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27/02/2009

«Désormais, le clan Bongo ne jouit plus de la même impunité»

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Des nouvelles du jus saumâtre du Bantoustan

Antoine Glaser est rédacteur en chef de La Lettre du continent et coauteur avec Stephen Smith de Sarko en Afrique (éd. Plon, 2008). Dans ce texte paru dans L’ImMonde.fr, ce PQ sérieux de la chiasse du soir au conseil d’administration duquel siège l’inévitable Schweitzer de la Halde, et bien d’autres pointures du CAC 40 et d’autres cercles, quelques turpitudes françafricaines nous sont rapportées. Lemonde.fr 26.02.09

«La justice française a saisi, rapporte l’ImMonde, jeudi 26 février, des comptes bancaires du président du Gabon. Omar Bongo avait été condamné à verser 457 347 euros au fils d'un chef d'entreprise français qui avait dû payer cette somme pour faire libérer son père, René Cardona, détenu à Libreville. Cette affaire peut-elle faire des émules et susciter de nouvelles plaintes ? Il s'agit d'une affaire privée et relativement mineure si l'on s'en tient aux montants impliqués. Le président gabonais et sa famille étaient actionnaires dans la société de René Cardona. Comme ailleurs en Afrique, c'est très difficile de travailler au Gabon si on ne dispose pas de protection au plus haut niveau de l'Etat. Mais c'est moins l'aspect judiciaire de cette affaire que sa médiatisation qui nous intéresse. D'autres particuliers ayant connu le même type de problèmes que M. Cardona savent désormais que le clan Bongo ne jouit plus de la même impunité. Ce sont parfois de petites affaires qui font rebondir les gros dossiers.»

Comme d’habitude, ce texte est reçu dans l’indifférence générale. De ce qui ressort du marigot saumâtre de notre pré carré Bantou où s’échouent tous nos principes «droit-de-l’hommistes» germanopratins, il ne saurait être question de révélation. Ce qui est dit semble normal et laisse nos humeurs à 37° et nos valeurs habituellement vindicatives intactes. On n’entendra jamais Pierre Bergé faire ici la leçon chinoise, ou Jack Lang y aller de ses envolées lyriques, ni SOS Racisme dont les prétentions s’étendent désormais à la lutte contre le terrorisme et à la réforme de l’agenda de Durban II. Encore moins Ni Putes Ni Soumises qui ambitionne de s’implanter au Maroc, tiens tiens. Elles n’ont pourtant pas encore réglé le cas des femmes battues BCBG du 16ème arrondissement parisien, obligées pour tenir leur rang entre deux parties de belottes au Rotary club, de taire les coups de leurs maris, X-Mines, énarques et frères en loges. Des gens bien sous tous rapports. La trace du bourre-pif rosicrucien dans ta gueule? La faute de cette fichue porte de placard bien sûr… Allez, du vent! Allez donc faire les chaudes à Rabat, passons…


Quel rapport entretient la France avec le Gabon ?

Vous n’entendrez donc disions-nous aucun imprécateur de Mugabe, d’Hugo Chavez, ici le silence est de mise et le viol, de norme. Normal c’est nous qui jouissons… Comment dans ces conditions imaginer dire à l’adresse de ces cercles «de gauche comme de droite» que les hommes politiques français cessent de fréquenter, de soutenir et d’obtenir de l’argent des dictateurs africains qui pillent leur peuple, les font mourir quotidiennement dans un génocide qui ne suscite que notre indifférence? Aucune conséquence logique de ce genre ne peut être tirée de la lecture des turpitudes franco-africaines. La prédation est la norme et plus, l’esthétique d’une manière de faire. Les Bongo et le reste des dictateurs bantoustanais ne sont-ils pas à leur tour et tout à la fois des frères de loges, des rosicruciens, des scientologues, des évangélistes, des co-paroissiens? Ils gèrent leur pays comme des consulats d’intérêts obscurs lorsqu’ils ne sont pas maffieux et contre leurs populations. Demain, s’il le faut, pour se maintenir au pouvoir, il deviendront boudhistes. C’est de cela dont notre indifférence est complice.

«Les relations franco-gabonaises sont très anciennes. près la guerre d'Algérie, c'est le Gabon qui a assuré, à travers Elf, l'approvisionnement énergétique de la France. Pendant toute la période de la guerre froide, Omar Bongo était "notre homme à Libreville". Il a couvert toutes les turpitudes de la France en Afrique. Ce n'est pas un hasard si les mercenaires français engagés dans la guerre du Biafra stationnaient au Gabon. Aujourd'hui encore, quand Omar Bongo descend à l'Hôtel Meurice, toute la classe politique vient lui rendre visite. De gauche comme de droite. Plusieurs Gabonais siégeaient au premier rang lors du dernier congrès de l'UMP...»

Quelles sont les relations de Nicolas Sarkozy avec Omar Bongo ?

«Il ne peut rien lui refuser. D'abord, Omar Bongo a toujours fait partie des principaux acteurs du "village" franco-africain. Il connaît Nicolas Sarkozy depuis ses premiers pas au RPR. Quand les deux hommes se rencontrent, les discussions portent davantage sur la politique française que sur l'état du Gabon. Leurs relations ne sont pas aussi étroites qu'à l'époque de Jacques Chirac, mais Bongo reste un homme incontournable en Afrique. C'est toujours à lui que l'on fait appel en cas de problème.»

A combien estime-t-on les avoirs du clan Bongo en France ?

«C'est très difficile à évaluer. Le clan Bongo est très installé dans la capitale. Le président gabonais a une quarantaine d'enfants naturels et adoptés. Tous ont fait des études en France et disposent d'appartements et de voitures. Le montant des biens de cette nomenklatura gabonaise est considérable».

Question irrévérencieuse; leurs dépenses représentent combien de milliers d’emplois en France? A part cela il est des imbéciles pour dire au ici au Caniveau que la France aide l’Afrique et toujours ici au Marigot, pour demander que la France cette amie, «continue d’aider l’Afrique». Dans les deux cas ce sont les citoyens des deux bords qui se font farcir, à ceci près que des centaines d’africains meurent chaque jour de ce fait.

D'où vient cette fortune ?

«Le Gabon est un petit pays peuplé d'un million d'habitants, dirigé depuis cinquante ans par le même homme. De son palais du bord de mer, Omar Bongo règne en patriarche. Sa fille Pascaline dirige le cabinet présidentiel. Son fils Ali est ministre de la défense. Beaucoup d'enfants sont à la tête de sociétés d'Etat. Tous les barons régionaux sont cooptés. Cela crée des réseaux politiques et financiers très intégrés. Il faut savoir que 80 % à 90 % des recettes du Gabon viennent du pétrole.»

Et auprès de qui l’ignare de Bongo trouve appui pour cautionner d’une onction démocratique, les élections truquées au Gabon? Les mêmes intérêts françafricains, leurs avocats véreux et les pontes des droits de l’homme en France. Qui n’a entendu les incantations sur le thème de la démocratie lorsqu’il s’est agit pour Hugo Chavez de modifier la constitution afin de pouvoir se représenter et se maintenir au pouvoir. A la différence, que Hugo Chavez œuvre pour son peuple et que les dictateurs africain œuvre contre leurs peuples.

La médiatisation de l'affaire des biens immobiliers et, aujourd'hui, du procès Cardona sonne-t-elle le glas d'une certaine politique africaine?

«La "Françafrique" est comme un gros bateau: même si elle est en phase finale, elle ne va pas disparaître du jour au lendemain. Paris peut toujours compter sur Omar Bongo pour lui rendre service. C'est le président gabonais qui a organisé la rencontre de Carla Bruni-Sarkozy avec Nelson Mandela en février 2008. C'est Libreville qui a servi de plate-forme lorsqu'il a fallu évacuer certains citoyens Français du Tchad. C'est Ali Bongo qui est intervenu pour faire libérer les journalistes français emprisonnés à Niamey. Mais le système se délite. La politique française en Afrique est en train de se judiciariser. En témoignent l'Angolagate, l'affaire Borel à Djibouti, l'affaire Kieffer en Côte d'Ivoire ou encore l'affaire des biens immobiliers. Aujourd'hui, toutes ces histoires sont très médiatisées. L'Afrique fait peur à Nicolas Sarkozy. Il souhaite se désengager du continent, d'autant plus que la France, en perte d'influence, n'a plus les moyens d'une politique bilatérale comme à l'époque de la guerre froide. Ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy répète à qui veut l'entendre que la France a plus d'intérêts au Proche et au Moyen-Orient.» Source Lemonde.fr Propos recueillis par Elise Barthet

Surtout parce qu’il y a la Chine et que rien ne résistera à son rouleau compresseur inscrit dans l’histoire Les sectaires du bantoustan seraient bien inspirés de changer de crèmerie pour le Nuoc Mam, et de quitter la franc-maçonnerie, la rose-croix, la scientologie, les borna gain et autres sectes pour adopter le Falung Gong. S’ils veulent continuer à vivre de la vente de la gestion des ressources humaines en vendant leurs frères pour de l’argent sale. LFDM

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