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08/02/2009

Ramatoulaye YADE: "Alors qu’est-ce qu’on fait? C’est fini pour les noirs?"

ramabackchich.jpgVideo à voir absolument!

La Feuille de Manioc vous recommande vivement une vidéo du voisin Bondyblog. Il s’agit d’une interview de Ramatoulaye YADÉ, Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Reine de la ripaille annuelle du CRAN le 30 janvier dernier. Elle y évoque les conditions et le contexte de sa nomination. Script ci-dessous:

 

 

«Je veux bien qu’on pleure, qu’on hurle contre les gens, mais ça ne fait pas avancer ce qu’on vit. Le camp dans lequel je me suis engagé n’est pas le plus facile, mais je l’ai fait parce que si la droite le fait les autres suivront, voilà. Je partage certaines idées, pas toutes (sourire) certaines et je crois pouvoir le dire là, en étant soi, en étant convaincue, je ne suis pas là pour faire du prosélytisme, mais je suis obligée, c’est mon devoir de défendre le Président de la République lorsqu’il est mis en cause parce que c’est quand même lui qui a fait de moi un membre du gouvernement, c’est beaucoup… Après les quotas on peut ne pas aimer. Vous savez moi j’ai fait campagne, en disant que je désapprouvais l’utilisation par SARKOZY des mots «racaille» et «Karcher». Et pourtant j’étais avec lui. Vous voyez? C’est pas incompatible.»

Puis en off, à la fin de l'interview elle est plus diserte…

«[propos inaudible] «… dire, c’est par intérêt ! Il y a Ségolène ROYAL, il y a Nicolas SARKOZY, un des deux va gagner. SARKOZY avait 50% de chances. Qu’est-ce qu’on fait si il gagne… Qui a gagné ? Alors qu’est-ce qu’on fait ? C’est fini pour les noirs ? Pourquoi moi je suis rentrée dans le Gouvernement. C’est pas lui qui s’est dit : «je vais mettre Rama dans le gouvernement» C’est moi qui suis venue et je lui ai dit : «Et pourquoi pas moi ? Pourquoi j’ai fait ça? Parce que je ne vais pas avoir souffert pendant toute la campagne électorale, et qu’après, après il met tout le monde pourquoi pas moi?» Source bondyblog – Dailymotion - Dactylogramme LFDM

Commentaires

Le 27 novembre 2008

Objet :
« Droits de l’homme et "débilité intellectuelle" »


Madame Ramatoulaye Yade-Zimet
Secrétariat aux droits de l’homme
37, quai d’Orsay
75007 Paris


Madame,


Votre intervention devant un cénacle de faiseurs d’opinion parisiens bien-pensants, au cours de l'émission de Laurent Ruquier, On n'est pas couché, diffusée sur France 2 le 8 courant, me donne, non seulement l'occasion de vous rappeler ma lettre du 10 août 2007, toujours sans réponse à ce jour, mais de dénoncer, une fois de plus, les mensonges et les « croyances au miracle » sur lesquels continuent de fonctionner la collectivité humaine en général et la société française en particulier.

Toutefois, contrairement à ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, dont le récépissé postal constitue l’unique réponse à ce jour, je me borne à traiter ici de votre domaine spécifique, examiné sous l’angle plus étendu de la superstition moraliste sur laquelle se fondent les « droits de l’Homme ». Cette limitation du champ de la controverse est d’autant plus justifiée que la relecture du courrier précédent, toujours à votre disposition, confirme que tout vous avait déjà été exposé en matière de Superstition, au sens très précis d’ « absolutisation du relatif » tel que donné à cette expression par le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937).

Je vous rappelle néanmoins pour mémoire que l’ « absolutisation du relatif », expression de notre penser superstitieux d’où proviennent tous les mensonges et toutes les « croyances au miracle » du monde, est un procédé intellectuellement malhonnête consistant à présenter comme absolu, comme réalité ou Vérité absolue, le contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde, un monde où TOUT n’est pourtant que relatif - sauf à vous-même ou à quiconque de démontrer le contraire, notamment en matière de droits de l’homme ! ! !

Ce penser superstitieux - du seul fait d’ « absolutiser le relatif » - s’exprime dans la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, dans la métaphysique [Doctrine matérialiste depuis notamment Aristote jusqu’au scientisme contemporain, positivistes inclus, et scolastique idéaliste, ou pseudo-philosophie spiritualiste de Descartes ou de Kant, entre autres « philosopheurs » avec leur Dieu-Créateur disposant d’un prétendu « libre arbitre »], dans l’idéologie, toutes les idéologies sans exception - illusion altermondialiste incluse -, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : LAQUELLE ?], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle de 1948, dont seule l’inobservation est réellement universelle et son impuissance sempiternelle - sauf à vous-même ou à quiconque d’établir le contraire à l’aune de l’actualité de la planète, France incluse, et de son devenir durant les six décennies suivant la promulgation de son catéchisme pseudo universel !

Ainsi, compte tenu de ces considérations générales, qu’il ne vous est pas interdit de contester sur le fond, il s’avère que le titre de votre livre, Les Droits de l’homme expliqués aux enfants de 7 à 77 ans, est particulièrement bienvenu pour assimiler la « croyance » aux droits de l’homme à la croyance au Père Noël, puisque même Jeane Kirkpatrick, militante des droits civiques, n’hésita pas, alors, à franchir ce pas en faisant le parallèle entre la Déclaration de 1948 et la lettre au Père Noël - des vœux pieux, qui se matérialisent par quelques « coups » ici et là, ainsi que par les inévitables « on doit », on « devrait », « il faut », il faudrait » et autres expressions du même acabit à jamais sempiternelles de toutes les promesses de croire pouvoir changer le monde !

Le problème est que la « croyance au miracle » en des droits de l’homme à l'avenir radieux ne concerne pas seulement des enfants de 7 ans, encore bien crédules, mais d’adultes censés dotés de « RAISON » parmi lesquels nombre de chefs d’Etat et pléthore de faiseurs d’opinion publique dénoncés nommément dans le texte, Mensonges et lâcheté des élites, déjà annexé à mon précédent courrier.

A la réflexion, qu’il s’agisse seulement des droits fondamentaux de liberté et d’égalité, la Déclaration universelle de 1948, difficile à dépasser en promesses dans l’avenir le plus lointain, garantit tout simplement aux humains, d’aujourd’hui et de demain, de parvenir à transposer l’Idéal dans le quotidien en éradiquant les sempiternels maux de l’humanité, à commencer par ses divisions à l’infini ainsi que ses multiples formes de discrimination, et en établissant, de manière universelle et définitive : paix, justice, liberté, égalité et démocratie idéales - certes, DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, à la saint Glin-glin, ou si vous préférez « au bout du bout », selon votre expression, sur RMC Info, signifiant en clair : JAMAIS ! ! !

« Croire » pouvoir transposer l’Idéal dans le quotidien, ou introduire l’Absolu dans le relatif, philosophiquement parlant, c’est le signe le plus manifeste de la « débilité intellectuelle » parvenue à son apogée ! Ainsi la débilité intellectuelle de l’époque, de toutes les époques, s’exprime en toute occasion, où la Foi affiche sa suprématie sur la Raison universelle des humains sans jamais démontrer la moindre de ses affirmations gratuites ou de ses vœux pieux. Elle exige seulement de « croire », et les humains d’aujourd’hui ne s’en privent pas, au point même que l’expression moyenâgeuse « credo, quia absurdum » est on ne peut plus vivace !

Votre entretien du 30 octobre dernier avec Roselyne Febvre sur France 24 suffit largement à l’illustrer avec ses multiples effets d’annonce, puisque les droits de l’homme, certes largement bafoués sur tout le continent africain plus qu’ailleurs, notamment en matière de discrimination sexiste, religieuse, homophobe et ethnique – un comble pour « nos » donneurs de leçons de morale, qui en proviennent ! -, mais ils le sont également en Europe, mais également en France où la liberté d’expression n’est qu’un leurre sous l’action de groupes communautaristes, dont les membres ne sont pourtant – forcément ! – ni plus ni moins irréprochables que les Autres, ce qui devrait les dispenser à jamais de faire la morale à la France et aux Français – sauf à vous, évidemment, d’établir le contraire ! ! !

Et ils sont pourtant des centaines de millions de fous, de doux rêveurs, à travers le monde, qui, au lieu de penser « vraiment », de réfléchir tout simplement, continuent à répéter leur litanie, à scander leurs slogans d’un monde nouveau, d’un autre monde, d’un monde meilleur, d’un monde juste, etc., tout comme ceux d’autrefois, mais certains d’aujourd’hui encore, processionnaient en s’imaginant que leurs rites et leurs prières pourraient faire tomber la pluie - les « religieux » du catéchisme universel, prêtres et fidèles confondus, en sont encore là dans leurs croyances au miracle !

Le pire est que, non seulement les droits de l’homme n’ont aucune réalité dans leur pratique planétaire au quotidien, mais ils n’ont même pas de réalité absolue en théorie. En effet, aucun catéchisme du monde n’exprime quoi que ce soit d’absolu, et pas davantage le catéchisme universel, comme suffit à l’établir une immense contradiction en matière de liberté d’expression dans ses articles 19 et 29 – sauf à vous de démontrer le contraire !

En réalité, le catéchisme des droits de l’homme est un concurrent direct des catéchismes religieux, et son « Dieu-Morale », qui a pris la relève du Dieu « trois-en-un » des religions monothéistes, sert surtout ici, aujourd’hui encore plus qu’hier, à dicter LA Morale, et en conséquence à faire culpabiliser les Autres pour le plus grand profit de toutes les communautés et associations moralisatrices à sens unique et adeptes du « deux poids, deux mesures », ce qui n’était pas le cas avant 1981 - sauf à quiconque d’établir le contraire, puisque vous n’êtes pas en mesure de juger personnellement d’une époque où l’identité nationale ne se déclinait pas en groupes communautaristes ethniques ou religieux bénéficiant de droits supplémentaires au nom de la « discrimination positive », et non au seul mérite de l’école républicaine, de la maternelle à l’Université !

Comme je crois avoir amplement établi dans ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, arguments intellectuels et philosophiques à l’appui, les mensonges et les « croyances au miracle » de l'époque, je n’argumente pas davantage ici, mais je n’en attends pas moins vos éventuelles objections au contenu de ce courrier, pourvu qu’elles soient intellectuellement et philosophiquement étayées sur le fond.

Je ne peux m’empêcher toutefois de relever l'inexactitude de votre propos, incohérent au vu de la réalité mondiale d’aujourd’hui, puisque vous n’avez pas hésité à dire: « Sans les droits de l’homme, il n’y aurait pas eu l’abolition de l’esclavage ! » Certes, sur la promesse en papier des droits de l’homme de 1789 et de 1948, l’esclavage est théoriquement aboli, mais dans la réalité actuelle du terrain, il perdure sur le continent africain, ainsi que l’a établi Malek Chebel dans son ouvrage, L’esclavage en terre d’islam, publié par les Editions Fayard en 2007 - et vous ne pouviez pas l’ignorer !

C’est pourquoi, dans un monde où la Raison, et non la Foi, ferait la loi, une telle contradiction entre votre propos et la réalité du terrain suffirait à vous disqualifier dans votre fonction, au motif de vérité partielle et partisane ; certes, vous n'en avez pas l'exclusivité dans le monde politique - et pas seulement -, mais c’est tellement « juteux » de faire culpabiliser les Autres, individus et groupes individus, sans être soi-même « irréprochable » !

En résumé, ainsi que l’avenir le plus lointain ne pourra que le vérifier, en me donnant ainsi raison, j’affirme sans aucune ambiguïté que « RIEN », pas même le catéchisme universel contemporain, n’est en mesure de transposer l’Idéal dans le quotidien, de faire de notre monde un monde idéal, parfait, avec des humais à jamais imparfaits – sauf à vous ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

Le « croire » possible, sans apporter jamais aucun argument contraire, c’est précisément le signe indéniable de la « débilité intellectuelle » de l’époque, fondée sur la Foi et non sur la Raison, comme votre embarras sur le plateau et de multiples contradictions continuelles entre la théorie, l’Idéal, et la pratique, la réalité quotidienne du monde, en sont l’illustration. Quant à le « faire croire » au moyen du catéchisme universel, c’est une « escroquerie » intellectuelle planétaire, qui manipule et trompe sciemment l’opinion mondiale.

En conséquence, vous ne pas vous dérober encore une fois, sauf à manifester par votre obstination dans le silence et le refus de débattre votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde - ceux d’hier et d’aujourd’hui, mais également de demain s’ils perdurent !

Dans l’attente de vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement argumentées, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées.

Annexe : Lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy

Écrit par : ralph1344 | 08/02/2009

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