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23/02/2009

La barbarie douce

parisot2.jpgL'idéologie de la réforme

Fidèles à nos incorrigibles manies, nous sommes allés prostituer nos yeux cyanurés dans un troquet mal famé du ouaibe, abritant des allumés du carafon qui ne pensent pas comme il faut le «c’est comme ça et pas autrement»: «Le comptoir des politiciens». On s’est dit, avec une enseigne pareille, ce doit être très fréquenté et puis vous savez, dès qu’il y a un zinc et des blaguounettes salaces autour, nos feuilles ne se font pas prier. Nous sommes donc allés boire un trait de pur jus de purin: «le Parti socialiste, parti de proximité sans idée». Fichtre alors! On avait pourtant cru qu’une fois l’apprenti farceur parti, François Hollande, ex d’icelle, Ô Madone, la boîte à idées de gauche aurait remis le logiciel sociologique sur le métier. Que nenni! Rupine, et pine de préférence, notre gauche tarama s’est rangée à l’éclat de la Rollex selon Séguela, lequel définit la norme minimale d’une cinquantaine réussie. Saint Germain des Prés quand tu nous tiens…  Avec de tels modèles à l’horizon, comment s’étonner que les jeunes de la périphérie du fion (Saint-Germain des Prés) tentent d'en faire une spécialité précoce, soit par le vol à l’arrachée de bracelets-montres, c'est plus rapide qu'une carrière de prostituée à paris, soit dans le trafic de tic-tacs contrefaits par les chinois… Encore de la faute des faces de citron. Toujours est-il que notre bougon du blog politicien s’interroge : «Alors, le PS ne serait-il finalement devenu que l’antenne locale de l’UMP ? Les deux faces d’un même pouvoir qui accepte le modèle dominant du néolibéralisme. Mais attention, il ne faut pas le répéter, ça ferait le jeu des extrêmes.»

«Selon Le Goff, ce discours ne fait que masquer le virage néolibéral de la société, qui a développé tout un ensemble de concepts et de discours pour faire accepter au salarié et au citoyen les conséquences de ce virage.» Nous ne disons pas autre chose ici, constamment, suivant notre sentence dondatrice: «dans la vie il n’y a que deux catégories de personnes, les farceurs et les farcis». Tu choisis ton camp… Domota lui, a choisi. Et c’est pour cela que les Média-Pravda parisiens et les journaleux, les ignares tel Chritophe Barbier de l’Express, les ineptes tel Alexis Brézet du Figaro, ou encore les réac comme Jean-Jacques Bourdin de BFM qui pour le commentaire de la préférence nationale, a défossilisé Le Pen, histoire de l’opposer perfidement aux revendications de réappropriations du LKP. Histoire aussi mais c'est grossier, de colorer Domota en spectre brun, un genre de facho mélanoderme, façon peste brune tropicale… Ce qui ne devrait pas être très difficile s’agissant de l’apparence, Elie a déjà le brun de peau du costard qu’on lui prête, même si la mémoire d'outre-Rhin est outrancièrement loin, de l'outre-mer dans le temps et l’espace des basses pensées, et Basse-Terre ne justifie pas tout. Sur la question raciste, la Pravda française fait preuve de contorsions intellectuelles à faire rougir y compris le caoutchouc de l'hévéa colonial. Mais attention, Domota a désormais une avocate de taille, certes petite, mais hargneuse de tempéramment lorsqu'elle se décide à s'y mettre. Taubira...


maconlogo.jpgLa gauche a passé l’arme à droite

«Le Goff montre comment ce discours a été adopté par le PS depuis le milieu des années 1980, avec une gauche qui met en avant des valeurs (égalité des chances, solidarité, respect des différences, respect de l’individu, créativité de chacun…) à défaut de s’intéresser vraiment à la question de la répartition des richesses (à la base du socialisme, tout de même). De Fabius au programme présidentiel du PS en 2007, le discours n’a guère évolué.»

Le programme est usé, le système d’exploitation est obsolète, ça boucle. On fait de moins en moins avaler cette disquette aux citoyens et aux Djeun’s notamment. Chacun sait que «l’égalité des chances» qui consiste à mettre au départ du même 100 mètres Usain Bolt, un estropié, un aveugle et un balourd, est une arnaque pour triples gogos. Egalité mon cul et chance mon œil. Pendant ce temps les pétasses qui réussissent dans la vie à offrir une Rollex aux 50 ans de leur amant, n’ont fait qu’un seul effort outre celui de naître, celui d’avoir des potesses qui partouzent dans des loges maçonniques. Et les diversifiés ne sont pas les moins représentatifs de cette supercherie. Prenez-nous pour des cons…

«Autre éclairage, assez convergent: l’Américain Walter Benn Michaels, professeur de littérature, expose dans Le Monde Diplomatique sa perception de l’évolution de la gauche française. Il se dit frappé par son appropriation, depuis les années 1980, de l’engagement pour la diversité, engagement notamment symbolisé par SOS Racisme. Il souligne que cet engagement, assez consensuel, permet de «désamorcer la question sociale en la reformulant en problème d’identité culturelle». Il souligne à ce titre la forte proximité idéologique entre cette gauche (symbolisée selon lui par Laurent Joffrin), qu’il juge néolibérale, et la droite néolibérale (laquelle, avec Sarkozy, s’est d’ailleurs rapidement emparée du thème de la diversité en politique). Selon lui, la gauche française a donc glissé de la défense de l’égalité à celle de la diversité. Autre manière d’accepter les inégalités économiques générées par le libéralisme.» Source de l'article.

Joffrin, le libéralisme, Libération… Au fait n’est-ce pas dans les murs de ce PQ parisien, qu’une journaliste qui a pris la porte fait la grève de la faim sous le regard indifférent de ses ex-collègues humanistes et de gauche? Dormez, la politique s’occupe de vous, puisque vous n’en faites pas… LFDM.

Et aussi, à lire Absolument, La Barbarie Douce, de Jean-Pierre Le Goff, publié en 1999, plan ci-après:

Introduction

Moderniser à tout prix

  1. Management et manipulation : les émancipateurs de l'ère nouvelle
  2. Le "savoir-être" à tout faire
  3. Des logiciels de manipulation
  4. Inversion des rôles et autoservitude
  5. Le management paradoxal

Evaluation des compétences et déshumanisation du travail

  1. Une nouvelle approche de l'emploi
  2. L'incroyable logomachiede la "compétence"
  3. La machinerie de l'insignifiance

Les outils pédagogiques "libérateurs"

  1. Les "outils d'évaluation" et les "contrats" appliqués aux enfants
  2. Des effets insidieux
  3. L'expérience humaine et la culture en question
  4. L'autonomie à tout prix
  5. Vers l'école de la non-violence ?

L'impossible synthèse

  1. L'école sous la pression moderniste
  2. "L'école de la réussite au service des jeunes" ?
  3. Les nouvelles formules de l'enseignement

Refonder l'école pour éviter la "guerre civile" ?

  1. Les nouveaux objectifs de l'école
  2. Quel héritage ?
  3. Quelle citoyenneté ?
  4. Un discours insaisissable

Comment en est-on arrivé là ?

  1. Aux origines culturelles de la barbarie douce
  2. L'autonomie comme table rase
  3. Une nouvelle conception de l'éducation permanente
  4. L'institution scolaire en question
  5. Un héritage difficile à assumer
  6. Une nouvelle donne

Aux origines de la gauche moderniste

  1. Le culte de l'entreprise et le nouveau management
  2. La formation et l'école au service de la modernisation
  3. Fuite en avant et invocation des valeurs
  4. L'incohérence

Des conditions pour espérer ?

  1. La modernisation encore et encore
  2. Les impasses de la gauche radicale
  3. A la recherche d'un nouveau mouvement social

Conclusion
Postface à l'édition de 2003

 

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