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21/02/2009

Guadeloupe : «Sous la plage, les pavés, Grèv an péyi la»

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Les salades flétries du discours libéral
Sous le tumulte des revendications, celui-ci n’oublie pas, le manioqueur, Alfred, qui nous a signalé cet article tiré de la chronique de la violence en Outre-mer, comme si l’Etat y avait une coutume. Ci après, des extraits qui donnent envie d’aller le lire. Nous vous le conseillons vivement.

parisot2.jpgOn peut berner longtemps les masses dominées en jetant en pâture Bernie Madoff et son clone Texan l’alien Stanford, nul ne protégera longtemps la sale finance criminogène du système international et des banques qui vivent de la dette prélevée sur les pauvres. Ca c’est pour Madame Parisot qui ne trouve pas à rougir lorsque nombreux sont ses compatriotes qui n’arrivent plus à s’acquitter des obsèques des leurs cependant que les pontes du MEDEF redistribuent, en pleine crise, l’odieuse rançon du capitalisme. C’est aussi à cette lecture du social sous le racial que nous invite Alfred à la lumière du mouvement guadeloupéen. Un jour ou l’autre, la pâture ne suffit plus. Le temps que les salades de l’idéologie dominante flétrissent, la canaille se réveille et réclame son dû. La voici en Guadeloupe, et à la Martinique, après-demain à la Nouvelle Orléans, à Naïrobi, à Mexico, mais déjà demain le 19 mars, à Paris, au guichet de vos escroqueries, de vos fausses monnaies, de vos fausses valeurs démocratiques, de vos mensonges méritocratiques, de votre bien, de votre mal... Mon œil et mon cul en sus, c’est comme vous voudrez, selon vos pratiques, c’est vous qui rincez, c’est nous qui torchons et à la limaille de fer s’il vous plait.


Les manifestations du «capitalisme financier» et peu importe son euphémisme abject, le «libéralisme marchand», constituent les métastases d’un développement chaotique de l’humanité, un cancer planétaire. Sa structure criminogène? Le règne de la bourse. Sa police? Avant la guerre et les massacres aux principes de son existence, bien avant la maréchaussée et les escadres de robocops, il y a le matraquage psychologique de l’opinion, la fabrique du consensus par les media Pravda. Ils se prétendent journalistes et Paris est une de leur place forte. Ses agents pathogènes? Les actifs toxiques protéiformes, les Madoff et Stanford certes, mais aussi et surtout, plus prosaïquement les Huygues-Despointes, les Jean-Marie Messier, qui en passant a pu oser c’est remarquable en soi, nous recracher impunément la vertu du dévergondage dont seules les loges ont le secret, «L'homme supérieur ne connaît de handicap qu'au golf...» (c'est du Philippe Bouvard); plus prosaïquement toujours, la confraternité de l’UIMM, l’idéologie de la «réforme», un fascisme qui n’ose pas son titre, les slogans du «travailler plus pour gagner plus», version gouvernementale de «demandez la vaseline, ça glisse mieux, ça fait moins mal», et n’oubliez pas de passer à la caisse.

Prenez-nous pour des cons, vous avez raison, nous en sommes. Et encore trop nombreux pour que vous puissiez vous maintenir. Pour la religion marchande, le manque est l’espérance et l’oubli son moteur. Il suffit alors d’une masse de cerveaux de yaourt et de quelques mendiants. Mais le temps vient où dans l’assiette vide de leurs enfants et dans ces autres débordantes, pleines de nos impôts et de vos dividendes, les abrutis de la canaille auront compris que la religion marchande compte parmi les narcotiques les plus nocifs. Alors elle ne daignera plus se faire farcir. Le texte d’Alfred sort des sentiers battus pas les cons. A lire, à partager sans modération en allant à la source. LFDM

«Sous la plage, les pavés, Grèv an péyi la»

Par Alfred (19.02.2009). Lien melanine.org.

«Contre la peste du système économique libéral»
«Est-il besoin de résumer de quoi il s’agit? Dans les grandes lignes, les revendications sont relativement similaires : le Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP) [1], comité rassemblant 49 organisations guadeloupéennes s’était à l’origine constitué pour protester contre les
prix à la pompe exorbitant pratiqués par Total, une compagnie décidément de tous les bons coups [2]. Très vite, le mouvement grandit pour englober des revendications ayant trait à l’emploi, à l’éducation, la vie chère, etc. […] C’en est tellement rare qu’on se prend à rêver ; les Antilles à la une, plusieurs jours de suite? Mais que se passe-t-il donc? C’est une révolte. Que dis-je : une révolution. Au-delà des conneries officielles habituelles, le mouvement antillais est un geste d’envergure contre la peste du système économique libéral. Eh ouais ; le mot est lâché. Petits rappels historiques et mises en liens. […]

Florilège d’exactions
- le 14 février 1952 : massacre de la St Valentin fait 4 morts et 14 blessés.
- En 1959 : tensions raciales en Martinique. Trois jours d’émeutes durant lesquelles trois jeunes seront abattus. Face à la réaction inattendue des Martiniquais le Bureau des Migrations des Départements d’Outre-Mer (BUMIDOM), organise la migration de la jeunesse antillaise.
- En 1961 : les ouvriers de la canne martiniquais son en lutte pour une augmentation de salaire, trois hommes restent sur la carreau.
- fin mai 1967, des ouvriers du bâtiment en grève, deux nuits de suite les flics
tirent dans le tas, tuant de 80 à 200 personnes. [4].
- En février 1974, une grève des ouvriers agricoles du Lorrain en Martinique est réprimée.

La Gwadloup sé pa ta yo
«Pas très original tout ça, ça en deviendrait lassant. […] Jusqu’à la mort hier soir de Jacques Bino, membre de la CGT et du LKP, dans des circonstances pour l’instant peu claires. Les spéculations vont bon train. […] Mais le ton d’une majorité des articles sur la question laisse deviner qu’en métropole, on se dit qu’ils poussent un peu, les Guadeloupéens. Ca fait jaser, cette impression donnée par le LKP et autres, que les revendications sociales apparaissent éminemment liées à des problèmes d’ordre racial. C’est vrai, quoi, merde, soit c’est social, soit c’est racial, on sait bien ça en France, et si c’est l’un et l’autre ah ben ma bonne dame, c’est une dérive communautariste!»
«Il y en a pour analyser la chanson du LKP «Gwadloup sé tan nou» comme un cri nationaliste nauséabond, possiblement même une de ces éructations anti-blanches qui font pisser Finkielkraut dans sa culotte. C’est bien évidemment oublier comment les choses marchent en Guadeloupe, et ignorer une histoire qui à travers les siècles a constamment confondu les classes sociales et raciales.» […] «Ah ben merde, alors, nous v’la bien. Traiter les Guadeloupéens de racistes anti-blancs, ça ne va pas être suffisant. […] Le racisme n’est jamais indépendant du social, n’en déplaise aux bourgeois du CRAN, aux Patrick Lozes et autres social-traîtres comme Patrick Karam (le délégué qui appelle à mettre fin à la grève [9] qui aimeraient bien ramener la couverture à eux vers leur combat de salon chic, identitaire et
élitiste.»

«S’il est difficile de ne pas faire la connexion entre la lutte en Guadeloupe et en Martinique et les récentes grèves anglaises, c’est bien qu’elles ont ceci en commun d’être des actions d’envergure contre la peste du système économique libéral. Eh ouais, le mot est lâché. Et il est salement de saison, alors qu’on nous promet depuis quelques mois la pire récession que le monde ait connu depuis 1929, que les couvertures de magazines se multiplient qui demandent si c’est la fin du capitalisme.» […] «Le programme utopique envisagé dans le manifeste, cette vision de « petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant » peut faire sourire. Mais ils expriment les possibilités entrevues dans ce moment de résistance, où, une fois n’est pas coutume, les Antilles ne se trouvent pas isolées de la métropole alors qu’on les écrase à coups de crosse.»

Sous le sable, les pavés de l’idéal républicain
«L’affaire est résolument et inévitablement nationale, rappelant à ceux qui l’avaient oublié [10], que l’esprit des idéaux de la révolution française - la vraie, la sociale et populaire - de liberté et surtout d’égalité ne sont jamais tombés dans les oreilles de nègres sourds, en Haïti bien sur, mais aussi dans toute la Caraïbe, malgré les différences d’histoire entre Guadeloupe, Guyane et Martinique. La France et ses dépendances ont une histoire sociale profondément liée malgré la relégation et c’est ce que semblent avoir compris certaines partis de gauche, lors de leur manifestation de soutien [11] aux grévistes guadeloupéens. Si les Antilles ont finalement l’opportunité de contribuer à une conversation sociale nationale, ça va chier des bulles. Et sinon? Des pavés.»

[1] Voir cache de leur site ici : aux dernières nouvelles, le site était
suspendu pour “abus de bande passante.”
[2] (Récemment accusée d’employer de la main d’oeuvre étrangère sous-payée dans des raffineries en Grande-Bretagne, la compagnie à réalisé en 2008 son plus gros profit de tous les temps)
[3] Voir video de son interview ici.
[4] Voir article chez Bakchich.
[5] Voir ici.
[6] Dixit Le Monde.
[7] Voir ici.
[8] Tiré d’une interview au Journal du Dimanche.
[9] Lire sur La feuille de Manioc, un blog hilarant et du meilleur aloi : «Il faut savoir arrêter une grève», plaide Patrick Karam et aussi «Lozès tente de récupérer le TGV guadeloupéen ».
[10] Lire « Les Jacobins noirs », récemment réédités aux éditions Amsterdam.
[11] Voir http://www.npa2009.org/content/mani...

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