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04/02/2009

Les convictions de Lilian Thuram

thuram.jpgTHURAM n'y a pas bon banania

Lu sur le Journal Le Monde (03.02.09) cet entretien de Lilian THURAM, membre du Haut Conseil à l'intégration (HCI) depuis 2002, et recordman de sélections en équipe de France (142). Il s'exprime sur les grèves et revendications en Guadeloupe. Interview:

«La grève générale, qui paralyse la Guadeloupe depuis le 20 janvier, ne laisse pas insensible celui qui est l'un des plus célèbres natifs de l'île : l'ancien footballeur Lilian THURAM, 37 ans, retraité des terrains depuis six mois, après la découverte de problèmes cardiaques.»

Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion…, «combien de divisions?»

«Le Monde : Que vous inspire la grève générale en Guadeloupe ?
Lillian THURAM :Je trouve que l'écho qui est fait de ce mouvement, qui dure depuis presque deux semaines, n'est pas très important. Imaginez la même situation de crise dans toute autre région de France: je pense que cela attirerait davantage l'attention. Concernant les revendications sur la "vie chère", elles me semblent d'autant plus légitimes qu'elles sont justifiées par l'Etat lui-même : lorsqu'un fonctionnaire est muté de métropole aux Antilles, il touche en effet une prime de "vie chère", qui augmente son salaire de 40 %.C'est bien la preuve que l'Etat a conscience que le coût de la vie est exorbitant là-bas.»

Ce qui démontre à tout le moins, que si les pouvoirs publics en ont conscience, c’est uniquement parce qu’ils s’en tapent le coquillard. Et l’opinion métropolitaine pareillement. On connaît la célèbre phrase de ROOSEVELT reprise par STALINE à propos de l’état des forces militaires françaises : «combien de divisions?». En l’espèce la réplique est à double sens. Le cas particuliers des Antilles et de la Guyane qui partagent le même sort géopolitique montre que ces territoires pèsent peu dans l’agenda national, et sont dispersés par les intérêts politiques qui les dominent, au point précis où leur élite, ou ce qui en tient lieu, fait concurrence pour se brancher. Nous avons ici même évoqué les impostures du Collectif-Dom et du CM98 pour ne parler que de ces instruments-là. Ils ont uniquement servi de rampe de lancement à Patrick KARAM pour un strapontin au gouvernement comme Délégué interministériel à l’égalité des chances ultramarines… D’autres ont alors hurlé simplement parce qu’ils furent les oubliés des prébendes. C’est dire si le pouvoir s’en tape parce qu’il sait diviser. Tant qu’on ne traitera pas des problèmes de fond…


Les quotas ethiniques expédients de la question raciale et des ségrégations structurelles

«L. M. : Cette crise guadeloupéenne ne révèle-t-elle toutefois pas un malaise plus profond au sein de la société antillaise ?
L. T. Si. Quand on regarde la situation économique de l'île, on se rend compte que la majorité des richesses est détenue par les "békés" (les descendants des esclavagistes), lesquels, blancs, représentent moins de 1 % de la population. Ce sont eux qui possèdent la majorité des terres, les supermarchés, les sociétés pétrolières, et qui fixent les prix partout aujourd'hui. Ils détiennent 90 % de l'économie guadeloupéenne. Imaginez le ressenti de la population, noire à 90 %, et donc descendante des esclaves, qui subit l'hégémonie des enfants de ceux qui les fouettaient il y a encore cent soixante ans ! Si on ajoute le fait que les patrons des grandes entreprises, le préfet, les grands responsables et décideurs de l'île sont presque tous blancs, dans un territoire dont l'histoire est profondément marquée par l'esclavagisme, cette sous-représentation peut créer des malentendus et un grand sentiment d'injustice.»


«L. M. : Que préconisez-vous ? L'instauration de quotas ethniques ?
L. T. Non. J'ai du mal à concevoir cette idée de quotas. Il est plus important, pour moi, que soit entrepris un vaste travail afin de changer l'imaginaire des gens. Demandez à 100 personnes de citer une période de l'histoire associée aux Noirs : la grande majorité va répondre qu'il s'agit de la période de l'esclavage. Aux Etats-Unis, une Semaine des noirs américains a été créée, en 1926, avant d'être transformée, en 1975, en Mois des Afro-Américains. Chaque année en février, la société américaine est ainsi invitée à redécouvrir des Noirs qui ont accompli des choses importantes : Martin Luther King, des savants, des artistes... L'imaginaire américain sur la question noire a profondément changé grâce à cette initiative, alors que l'imaginaire européen est encore très ancré sur l'esclavage. Combien de personnes peuvent citer le nom d'un seul savant noir en France?
»

C’est LOZES qui va être content. Au fond, c’est étonnant à quel point l’intelligence du journalisme français peut se montrer d’une bêtise crasse au sujet de l’esclavage, des discriminations structurelles et des réparations qui en découlent. Sur quel fondement d’analyse, la «politique des quotas» pour ne pas dire le cache-sexe, intervient après le propos de THURAM sur la ségrégation raciale, et le véritable apartheid économique que vivent les antillais ? Cette question vient d’être remarquablement traitée par l’équipe de «Spécial Investigation» (30.01.2009 à 22.45 heures) de Canal+ sous le titre: «Les derniers maîtres de la Martinique». Canal+ a diffusé cette enquête factuelle et lucide de Romain BOLZINGER «sur une communauté méconnue et discrète qui a traversé les siècles en préservant ses coutumes, ses richesses et ses codes. En Martinique, moins de 1% de la population détient 52% des terres agricoles. Ce sont des «Békés», les héritiers blancs des grandes familles nobles installées dans l’île avant la Révolution française. Au delà des «Békés», l’enquête dresse aussi le portrait d’une Martinique rongée par les inégalités et les rancoeurs postcoloniales.»

Dans ce film on voit des représentants d’un apartheid d’un autre âge défendre l’idée d’une «race pure», ce qui n’a soulevé aucune indignation de la part des dirigeants politiques ou associatifs, nos aboyeurs habituels de SOS Racisme, du MRAP, de la LICRA et du CRAN, prompts à sauter sur tout inoffensif qui bouge. Là où il serait question de nationaliser les terres pour les redistribuer, de réorienter une économie structurellement captive du tourisme d’apartheid colonial et de la rente agricole raciste, deux obstacles majeurs qui confinent les populations «non-blanches» à la précarité, l’esprit étroit du journalisme mondain parisien y voit l’éventualité d’une politique des quotas. Misère intellectuelle.

«Que représente l'élection de Barack Obama dans ce contexte ?
[…] Blancs et Noirs, les Américains ont appris à vivre ensemble. Si la France n'a jamais ouvert le débat, c'est parce qu'à la fin de l'esclavage, les Noirs et les Blancs n'ont pas vécu ensemble géographiquement.»

Et toc… Sans commentaires. NB. THURAM n’est pas membre du Djihad islamique ou du HAMAS…

« Selon nos informations, Nicolas Sarkozy, vous a demandé, en décembre 2008, d'entrer au gouvernement?
C'est exact. J'ai rencontré Nicolas Sarkozy et Claude Guéant (le secrétaire général de l'Elysée), qui m'ont proposé de devenir ministre de la diversité. Nous avons eu une longue discussion. Mais pour des raisons évidentes, je ne pouvais que refuser... La politique est quelque chose de très noble qui ne tolère pas l'à-peu-près. Il faut apprendre les choses. C'est ce que je fais en ce moment en rencontrant des gens de différents horizons. Un jour, peut-être...»
source : Les convictions de Lilian Thuram

Décidément c'est le meilleur spécialiste en ressources humaine de France ce SARKO. A défaut de politique, il fait du débauchage, ce qui vaut embauche. Mais il y en a qui ont de la dignité. Et avouez que ça a de la gueule. Ca nous change des AMARA, KARAM, KOUCHNER, BOCQUEL, BESSON tout ce beau monde habitué à la soupe… Décryptage de LF2M d'après un texte du Monde

Commentaires

Lettre ouverte à « BondaManJak »

A faire suivre à tous les gens intelligents de votre entourage, merci pour le peuple de la Guadeloupe

Bonjour à monsieur Filtre de BondaManJak.

Le droit d'expression, le droit d'échange intellectuel, le droit de réponse « dire 2 mots et 4 paroles », chez vous ce n'est pas possible.
Je trouvais ce site intéressant pour l'actualité et le droit d'y apposer des commentaires.
Après avoir réalisé 2 articles, je vois qu'ils ne paraissent tjs pas, le premier sur le coût de la vie en gpe et l'autre sur les patrons.

Comment élever le débat, comment suciter la discussion si ce n'est en provoquant gentiment (sans insulte) en créant l'échange (sans regarder que le bout de son nez).
Il semble que vous ayez décidé de ne divulguer que les articles qui vont dans votre sens, même les plus grossiers et sans intéret. BRAVO.

Des ados peuvent lire les articles, des gens qui n'ont pas le recul nécessaire à l'analyse vont s'en amuser. Vous ne ferez qu'attiser la haine et l'opposition de l'Homme à l'Homme. La Gpe et le guadeloupéen risque d'en être perdant et vous aussi. Vous êtes irresponsable!

Etre dans la négation systématique engendrera appauvrissement du peuple (au sens noble du terme). Pauvre peuple, il ne se rend pas compte que la pensée unique que vous instaurez est dépassé depuis des siècles. Vous ne vous en rendez pas compte ou peut être êtes vous vous même limité intellectuellement.

Il est dommage de profiter des plus faibles et des plus démunis par des discours partisans que vous ne maîtriser même pas. Une société se construit grâce à l'union des forces vives d'un pays. Vous allez conduire la Gpe à un Etat comme la Dominique ou Haïti. Pauvre de vous, pauvre de nous, pauvre peuple de la Guadeloupe qui mérite 100 fois mieux que le projet court terme que vous lui proposer.

Je pense que l'insulte peut être une de vos réponses, je n'attends pas, bien entendu à être diffuser je vous laisse à vos élucubrations malsaines et ignorerai pour ma part jusqu'à l'existance même de ce site.
Néanmoins, auparavant, je diffuserai cette lettre sur tous les blogs et site de la Guadeloupe qui, par contre, font preuve d'une véritable intelligence par leur analyse en leur pertinence.

Sachez, Monsieur Filtre de BondaManJak, que du dialogue et de l'échange, malgré des points de vue différents, sort la lumière.

Il y a pourtant tellement à faire de constructif comme monter une véritable régionalisation des petites antilles ou bien développemer le secteur secondaire (gros manque des antilles) ou encore la mise en place de groupe de travail inter-îles pour débuter des accords commerciaux plutôt que de toujours tout importer et gagner sur les coût malgré de petites unités...

Y avez vous songé un seul instant?...

15 000 annulations, à ce jour, de voyage de vacanciers aux antilles ne vous suffit pas. Une bonne réputation se construit difficilement en plusieurs années, une mauvaise en quelques heures...Réffléchissez ... au moins un peu, que diable !!!

Votre point fort: Vous avez réussi, à verrouiller les maires, conseillers généraux et régionaux, les députés de la Guadeloupe élus par le peuple mais qui ont peur d'être impopulaire avec ce pseudo mouvement populaire...Bravo!!

Il faudrait que vous acceptiez la discussion mais vous en êtes, à priori, incapable.

Très cordialement,
Bison

Écrit par : Bison | 11/02/2009

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