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12/02/2009

Société Générale, les africains enfumés

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Les milliards en Afrique ? Une paille ! Alors pour la fumée…

On apprend que les dirigeants super compétents selon la rhétorique du MEDEF parisotine, méritants naturels et principiels de rémunérations annuelles pouvant aller de 40 à 60 années d’un bas revenu, n’auraient pas seulement sévi en Gaule. Ils auraient aussi contaminé l’Afrique subsaharienne de leurs actifs toxiques et c’est le moins qu’on puisse dire. Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique rapporté par les sources casaffre.com et télédiaspora.net, la Société générale aurait «fait perdre près de 328 milliards de francs CFA (environ 500 millions d’euros) à la Banque centrale des Etats d’Afrique centrale (BEAC), à la suite de placements à risques». Lien.

Selon la seconde source, «ainsi que le souligne le communiqué final […] les chefs d’Etat de la CEMAC, édifiés par les analyses et les éléments d’éclairage «conformes et concordants» soumis à leur haute attention, ont procédé à un examen minutieux de la situation des placements de la BEAC auprès de la Société Générale des Banques de Paris, en particulier celui portant sur près de 500 millions d’euros (soit 328 milliards de francs CFA), sur la base d’un dossier qualifié d’inconsistant, sans réunion préalable du comité opérationnel, ni d’avis préalable du département des affaires juridiques et des contrats. Une situation qui, précisent nos sources, aurait occasionné des pertes en capital de 16,4 milliards de francs CFA!» Lien.

Comme chacun le sait, la relation de la Gaule avec l’Afrique est dure, faite de cul et fric. De son temps, François-Xavier Verschave et ses amis d’Agir ici Survie, en avaient fait connaître le concept: la françafrique. Manioqueur, vous connaissez notre adage. Dans la vie il n’y a que deux catégories d’individus, les farceurs et les farcis. Au moment où un ministre, ex-consultant, (Kouchner trouve moral de percevoir des sommes mirobolantes qui couvriraient à elles seules les soins de santé primaire d’un pays tel le Gabon, pour seulement procéder à des constats que les médecins locaux étaient en mesure d’établir par eux-mêmes, voila qu’un autre pan de notre relation captive françafricaine dévoile ses avantages. 328 milliards de Francs CFA.


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Pré carré ou terres de prédation?

Selon nos calculs, cette perte sèche correspondrait à 1.100.000 médecins/mois de très bon niveau à raison des rémunérations pratiquées dans la région (300.000 francs CFA en moyenne). Sachant qu’en France où la couverture de santé est l’une des meilleures et des mieux réparties au monde, et qu’on y compte à peu près 1 médecin pour 284 habitants, cette seule perte suffirait à rémunérer l’équivalent en médecins et pendant 10 ans, en couvrant l’ensemble des Etats de la sous région qui compte près de 35 millions d’habitants. Les chiffres sont comme les mots, ils ont un sens qui peut aussi être moral puisque M. Kouchner s’en prévaut. A cet égard insoupçonnable, le Professeur Bernard Debré, frère de l’autre et fils du premier, ne dit pas autre chose lorsqu’il «se dit "choqué" par le montant de l'étude effectuée par Bernard Kouchner, [et ]ne se voit pas "demander des fonds à un pays pauvre". "Je savais que Bernard Kouchner était souvent au Gabon, et quand j'y suis allé, je m'en suis toujours tenu éloigné parce que j'avais quelques inquiétudes... Quand on va aider ces pays, on évite, à mon sens, de demander de l'argent», souligne le professeur (Lien). Prend ça dans les dents, pour le râtelier, consulte un confrère.

Après les médecins les banquiers. M. Morin vient d’évoquer le déploiement militaire françafricain, preuve de l’intérêt intact de la Gaule pour ses francophones et autres… L'actualité judiciaire de l'Angolagate se passe de commentaires... Sauf pour les dénégateurs des media-PRAVDA qui demandent encore à être convaincus de ce dont ils se gavent, leurs patrons étant opérateurs en Afrique. Aujourd’hui on apprend les bénéfices faramineux de TOTAL qui ne doivent, évidemment rien au sous-sol du golfe de Guinée où sévissent dans des potentats appelés Républiques, les sous-préfets de nos intérêts économiques. Laurence Parisot n’y trouvera que de la vertu verte, comme la Feuille de Manioc. Bien sûr! Aujourd’hui on apprend les bénéfices faramineux de TOTAL qui ne doivent, évidemment rien au sous-sol du golfe de Guinée où sévissent dans des potentats appelés Républiques, les sous-préfets de nos intérêts économiques. Laurence Parisot n’y trouvera que de la vertu verte, comme la Feuille de Manioc.

C’est pourtant à l’aune de ces relations putrides que les exégètes de Saint Germain des Prés, prompts à faire la leçon à l’Afrique, devraient  relire l’épître de Dakar aux négros et aux bougnoules. Parmi ses milles promesses de rupture avant qu’il ne se retourne jusqu’à se rompre lui-même, l’Empereur avait pourtant promis de mettre un terme à ces pratiques malsaines. Son Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie d’alors, Jean-Marie Bockel, avait d’ailleurs cru au changement critiquant vivement lors des voeux à la presse «la gestion des revenus pétroliers en Afrique avant d’annoncer «le décès de la Françafrique». «L’un des premiers freins au développement de l’Afrique, c’est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie des structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants». Source. C’est Bockel qui a pris la porte et dit-on, sur recommandation furieuse du Bongo que ces propos visaient, entre autres dinosaures africains. Aujourd’hui on apprenait la publication par un éditeur belge d’un autre ouvrage sur la françafrique. Encore un… Vous lirez ci-dessous la note de l’éditeur. Bref, plus ça change, plus c'est la même chose. Ce sont les négros qui se font enfumer… LFDM

Ouvrage: Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée. Lien.

Pendant la campagne des élections présidentielles en 2007, le candidat Nicolas Sarkozy a multiplié les annonces de rupture avec la politique africaine de ses prédécesseurs, dénonçant le soutien aux dictatures, la diplomatie secrète, le clientélisme ou encore les détournements de l'aide au développement, bref la "Françafrique". Pourtant, au regard des actes posés depuis sa prise de fonction à l'Élysée, le président français n'a pas tenu ses promesses: perpétuation de relations clientélistes, discours essentialiste de Dakar sur l'"homme africain", soutien à des dictateurs, défense de l'affairisme français, intervention militaire au Tchad, rôle joué par certains émissaires officieux, la politique africaine de Nicolas Sarkozy s'inscrit plus dans une continuité que dans une rupture. Elle est une perpétuation de la politique néocoloniale que chaque président français a poursuivi depuis les "indépendances" africaines.

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