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09/02/2009

Gaston Kelman, le noir masqué

kelman_masque.jpg«Un noir n’est rien d’autre qu’un blanc à la peau noire»

Et revoilà l’illustre noir-bourguignon ou le bourguignon-noir, c’est selon. Dans ses flâneries méditatives et vigilantes sur le ouaibe, votre Feuille de Manioc l’a surpris en mal d’Afrique (03.02.2009). Lui qui se complait à se circoncire en public de sa lagune natale du Wouri à Douala, infestée de moustiques, où il naquît il y a plus de 50 ans, un jour de deuil pour la nature et l’esprit. Lui qui fut encensé par la presse germanopratine dans l’indigente et unique mesure d’avoir déclaré abhorrer le manioc tout en étant noir… (Livre) Audace qui l'a consacré comme intellectuel du quartier latin; lui qui se dégoûte comme tel, c'est-à-dire noir, et trouve non pas intelligent, mais héroïque de le dire; lui qui rencontre des non moins imbéciles pour estimer utile de l’inviter pour si peu, c’est dire le niveau du journalisme en France; lui qui… Bon, on ne va pas y passer la journée non plus. Le voilà qui s’en va faire l’africain à Oléron, histoire, pour quelques sesterces et d'une maigre pitance, de combler  les faims de mois en loucedé. Tenez :

«Le festival d’animation du Pays Marennes Oléron commence le 18 février avec la venue de Bernard Magnier à la médiathèque de Marennes à 18 h. Le thème de la rencontre, littératures d’Afriques, en guise d’introduction à deux mois d’animations : ateliers d’écriture et soirées poésie avec le poète camerounais Anne Cillon Perri […] rencontres avec les auteurs Assina Mohammedi, Gaston Kelman, Tierno Monénembo […]» Source Bibliopromo.

Littérature d'Afrique ou soif de bourgogne?

Verts de chez verts… On s’est frottés les yeux au manioc. On a cru rêver. Dans un festival Frônçais de Marennes Oléron d’en-Gaule on s’attendait à voir notre Gaston Kelman étaler son érudition pour sa culture d’adoption la Bourgogne, pour ses sites classés, son histoire, celle des Burgondes, d’Alésia à Fontenoy; pour ses célèbres abbayes romanes de Cluny, ou encore les cisterciennes. Il aurait aussi pu, allant se goinfrer de fines de claires de Marennes, lui qui d'usage s’étale sur les denrées qu’il n’aime pas, montrer ce côté gourmet dont les rustres de son acabit sont privés, évoquer le poulet de Bresse, beau gallinacé aux pattes bleues et emblème cocardier de la France, cette «Madone du fond des âges» (selon la mythification de l'autocrate de Gaulle) qu'il croit aimer, célébrer les proportions époustouflantes de la vache charolaise et louer l'esthétique de ses boucles permanentées.


Du côté soif et gorgeon de vin, rien ne manque pourtant au pays de Guy Roux duquel le Gaston d'Evry devrait se rapprocher, ça le rendra moins inconsistant. Le premier, avisé comme nul autre pareil, lui enseignera l'art de faire des économies... d'âneries. Il aurait pu parler des festivités annuelles autour des Hospices de Beaune, parler des grands vins de cette région et surtout de ses tonnelleries, du Pommard, du Pouilly Fuissé ou du Bourgogne Aligoté. Qu’il évite la moutarde de Dijon parce qu’elle lui monte au nez se comprend, l’olfactif bantou étant plutôt éduqué au choc guttural du pili-pili (piment) qu’à celui, très nasal, de la moutarde. Mais en revanche, rien n'interdisait qu'il s’étende sur les célèbres escargots, cousins terretres des bigornots de Marennes Oléron. A se damner préparés au beurre manié avec persillade aïolie. Là au moins, il aurait mimé le bourguignon qu'il n'est pas encore… Et ce n'est pas logé à Evry que ça s'apprend. Il faut tâter le cul des vaches. Pour ce, demander la formule à Chirac. Bref, Gaston Kelman aurait pu, pour une fois, faire semblant d’être dans le vrai! On aurait pu, à défaut de comprendre l'incompréhensible, s’expliquer pourquoi il n’aime pas être noir. Car nous ici, on aime tout ça, et en plus, on se paye le luxe d’adorer tout ce qui vient du monde, le saka-saka mais vous l'aviez compris,le poulet yassa, le n'dolè, le tcheboudjene, le coucous au mérou de tunisie, et surtout! le bâton de manioc, sans oublier le raffinement des mets, chinois, les épicéades indiennes, les succulences brésiliennes, bref on aime le monde ici. Mais c'est drôle combien on a pas besoin de s’en vanter. Parce que nous au moins, lorsqu'on se cire le chauve on ne le crie pas près de ceux que ça dégoûte! Justement parce que les autres s'en branlent! Comprends-tu ça? Mais c'est déjà trop...

Foin de tout cela, au lieu de nous dire la Bourgogne, il joue au noir... en loucedé. Pour taper sur l'histoire de la Traite, ce «mythe» d'autovictimisation (on reparlera de son dernier ouvrage, Les hirondelles du printemps africain chez Lattès, déjà pour dire à cet ignare qu'il n'y a de printemps que dans les pays tempérés). Les mendiants sont d’une contingence à surprendre jusqu’aux esprits les plus avisés. Il est vrai lorsqu’on a faim, qu'on mange à tous les râteliers ce qu’on trouve, y compris du manioc, et qu'on finit par le trouver succulent dans sa gueule de merde. Pour un élu qui pensait que lui méritait de venir en France, ce qui n'est pas le cas de ces autres noirs : «j’avais un niveau qui me permettait (il simule les guillemets en l’air, de ses doigts rageurs) de venir en France […] Je ne suis pas venu par la clandestinité» (video 3A Télésud 21.10.2007), qui les invite à rester chez eux, ce qui en passant serait une bonne chose, mais comble de tout, qui s'anéantit comme noir lorsqu'il déclare qu’«un noir n’est rien d’autre qu’un blanc à la peau noire», ce doit fichtrement être pénible de devoir faire le nègre, même critique, dans un festival qui annonce honorer la culture africaine... qu’il croit pouvoir mépriser ce dont il n'a pas les moyens de l'esprit.

horus.jpgDernière chose pour élucidation, un apport de la Grande Liste d'Horus: Gaston Kelman a officié pendant dix ans comme Directeur de l'Observatoire urbain d'Evry (Essonne) dont le maire est... Manuel Valls, lequel avait montré son attachement à maltraiter les questions de sécurité urbaines liées à l'intégration, adoptant un ton de droite dure. Il se rêvait et se rêve peut-être encore, Ministre de l'Intérieur. C'est l'un des bénéfices au bilan de la défaite de Ségolène Royal. Des mauvaises langues le disent Infiniment proche d'Alain Bauer. En Attendant, il y en a qui sont vraiment en demande de soins... LFDM

Ci-dessous, un extrait de la 4ème page de couverture de l'ouvrage qui échappé au pilon: «Je suis noir et je n'aime pas le manioc».

kelman_manioc_4eme_decouver.jpg

 

Commentaires

Bravo. c'est très bien écrit et plein de bon sens et de justesse. Une seule petite rectification. La 4ème de couverture apparatient à l'éditeur. Néanmoins, quand j'ai vu la phrase qui disait que le Noir n'est qu'un Blanc à la peau noire, j'ai demandé qu'on la change. Ce qui a été fait dans l'édition suivante. Vous voyez, camarade, mon cas n'est pas désespéré, même s'il est désespérant.

Écrit par : Gaston | 12/02/2009

Il pourrait être dit :

un blanc est un noir pas assez bronzé dont la mélanine est endormie.

Pour preuve, les crèmes qu'ils se collent l'été et les cachets qu'ils prennent pour bouster leur mélanie et devenir noir.

Écrit par : berna | 03/03/2009

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