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07/01/2009

GAZA, l'insoutenable symétrie journalistique

sosgaza.jpgQuestion: qui donc importe le conflit israélo-palestinien en France?

Réponse: hormis les écervelés du CRIF et de SOS Racisme, pour une bonne partie ce sont les journalistes français dans leur immense majorité, à travers le traitement qu'ils accordent aux massacres israéliens. Dans cette affaire, c’est à la fois leur neutralité et leur indépendance d’ils doivent démontrer. Exemple ce matin, Jean-Marc BOURDIN réactionnaire comme de coutume, a fait preuve de la bêtise la plus crasse propre aux media dans les cas où l’idéologie ambiante est en cause. Il recevait Monsieur Daniel SHEK, ambassadeur d’Israël en France.

Face à l’intouchabilité d’Israël, un Etat religieux, illégitime, colonialiste, raciste, belliqueux et militaire qui condense donc les caractéristiques d’un ultra fascisme les journalistes se pâment. Prendre des gants pour décrire par périphrases un crime de génocide fait de chaque journaliste français, un complice de ce crime. Au train où va l’histoire et où vient la Chine, la mémoire est bonne rancunière et le ressentiment fera ses comptes.

Le simple fait lors des débats télévisés, d’opposer une double exigence simultanément aux israéliens qui occupent la Palestine, la colonisent, humilient, affament et massacrent ses populations, ceux-ci luttant pour leur liberté sur leur sol, le simple fait de feindre d’en appeler au bon sens, à l’humanité, ou à l’urgence d’une trêve, après des dizaines de milliers de morts, sans compter les vies brisées, après tant de destins amputés, 40 années d’occupation, enfin, devant cette asymétrie d’intelligence des responsabilité et de la cause originaire du conflit, le fait pour chaque journaliste français de feindre cette équité infâme fait d’eux, individuellement, des complices d’un crime de génocide en terre palestinienne.

S’ils malgré tout ils se mirent et si, comme l’évoque leur formule galvaudée, ils parviennent à se raser sans y penser tant mieux. Ils devront peut-être l’expliquer à leurs enfants. Un jour...

En attendant ce jour, voici un exposé de quelques faits incontournables et incontestables à l’adresse du raisonnement ambiant dans une médiasphère qui a bien besoin d’être rappelée à l’analyse et à l’intelligence, c’est dire son parti pris. Merci de lire et faire passer, il faut que ce fascisme se sache, des enfants meurent, des innocents sont massacrés, notre silence est coupable. LF2M


1° point : l’inversion abjecte de la position initiale et historique du bourreau (Israël) et de la victime (la Palestine) :

palestine_1967.jpgCe matin sur RMC (07.01.2009), Jean-Jacques BOURDIN a estimé tout à la fois opportun et décent de comparer deux images à ses yeux insoutenables. Le corps d’une fille palestinienne déchiqueté en regard d’un cercueil recouvert du drapeau israélien en passe d’être inhumé. Le dispositif de l’image consiste à produire une équivalence tendancieuse et redistribue également les exigences entre «belligérants» : «comment peut-on supporter l’insoutenable, arrêtez de part et d’autre».

Pour commencer il convient de ne jamais perdre de vue que la création d'un foyer juif en Israël s'est imposée en conséquence de la Shoah commise par les occidentaux sur le terrain Européen. C'est bien l'Europe chrétienne qui a commis la Shoah et non le HAMAS ou quelque islamisme que ce soit. A notre connaissance, l'histoire de relève pas de pogrom visant les juifs en terre musulmane. Etrangers à cette cause, les palestiniens sont donc en droit d'interroger la légitimité même de l'Etat d'Israël, en conséquence de la Shoah, à moins de leur refuser, non sans racisme, le droit d'exprimer cette injustice. Pour illustration de la situation lors de la création d'Israël, ci-contre la carte du haut, en vert, les implantations juives en Palestine avant 1947, et au-dessous, le plan de partage des Nations Unies de 1947. La partie jaune sera attribuée à la Palestine et les territoires en orangé à Israël.

Incommensurabilité: l’abjection passe ici par l’équivalence suggérée entre des faits d’armes du HAMAS qui se bat pour la liberté de son peuple sur son sol, à raison de quoi peu importent les conséquences et les moyens, y compris non conventionnels, et les massacres commis par Israël. Toute objection contraire à cet égard doit s’obliger à un argumentaire terme à terme. La comparaison est donc en soi ignoble sur le fond et la forme. Elle donne froid au thermomètre de la bestialité, et prouve à quel point la haine de l’autre motive nos idéologies résiduelles du monothéisme. La nôtre est vantée sous les espèces de la «civilisation judéo-chrétienne».

territoires_occupes_israel.jpg

S’agissant de cette seule expédition, il aurait, à tout le moins, été convenable de rapprocher les 700 morts et 3000 blessés côté palestinien contre les 5 morts et la dizaine de blessés côté israélien. Il aurait été décent d’éviter le détour de préalables sur le mode infect de «chaque vie humaine est sacrée», lorsqu’il s’agit de condamner un crime de génocide lent, alors qu’on est intérieurement convaincu, du point de vue intrinsèque à nos valeurs, et face à l’intérêt d’Israël, qu’une vie musulmane est susceptible de boucherie et de carnage.

Absence de belligérance mais agression: l'expression "belligérant" est insidieuse tendant à renvoyer les parties dos à dos. Dans le cas présent le terme est impropre, il y a un agresseur et un agressé. le droit à l’autodétermination n’est pas l’apanage d’Israël mais bien de l’ensemble des peuples du monde. Le HAMAS est un mouvement légitime au sein de la société palestinienne dont le droit à l’autodétermination est incontestable. Nul autre que les palestiniens eux-mêmes n’ont à débattre de cette légitimité. Que les palestiniens en décident par le vote ou la violence relève de leur décision souveraine. N’importe quel esprit qui réfléchirait autrement qu’avec son postérieur se révolterait d’une ingérence de Tripoli dans la vie politique française. Que n’a-t-on entendu lorsqu’il s’agissait de dire que Paris ne saurait tolérer que Beijing lui dicte qui il reçoit, en la personne du Dalaï Lama. Cette règle excepte les pays arabes et africains en général et la Palestine en particulier. Elle est foncièrement raciste. Seul le racisme antiarabe et antimusulman enfoui en chaque journaliste permet ce déséquilibre naturel et spontané dans l’exposé des faits et l’analyse.

La droite israélienne est raciste et extrémiste: alors que la critique épargne soigneusement le racisme et l’extrémisme de la société israélienne, il y a lieu de constater qu’il concerne près de 40% de sa population. La transposition du corpus idéologique du LIKOUD de NETANYAHOU en France, l’ami de SARKOZY qui s’en flatte, situerait la marge de gauche de ce discours et de ce parti à l’extrême-droite de l’UMP, c’est dire s’il est moralement fréquentable. Ceci ne retient pas l’attention des éditorialistes français. Mais le sentier de l’islamiste tant de fois rebattu n’y résiste pas, et les media s’adonnent à une propagande en boucle sur le poncif du terrorisme du HAMAS et de son islamisme.

Le HAMAS c’est « La résistance »: pour mémoire dans l’intérêt des prostitués qui font le siège des antennes et des colonnes de la presse parisienne: en 1940, le Général DE GAULLE, Jean MOULIN, Guy MOQUET dont il est de mode de se repaître avec Max GALLO en Maître de cérémonie, étaient affublés de «terroristes» et d’ «ennemi de la France», par les journalistes français, dont la plupart qui font notre actualité ne sont que les justes héritiers. Une corporation qui n’a alors manqué à aucune tétée au sein du fascisme de VICHY, célébrant LAVAL, PETAIN, relayant le discours antisémite de ce zèle effroyable qui ne s’est démenti à aucun moment pendant les quatre années d’occupation. Au lendemain de la libération ils étaient tous résistants et traquaient les «collabos».

Aux yeux de la majorité des palestiniens, Mahmoud ABBAS et plusieurs dirigeants arabes représentent LAVAL et PETAIN. Certes la diplomatie occidentale alignée sur le crime de génocide israélien soutient aveuglément le pouvoir du Fatah quitte à fermer les yeux sur sa corruption et sur l’échec de sa bonne disposition vis-à-vis d’Israël. Mais encore une fois, il n’appartient pas aux occidentaux de décider du leadership des nations arabes et vice versa. Alors mesdames et messieurs des media, devant le massacre, un peu de mesure à défaut d’humanité, et ayez à l’esprit l’exigence juridique des termes du conflit.

2° point : Israël occupe et colonise la Palestine en contradiction avec le droit international.

Il est essentiel de partir des dénominations de droit consacrées par cette «communauté internationale» de circonstances et en option.

Israël est la puissance occupante et coloniale : La complicité de la propagande relayée par des media consiste à inverser les relations d’ordre entre les causes factuelles et leurs conséquences, de façon à empêcher de comprendre l’engendrement du conflit dans ce qui s’appelle en droit des territoires occupés depuis que les occidentaux ont décidé un plan de partage de la Palestine en 1947 pour faire payer aux arabes la Shoah commise par eux.

La Palestine «Territoire occupé»: le terme consacre en droit international la dénomination utilisée pour désigner l'ensemble des territoires de «l'ancienne Palestine mandataire britannique qui furent occupés par l'Égypte et la Jordanie de 1948 à 1967 puis par Israël à l'issue de la guerre des six jours en 1967. Il s'agit essentiellement de: la Cisjordanie, Jérusalem-Est, une partie de la Cisjordanie, la Bande de Gaza.» (Source Wikipedia)

Ce conflit ne peut donc s’analyser ni se comprendre en dehors du cadre primordial et premier de l’occupation israélienne. C’est l’occupation qui entraîne, justifie et légitime la résistance par tous les moyens, conventionnel ou non, et le prix à payer par la puissance coloniale.

Qualifier de terrorisme ces actes de résistance revient donc à inverser abusivement les positions fondamentales dans le conflit. Dire que les colons sont des victimes innocentes ou ne serait-ce que le suggérer, c’est laver par avance un crime d’Etat. A l’heure actuelle Israël opte «démocratiquement» (si l’on tient absolument à ce mot désormais vide de sens) pour l’éradication des palestiniens de leur terre natale de la même manière que le IIIème Reich a été démocratiquement plébiscité par le peuple allemand. Un peuple fondé sur une idéologie raciste, la seule chose qu’on puisse retenir de la prétention interne d’un «Etat Juif», peut en effet décider, démocratiquement, d’une politique de type apartheid. Il n’y a aucune contradiction.

Le statut juridique des territoires palestiniens occupés ne peut être rigoureusement être apprécié en dehors de l’intégrité territoriale de la portion résiduelle de la Palestine précoloniale. La précondition à la résolution du conflit n’est donc pas l’arrêt des tirs de roquettes qui doivent moralement et stratégiquement se multiplier dans l’intérêt des palestiniens, et dont il faut espérer des dégâts substantiels au sein même d’Israël lequel ne consentira à négocier qu’en payant le prix le plus élevé de sa colonisation, dès lors que la communauté internationale a lâchement livré les victimes au déchaînement de violence du bourreau, la précondition est « la paix contre la terre ».

3° « la paix contre la terre », les résolutions 242 (1967) et 252 (1968) de l’ONU

Les bases de résolution du conflit : aux propagandistes français volontiers pressés de suinter sur les cibles faciles, notamment les dictatures africaines quelques fois soutenues par la France, nous voudrions rappeler que s’agissant du Proche-Orient, ce n’est pas de terrorisme dont il s’agit, ni du droit à la sécurité d’Israël comme préalable, mais à la base, et dans l’ordre des choses, de l’annexion et d’épuration ethnique (1967), puis de la colonisation des territoires annexés, ininterrompue depuis 1967.

Le droit à la sécurité d’Israël, comme de tout Etat, n’est hiérarchique à aucun autre sauf dans un postulat raciste qui suppose une supériorité inhérente à l’être même d’Israël. Or, ce genre de considération relève du prêche et non de l’ordre politique. Le droit à la sécurité d’Israël découle du respect par ce dernier, et à commencer par lui, lui seul étant, colonialiste, lui seul étant occupant, des règles internationales, sans quoi il ne devrait obtenir aucun soutien, aucune complaisance qui ne soient abjects, criminels et pour tout dire, complices dans le génocide qui s’accomplit depuis 40 ans. Le préalable est donc l’application pure et simple du droit international, soit la restitution des territoires occupés à travers les résolutions pertinentes 242 et 252 des Nations Unies et du droit au retour.

L'exode, l'exil et le droit au retour des palestiniens : en exil, chaque palestinien a affectueusement conservé les clefs de sa maison ou celle de ses parents après l'exode et attend l'heure du retour. On comprend la difficulté d’Israël. L’Etat hébreux se définissant comme un «Etat juif», un brin de rigueur intellectuelle et dans le langage obligerait les journalistes français à le désigner comme une «théocratie parlementaire» plutôt que comme une «démocratie parlementaire». L’abus ici est volontaire. Ce n’est point parce qu’on délibère (qu’on parlemente) en deçà de la Torah, du Talmud et de la synagogue, et en raison des exigences culturelles et idéologiques de ce culte religieux, jusqu’à la géniture du peuple, sa différenciation et sa conservation par l’utérus comme «Peuple Elu», idéologie qui enferme la nation sur l’héritage d’être juif par le «sang», ce n’est pas pour autant de qualités qu’on se prévaut d’être une «démocratie parlementaire» et qu’on est nullement un Etat raciste. Il appartient aux Israéliens et non aux palestiniens de résoudre ce hiatus existentiel interne à leur Etat.

Eretz.jpgOr c’est précisément en raison de l’impasse historique d’un «Etat juïf» au Proche-Orient qu’Israël se condamne au bellicisme et à l’alternative de mener une guerre d’extermination des palestiniens ou disparaître en tant qu’«Etat juïf». C’est en raison de ce critère théologico-raciste dont le fond est le sanctuaire biblique de la Terre Promise, d’Eretz Israël (ארץ ישראל, ci-contre une projection datant du 17è siècle Amsterdam, source Wikipedia) que la paix fut plus facile avec l’Egypte, et moins compliquée à envisager avec la Syrie qu’avec la Palestine. Les fous de Dieu n’étant pas si fous que ça, les sionistes ont renoncé à prétendre aux confins de l’Euphrate.

Or c’est juste un principe de réalité inscrit dans l’histoire qu’un «Etat juïf» n’est ni viable à terme, ni nécessaire à Israël, ce à quoi seuls les illuminés se refusent. Or encore c’est l’israélité de «race» et de religion qui hypothèque le droit au retour des palestiniens chassés en 1967 de leurs terres jusque dans le débat interne à la société israélienne. L’idéal serait à terme un Etat fédéral israélo-palestinien mais quelques fous manquent encore (là de part et d’autre) à la comptabilité funèbre pour en rêver. La coexistence consistant à peu de choses près au cadre antérieur à la colonisation britannique. A défaut la séparation intérimaire (jusqu’à ce que la vie soit ôtée aux fous de Dieu) et l’application contraignante et sans concession du droit internationale. Israël dont l’existence n’est plus contestée y compris par les palestiniens, aura moins de difficulté à se conformer aux exigences du droit international au retour qu’il renoncera à se définir comme «Etat juïf». Mais ici comme pour les palestiniens, c’est leur problème et nul ne peut le leur imposer de l’extérieur.

La restitution des territoires occupés après 1967 : en l’état le second préalable est l’adoption d’un agenda pour le retrait d’Israël de l’ensemble des territoires suivant les injonctions fondées sur les résolution 242 (1967) et 252 (statut de Jérusalem) du Conseil de Sécurité de l'ONU, et le contrôle international de ce processus. Le simple fait lors des débats télévisés, d’opposer une double exigence simultanément aux israéliens qui occupent la Palestine, la colonisent, humilient, affament et massacrent ses populations, ceux-ci luttant pour leur liberté sur leur sol, le simple fait de feindre d’en appeler au bon sens, à l’humanité, ou à l’urgence d’une trêve, après des dizaines de milliers de morts, sans compter les vies brisées, après tant de destins amputés, 40 années d’occupation, enfin, devant cette asymétrie d’intelligence des responsabilité et de la cause originaire du conflit, le fait pour chaque journaliste français de feindre cette équité infâme fait d’eux, individuellement, des complices d’un crime de génocide en terre palestinienne.

S’ils se mirent malgré tout et si, comme l’évoque leur formule galvaudée, ils parviennent à se raser sans y penser tant mieux. Ils devront peut-être l’expliquer à leurs enfants. Un jour... LF2M

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