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15/02/2009

Guadeloupe, les mots et les choses, le malentendu

abraracourcix.jpgFrançoises et François, par Toutatis! Parlons un peu françois!

L’autre soir, chez Denisot de Canal+ de révérence et moins de pertinence, le Secrétaire d’Etat à l’Outre-France, Yves Jégo, a en quelque sorte et de son propre Abraraccourcix, soit de son propre chef, désigné une des causes, de la crise aux Antilles françoises. Entre métros et ultras, ce qui veut dire en langue vernaculaire de là-bas entre métropolitains et ultramarins, le malentendu serait une des choses, ce qui en françois équivaut à dire une des causes, des pestiférations antillo-guyano-réunionaises. Eh oui! Nostre langue françoise est riche et belle.

En passant Songez qu’on dit «de son propre chef» parce qu’on opine, oh oui alors! Mais tout seul avec sa propre tête, oh zut alors! Façon de dire qu’on est d’ accord tout seul avec soi… Cochon! Le mot chef est issu du latin vulgaire capum, vulgaire on en était à peu près sûrs. Lequel capum est à son tour issu du latin classique caput. Kapput, le gouvernement va finir par l'être. Caput donc qui signifie en latin «tête», «extrémité», oui mais encore, «pointe», aïe! Ou encore «partie principale, «partie capitale». Non mais ç'est fini les allusions grasses? Au figuré, c’est du propre en effet… A tout entendre, il n’y a pas de quoi ramollir le mâle avec cette étymologie de porcinet.

L’ego mâle entendu

Pour ce qui est du mal entendu, feuilletons de manioc ce que le Trésor de la langue françoise comprend, histoire de sonder, décidément, ce que le sous-ministre à l’Outre-mer, Yves Jégo sous-entendait au fond de la mare. Chief a été remplacé par tête au XVIe siècle dont quelques survivances de cet emploi subsistent dans couvre-chef, ce qui «couvre la tête». Alors affaire d’ego ou d’entendement? J’ego ou j’entends? On aurait voulu s’abstenir on a pu se retenir. De vrais cochons! Mais un p’tit coup et nous revoilous à la teste, au chef… Le gouvernement n’a-t-il pas affiché sa volonté de garder le cap? Il lui est apparu capital de dire à ce stade du blocage aux hordes de sucrés de nos îles à sucre: «L’Etat fera respecter le droit en Guadeloupe». Autrement dit cékikikommande ici hein? «C’est moi le chef», a rétorqué l’Empereur du Château de l’Elysée. S’il ne l’a pas dit, il l’a pensé tellement fort que ça a ondoyé jusqu’aux feuilles de Manioc qui en ont vibré comme un caisson de basse. Mmmh! Kiveu Zouker avec Kamanioc?

Chef est l'un des termes utilisés pour désigner la tête d'un homme ou d'un animal. L'idée de base commune à tous ces usages, est celle d'«extrémité». Ben voyons! Même l’anglais, chief partage la même racine que le mot qui nous turlupine. Dans cet emploi, il est concurrencé par teste. Eh oui! du même accrochage que les gonades génératrices mâles des animaux, en clair nos testicules. Et si ces autres parties de la Nation, les Antilles, la Réunion, la Guyane, Saint-Martin, décrochaient, que deviendraient non ministricules? Secrétaire d'Etat, Délégué interministériel... Pour notre affaire, c’est à bon droit que le patrimonial rejoint le testimonial car attester c’est être d’accord. Et le gouvernement pourrait tester, c’est à la mode, les «défenses immunitaires du mouvement» pour voir s’il est en accord avec l’opinion du peuple qui opine. Forcément! Capum d'où chief, d’où encore chapeau, coiffe... Bizarre comme on se retrouve entre maux des mêmes bijoux de famille. Hé dis, Tonton! Voilà ti pas le capo de la maffia? On tourne en boucle à finir chèvre, sans être chef.


Appel aux citoyens

En boucle parce que le chef exprime essentiellement en français moderne l'idée de domination et c’est de cela dont il s’agit Outre-mer. Le terme désigne une autorité humaine, chef d'État, chef d'orchestre. Et un complot? Ca aussi ça s’orchestre, n’est-ce pas messieurs les parrains des consorts Patrick Lozès et Dominique Sopo? Et pour cause, chef entre dans l'expression «de son propre chef» qui nous a menés dans ces bas-fonds… de la langue, espèce de cochon! «De son propre chef» exprime «de sa propre autorité», et d’autorité il est bien entendu, pour finir, que nos pantins de SOS Racisme, du CRAN et de Ni putes ni soumises n’en ont point qui soit morale ou autre. Eux qui s’occupent en général de tout y compris de choses qui ne les concernent pas telles que le terrorisme… Quant au LKP, c’est sûrement parce qu’ils n’ont pas bien entendu les propositions du gouvernement et du MEDEF local qu’ils lancent l’appel suivant:

«Nous, Continuité Liyannaj Kont Pwofitasyon, constitué dans l’Hexagone pour soutenir les mouvements initiés en Guadeloupe contre la vie chère et pour la suppression des inégalités entre l’Hexagone et les pays d’Outre-Mer, appelons tous les citoyens, artistes, associations, syndicats et partis politiques conscients et épris de justice à se mobiliser pour faire aboutir les négociations. Appelons l’ensemble des citoyens à la vigilance pour le respect des droits humains en Outre-Mer comme dans l’Hexagone. Appelons à manifester massivement le samedi 21 février.

Amitié Marie-Galantaise, CGT-CASVP, KAPESTERIEN UNP, DEFISEJUDOM, TNT, ARMADA, CHOUKAI, Association ATOME, SUD-TMT,SUD-CT Ville de Paris, Collectif Solidarité, Association AGORA KARAYIB, Théâtre de l'Air Nouveau, Regards Ultramarins, CIFORDOM, Génération Consciente, Ile et Solidarité, Gran Balan, la cie Boukoussou, la cie L'Autre Souffle, la cie Man Lala, Balkouta, Eritaj, la cie Awa, Action et Participation, Confédération Syndicale des Familles, Collectif DOM-TOM-US-CGT Ville de Paris, NPA et de nombreuses personnalités à titre individuel…»

Remarquez comme c’est curieux… On ne retrouve pas nos pieds nickelés péroreurs habituels, SOS Racisme, leCRAN, Ni putes ni soumises...

Un peu de technique littéraire

MALENTENDU, -UE, adj. et subst. masc.
I. − Adj., vx. Qui témoigne d'une divergence d'appréciation; qui ne convient pas.
1. Schiller, pour se rapprocher du goût de son siècle, avait cru devoir diviser le choeur en deux moitiés, dont chacune était composée des partisans des deux héros (...). Il avait, par ce ménagement malentendu, dépouillé le choeur de l'impartialité qui donne à ses paroles du poids et de la solennité. Constant, Wallstein, 1809, p. XXII.

II. − Subst. masc.
A. − Divergence d'interprétation sur la signification de propos ou d'actes entraînant un désaccord. […]
2. ... il y a, fatalement, à la base de tout amour passionné, un malentendu, une illusion généreuse, une erreur de jugement: une conception fausse qu'on s'est faite l'un de l'autre... Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 839.
B. − Désaccord entraîné par une telle divergence. […] C'est la tricherie d'amour qui fera naître les malentendus les plus graves, les plus durables, et les rancunes les plus véhémentes (Jankél., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 163):
3. Le désaccord n'avait fait que grandir, aggravé par un de ces singuliers malentendus de la chair qui glacent les plus ardents: il adorait sa femme, elle était d'une sensualité de blonde gourmande, et déjà ils couchaient à part, mal à l'aise, tout de suite blessés. Zola, Germinal, 1885, p. 1305.

Étymol. et Hist.
1558 «divergence d'interprétation sur des paroles et des actes, qui empêche l'accord» (Pap. de Granvelle, iv, 369 ds Barb. Misc. 17, 1936-38, t. 4, p. 316); d'où 1600 «mésentente qui résulte de ce manque d'accord» (Lettre de Henri IV in Laffleur de Kermaingnant, Mission de J. de Thumery, pièces justif., 156, ibid.). Comp. de mal* adv. et de entendu, part. passé adj. de entendre*; dès 1507, comme adj. au sens de «mal intentionné» (Le résolu en mariage, 187 ds J. Le Fèvre, Lamentations de Matheolus, éd. A. G. Van Hamel, t. 2, Appendice, p. 134). Fréq. abs. littér.: 772. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 219, b) 412; xxe s.: a) 1067, b) 2233. Bbg. Mack. t. 2 1939, p.198, 285. Source.

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