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14/02/2009

La politique des «pires»

esclave.jpgGuadeloupe: de l'intérêt de la transparence et de la représentativité

Hier chez Michel Denisot sur Canal+ (13.02.2009), on a pu voir Yves Jégo le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, fraîchement débarqué des Antilles nous expliquer, la mine compassée, combien ce qui se déroule là-bas tient au tabou, au poids de l’histoire, aux positions structurelles issues de l’esclavage, à la question raciale. Il s’exprimait face à un Jean-Michel Apathie toujours pathétique, peinant à dissimuler sa gêne, et devant une tablée de journalistes  feignant eux, de découvrir des réalités superbement déniées, en l'espèce la méprise de nos compatriotes ultramarins, français de tierce-zone.

Alors qu’en métropole, les marionnettes à l'image du CRAN, dévouées aux apprentis communautaristes, tentent sous le concept de la «diversité» de nous faire gober l’horizon irénique du métissage ce cache-sexe-idéologique, histoire de repeindre en couleurs arc-en-ciel le communautarisme d’agendas eux aussi inavouables; alors qu'en métropole toujours, d’autres se préoccupent de réécrire les événements de Gaza pour restreindre l’urgence de la lutte contre le racisme en particulier, c’est le cas de SOS Racisme, lige d’un Parti Socialiste de tout temps mal à l’aise vis-à-vis de la question nègre, alors que tout cela, c’est bien l’empreinte Ô combien vivante du produit de l’esclavage des noirs et de la colonisation qui inflige un cinglant démenti à ces impostures. Et ce ne sont pas les aveux de morgue haute d’une pensée basse de M. Huygues-Despointes qui contrediront les faits. Elle est bien plus partagée qu’on ne daigne l’admettre.


lozes2.jpgReprésentativité et légitimité

On sera bien obligé d'en convenir. Une des causes profondes de la crise en Guadeloupe et de sa propagation sous d’autres motifs à la Martinique puis à la Réunion et à la Guyane, tient à l’affaiblissement des groupes dominés, par divers moyens tels que la corruption de leurs élites et la réduction de tout ce qui travaille à limiter et contredire les intérêts du groupe dominant. A trop jouer l’éradication des résistants et des militants, on anéantit de conserve ses interlocuteurs. Or, dans toute crise il en faut qui soient crédibles, notamment auprès des masses sur lesquelles on prétend exercer son empire. C’est aujourd’hui le problème du pouvoir et du MEDEF local qui défend les intérêts des Békés. Chacun à sa manière paie un mépris intact pour les descendants d’esclaves, et plus que les revendications sociales, 200 euro ne rétabliront pas une dignité, les ultramarins exigent du respect. Dès lors les négociations sont possibles et c'est la fraternité qui s'installera.

Il demeure, hier encore, au dîner du CRAN auquel des ministres ont cru devoir particper, Patrick Lozès (photo ci-contre) prétendait que la question de la «diversité», nouvelle fausse monnaie politique depuis l’élection d’Obama, n’était pas concernée par la lutte contre le «racisme». Ils s'agit pour lui comme pour ses parrains de déracialiser aux forceps la question noire. Au lendemain de ce propos, la crise en Guadeloupe l’obligeait à un de ces rétropédalages dont seule l’indignité possède le secret. Son épître sur le racisme aurait alors pu être du premier Kemi Séba.

Lozès comme Sopo courent après l’agenda de leurs maîtres respectifs. Or nul au gouvernement, nul au sein des partis, nul parmi les élites intellectuelles n’ignore qu’ils contribuent directement à saper la démocratie en accréditant les impostures et en tentant d’imposer des représentants illégitimes aux populations. Tôt ou tard, l’Etat paie l’addition de cette corruption. Aujourd’hui, ni Lozès, ni Sopo ni leurs équivalents antillais, les sous produits sont nombreux, ne sont d'une utilité quleconque pour résoudre la crise. Les camarades du leader du mouvement Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP), M. Domota Elie, l'«élu» en hébreux, le surnomment Moïse. Il pourrait être évangéliste, et alors? Novice d’une loge maçonnique pourquoi pas, peu importeraient alors ces aspects. C’est seulement comme mandataire d’aspirations transparentes et populaires et non sectaires et obscures, qu’il est tout à la fois le nœud et la solution du problème.

C’est la leçon Guadeloupéenne. Puisse-t-elle inspirer nos dirigeants, les conseillers de M. Sarkozy comme les responsables politiques de l’UMP, du MODEM et du Parti Socialiste, afin que leurs responsables entendent l’impérieuse nécessité de mettre un terme aux manipulations accréditant la pire des solutions s’agissant des français noirs et d’origine arabo-musulmane, la captation des causes puis la cooptation plutôt que l’élection. C’est à chaque fois la politique des «pires» qu'ils promeuvent, et c’est à la fin, la République qui perd. LFDM

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