-là. Et ne doutons de rien en la matière. Qui sait, peut-être existe-t-il dans les cercles maçonniques, des senseurs électrochimiques sophistiqués susceptibles de mesurer l’inertie de l’intelligence? Sinon comment expliquer la sélection de la bande d’ignares corrompue qui dirige l’Afrique francophone au profit de la métropole et de ses oligopoles, des tarés jusqu’à la moelle des os tel que Me Abdoulaye Wade qui s’ingénue ici: «la CPI donne l’impression d’être faite pour les Africains». Tu l’as dit débouffi émacié! Et il t’aura fallu tout ce temps pour que tu t’en aperçoives! Cet individu, avocat dans ses premières amours, simulateur d’opposition à la plus grande lavette de la francophonie, Senghor, que les charognards aient son âme, avant de se refaire une santé de raptosaure à la tête d’un bantoustan ouest-africain, est pourtant bien payé par la confrérie maçonnique pour savoir de quelle prostitution est fait le sel de cour: d'un marais infâme.

Au-delà des plates tautologies rabâchées sur la naissance des droits naturels, la justice est comme disait Marx à propos des lois de l’échange naturel, une vaste robinsonnade. Une fable de niaiseries destinée à fonder le pouvoir sur des propriétés contraires aux vertus qu’il revendique. Toujours et partout, la figure quasi universelle du «prêtre-pédophile» version contemporaine de «faites ce que je vous dis mais pas ce que je fais», a trouvé dans l’infamie philosophique du discours juridique, la possibilité d’étendre aux populations, aux groupes et aux classes dominées, les effets concrets d’un système judicaire intrinsèquement fondé sur l’inégalité, ce que les idéalistes appellent l'injustice.  De doux rêveurs... Bref, suivez qui dit le droit pour déduire la source du viol. Si après cela vous souhaitez continuer à vous faire enfiler, c’est qu’incontestablement que vous aimez ça, alors investissez dans la vaseline et fermez-la! Ne pas s’étonner dans ces conditions que les prisons du monde entier sont pleine de voleurs de poules, qu’en France un voleur de téléphone portable prenne deux ans ferme en comparution immédiate et que les délinquants en col blanc soient systématiquement condamnés à des peines avec sursis qu’ils rachètent, on dit "aménagent" à coup de fric. C’est la justice en son principe même, dans sa condition de possibilité, dans son état d'exception permanent, fondée sur des inégalités juridiques cependant qu’elle clame le droit. Les avocats et les magistrats sont payés pour faire vivre ce vaste mensonge.

undoigtsarko.jpgLe doigt de l'homme le plus fort

La perversité morale du CPI comme de tout système judiciaire résulte de son régime d’exception sans lequel il ne peut exister de système répressif. Plutôt que les clameurs universelles qui nous aveuglent, c’est à chaque fois les zones grises de l’empire judiciaire qu’il faut scruter. Ces limites transparaissent en filigrane d’une tribune de la CFCPI publiée sur le site du Monde.fr à l’occasion du dixième anniversaire de l’arrestation du Général Pinochet à Londres. Les signataires pourtant connus pour être doués de bons sens et doublés de bons sentiments, entendaient interroger l’«état d’exception en matière de poursuites judiciaires pour des crimes d’exception ». Ils ont pour ce cru devoir accuser la France de prétendre à l’universel pour mieux se contenter de l’exception, en renforçant « l’impunité des criminels internationaux sur son territoire.»

Or les mêmes ne se sont pas un seul instant interrogés sur la distribution géographique qui ressortait de leur acte d’accusation contre la France: «Les tribunaux allemands, anglais, danois, espagnols, belges, néerlandais, ont déjà jugé des Bosniaques, des Afghans, des Argentins, des Rwandais responsables de tels crimes. La plupart des membres de l’Union ont de plus procédé à une harmonisation de leur législation à l’exemple de l’Allemagne, de la Belgique, de l’Espagne, de la Norvège, des Pays Bas ou du Portugal.» Source. La belle affaire! Il n’y pas de quoi pavoiser devant de telles fadaises! Rien d’étonnant que des anglais et des allemands jugent les faibles bosniaques et rwandais, c’est dans l’ordre des choses. La fumisterie tient à l’impossibilité d’inverser la figure fixée à l'avance du juge et du prévenu à laquelle les signataire de ces billevesées ne songent même pas! Il est hors de question pour cette pensée noble de supposer que la justice kényane juge un dignitaire américain, l’indienne un israélien, la gabonaise un français, la vénézuelienne un anglais. N’a-t-on pas vécu en temps réel avec l’affaire de l’Arche de Zoé, l’effraction psychologique que fut l’idée innommable pour être même imaginée, que des français «voleurs d’enfants» puissent être jugés par le droit commun au Tchad? Le Président français avait alors affiché la morgue d'un pays pour un autre avant toute forme de procès. Lire. M. Sarkozy n'a fait qu'exercer, à sa manière habituelle, l'empire du plus fort et c'est une loi du genre humain. Sa manière un peu plus crue que d'autres, doit-elle ôter toute intelligence? Les autres ne sont que des hypocrites, les associations, les pseudo consciences humanistes, puis c'est pathétique, les africains eux-mêmes, des troufions universalistes et inconvertibles peuplant les quarts-mondes et faisant semblant de croire à l'humain. Le monde est torve par nature, ce n'est pas une église du droit. Il s'accomplit selon les luttes acharnées souvent sanglantes sans intervention divine ou morale. Ceux qui croient aux fables sont des possédés de leur propre servitude.

«Qu’ils vivent du tribut, de l’impôt, de la rente foncière, de l’aumône ou de la dîme, le conquérant le fonctionnaire, le propriétaire foncier, le moine ou le lévite, reçoivent tous une quote-part de la production sociale qui est fixée selon d’autres lois que celles des esclaves.*» Marx traitait de l’économie, mais c’est plus vrai de la justice qui est une véritable production sociale. La justice est et sera toujours celle des maîtres, du droit du plus fort. Le reste est un conte pour enfant, il y en a beaucoup. Jouissez en silence. LFDM

* Karl Marx, Introduction à la critique de l'économie politique, 1857

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